A l’état adulte, le kinkajou a trente-six dents
LE KINKAJOU.
Picilï<, rouccfl. Lignes.
Longueur du corps entier, prise en ligne superficielle 2 5 6
Longueur du corps entier, mesuré en ligne droite 2 3 »
Longueur de la tète , du bout du museau à l’occiprrt » 2 0
Circonférence du bout du museau » 3 9
Circonférence du museau au-dessus des yeux » 5 1
Distance entre le bout du museau et l’angle antérieur de l’œil » l 5
Même distance entre l’angle postérieur et l’œil n 1 7
Largeur de l’œil d’un angle à l’autre » » 7
Ouverture de l’œil » » u
Distance entre les angles postérieurs des yeux en ligne superficielle » » 11
La même distance en ligne droite » » 9
Circonférence de la tête entre les yeux et les oreilles » 7 6
Longueur des oreilles » i i
Largeur de la base mesurée en ligne droite » » 7
Longueur du cou » i 9
Circonférence du cou » c 11
Hauteur du train de devant » c 9
Longueur de l’avant-bras depuis le coude jusqu’au poignet » 3 1
Longueur de l’avant-bras près le coude » 1 9
Épaisseur de l’avant-bras près le coude » l 2
Circonférence du poignet » 2 7
Circonférence du métacarpe » 2 8
Longueur du poignet jusqu’au bout des ongles » 1 9
Circonférence du corps, prise derrière les jambes de devant » 10 4
Circonférence du corps , prise à l’endroit le plus gros » 11 G
Circonférence du corps devant les jambes de derrière » 9 10
Hauteur du train de derrière » 7 3
Longueur de la jambe depuis le genou jusqu’au talon » 4 7
Largeur du haut de la jambe » 2 l
Epaisseur » 1 4
Largeur à l’endroit du talon » 1 3
Circonférence du métatarse » 2 9
Longueur depuis le talon jusqu'au bout des ongles » 3 »
Largeur du pied de devant » 1 1
Largeur du pied de derrière » 1 2
Longueur des plus grands ongles » » 4x
Largeur à la base » 3 »
Circonférence de la queue à son origiii' » 4 6
Diamètre de la queue à son origine « » 2 1
La conformité des noms de kinkajou et de carcajou m’avait porté à croire, avec tous les autres naturalistes, qu’ils appartenaient au même animal. Cependant ayant recherché dans les anciens voyageurs, j’ai retrouvé ce même passage de Denis, que je n’avais cité qu’en partie, volume III, page 100 note c, parce que j’avais imaginé que ce voyageur s’était trompé eu disant que le kinkajou, que je prenais alors pour le carcajou, ressemblait à un chat, d’autant que tous les autres voyageurs s’accordaient à donner au carcajou une figure différente et semblable à celle du glouton. Yoici donc ce passage en entier :
O. Description donnée par M. de Sève.
ADDITIONS
« Le kinkajou ressemble un peu à un chat d’un poil roux brun ; il a la « queue longue et la relève sur son dos, pliée en deux ou trois plis ; il a « des griffes et grimpe sur les arbres, où il se couche tout de son long sur « les branches pour attendre sa proie et se jeter dessus pour la dévorer. « Il se jette sur le dos d’un orignal, l’entoure de sa queue, lui ronge le cou « au-dessus des oreilles jusqu’à ce qu’il tombe. Quelque vite que puisse « courir l’orignal, et quelque fort qu’il puisse se frotter contre les arbres ou « les buissons, le kinkajou ne lâche jamais prise, mais s’il peut gagner « l’eau il est sauvé, parce qu’alors le kinkajou lâche prise et saute à terre. « Il y a quatre ans qu’un kinkajou m’attrapa une génisse et lui coupa le « cou. Les renards sont ses chasseurs; ils vont à la découverte tandis que « le kinkajou est en embuscade, où il attend l’orignal que les renards ne « manquent pas de lui amener “. »
Cette notice s’accorde assez avec la figure et la description que nous venons de donner de cet animal pour présumer que c’est le même, et que le carcajou et le kinkajou sont deux animaux d’espèces distinctes et séparées, qui n’ont de commun entre eux que de se jeter sur les orignaux et sur les autres bêtes fauves pour en boire le sang.
