DU RATON
M. Blanquart des Salines m’a écrit de Calais le 29 octobre 1775, au sujet de cet animal, dans les termes suivants :
« Mon raton a vécu toujours enchaîné avant qu’il m’appartînt; dans « celte captivité il se montrait assez doux, quoique peu caressant; les perce sonnes de la maison lui faisaient toutes le même accueil, mais il les « recevait différemment ; ce qui lui plaisait de la part de l’une, le révoltait (( de la part d’une autre, sans que jamais il prît le change. [(Nous avons c< observé la même chose au sujet du surikate, )] Sa chaîne s’est rompue cc quelquefois, et la liberté le rendait insolent; il s’emparait d’un apparte- « ment et ne souffrait pas qu’on y abordât; cc n’était qu’avec peine qu’on (( raccommodait ses liens. Depuis son séjour chez moi, sa servitude a été cc fréquemment suspendue. Sans le perdre de vue je le laisse promener ce avec sa chaîne, et chaque fois mille gentillesses m’expriment sa reconcc naissance. Il n’en est pas ainsi quand il s’échappe de lui-même; alors il cc rode quelquefois trois ou quatre jours de suite sur les toits du voisinage, cc et descend la nuit dans les cours, entre dans les poulaillers, étrangle la voce laille, lui mange la tête, et n’épargne pas surtout les pintades. Sa chaîne ne cc le rendait pas plus humain, mais seulement plus circonspect; il employait cc alors la ruse, et familiarisait les poules avec lui, leur permettait de venir cc partager ses repas, et ce n’était qu’après leur avoir inspiré la plus grande cc sécurité qu’il en saisissait une et la mettait en pièces. Quelques jeunes cc chats ont de sa part éprouvé le même sort... Cet animal, quoique trèscc léger, n’a que des mouvements obliques, et je doute qu’il puisse attraper cc d’autres animaux à la course. Il ouvre merveilleusement les huîtres; il cc suffit d’en briser la charnière, ses pattes font le reste. Il doit avoir le cc tact excellent. Dans toute sa petite besogne, rarement se sert-il de la vue cc ni de l’odorat ; pour une huître, par exemple, il la fait passer sous ses cc pattes de derrière, puis, sans regarder, il cherche de ses mains l’endroit cc le plus faible; il y enfonce ses ongles, entr’ouvre les écailles, arrache le cc poisson par lambeaux, n’en laisse aucun vestige, sans que dans cette
Voyez la nomenclature de la page 659 du II« volume.