Nous venons de dire que le kinkajou se trouve dans les montagnes de la Nouvelle-Espagne; mais il se trouve aussi dans celles de la Jamaïque, où les naturels du pays le nomment|)ofo et non pas kinkajou. M. Collinson m’a envoyé le dessin de ce poto ou kinkajou avec la notice suivante :
« Le corps de cet animal est de couleur uniforme et d’un roux mêlé de « gris cendré, le poil court, mais très-épais, la tête arrondie, le museau « court, nu et noirâtre, les yeux bruns, les oreilles courtes et arrondies, « des poils longs tout autour de la gueule, qui sont appliqués sur le museau « et ne forment point de moustaches; la langue étroite, longue, et que « l’animal fait souvent sortir de sa gueule de trois ou quatre pouces; la « queue de couleur uniforme, diminuant toujours de grosseur jusqu’à l’ex- « trémité, qui se recourbe lorsque l’animal le veut, et avec laquelle il « s’attache et peut saisir et serrer fortement; cette queue est plus longue « que le corps, qui a quinze pouces depuis le bout du nez jusqu’à l’extré- « mité du corps, et la queue en a dix-sept.
« Cet animal avait été pris dans les montagnes de la Jamaïque; il est « doux et on peut le manier sans crainte; il est comme endormi la journée « et très-vif pendant la nuit. Il diffère beaucoup de tous ceux dont le genre « est déterminé; sa langue n’est pas si rude que celle des chats ou des « autres animaux du genre AQç,viverra, auquel il a rapport par la forme de « la tête et par celle des griffes. 11 a autour de la bouche beaucoup de poils « longs de deux à trois pouces, qui sont bouclés et très-doux. Les oreilles
O. Description géographique et historique des côtes de l’Amérique septentrionale, par M. Denis. Paris, 1672, t. II , p. 327.
LE KINKAJOU. 279
« sont placées bas et presque vis-à-vis de l’œil ; quand il dort il se met en « boule, à peu près comme le hérisson, ses pieds ramassés en devant et « étendus sous les joues. Il se sert de sa queue pour tirer un poids aussi « pesant que son corps »
Il est évident, en comparant les deux dessins et la description deM. Collinson avec celle de M. Simon Chauveau, qu’elles ont toutes deux rapport au même animal, à quelques variétés près, qui n’en changent pas l’espèce.
DU KINKAJOU [suite).
Nous avons reconnu que le kinkajou, que nous n’avions pas d’abord distingué du carcajou ou glouton d’Amérique , est néanmoins d’une espèce toute différente; l’on peut voir ce que nous en avons dit dans l’article précédent. 11 ne nous reste qu’à y ajouter une note que M. Simon Chauveau * nous a donnée depuis sur les habitudes du kinkajou qu’il a gardé vivant durant plusieurs années.
« Son attitude favorite est d’être assis d’aplomb sur son cul et ses pattes « de derrière, le corps droit, avec un fruit dans les pattes de devant , et la « queue roulée en volute horizontale.
« J’ai plusieurs fois pris la résolution, continue M. Simon Chauveau, de « vous offrir cet animal vivant pour le soumettre à vos observations ; mais « il venait dans ces instants me caresser si doucement et jouer autour de « moi avec tant de gaieté, que, séduit par ses gentillesses, je n’ai jamais eu « le courage de m’en séparer. Il est mort le 3 janvier de cette année (1780), (( et c’était le neuvième hiver qu’il passait à Paris , sans que le froid ni « aucune autre chose eût paru l’avoir incommodé. »