‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 15 sur 392 · Elle n’existe pas. (Voyez la nomenclature précédente · texte numérisé non relu

Elle n’existe pas. (Voyez la nomenclature précédente

JO LE riTHÈQUE.

à l’exceplion du museau , qui est court dans \& pithèque ou singe proprement dit, et allongé dans le cynocéphale. Nous avons dit que l’orangoutang, le pithèque, le gibbon et le magot sont les seuls animaux auxquels on doive appliquer le nom générique de singe, parce qu’ils sont les seuls qui n’ont point de queue, et les seuls qui marchent plus volontiers et plus souvent sur deux pieds que sur quatre : l’orang-outang et le gibbon sont très-différents du pithèque et du magot; mais comme ceux-ci se ressemblent en tout, à l’exception de la grandeur des mâchoires et de la grosseur des dents canines, ils ont souvent été pris l’un pour l’autre; on les a louiours indiqués par le nom commun de singe, et même dans les langues ou il y a un nom pour les singes sans queue, et un autre nom pour les singes à queue, on n’a pas distingué le pithèque du magot; on les appelle tous deux du même nom, aff en allemand, ape en anglais : ce n est que dans la langue grecque que ces deux animaux ont eu chacun leur nom; encoie le mot cynocéphale est plutôt une dénomination adiective qu’un substantif propre, et c’est par cette raison que nous ne l’avons.pas adopté.

Il paraît, par les témoignages des anciens, que le pithèque est le plus doux, le plus docile de tous les singes qui leur étaient connus, et qu’il était commun en Asie aussi bien que dans la Libye et dans les autres provinces de l’Afrique, qui étaient fréquentées par les voyageurs grecs et romains : c’est ce qui me fait présumer qu’on doit rapporter à cette espèce de singe les passages suivants de Léon l’Africain et de Marmol ; ils disent que les singes à longue queue qu’on voit en Mauritanie, et que les Afiicains appellent rnones, viennent du pays des Nègres, mais que les singes sans queue sont naturels et se trouvent en très-grande quantité dans les montagnes de Mauritanie, de Bougie et de Constantine. « Ils ont, dit Marmol, les pieds, « les mains, et, s’il faut ainsi dire, le visage de l’homme, avec beaucoup « d’esprit et de malice ; ils vivent d’herbes, de ble et de toutes sortes de « fruits qu’ils vont en troupes dérober dans les jardins ou dans les champs, « mais avant que de sortir de leur fort il y en a un qui monte sur une « éminence, d’où il découvre toute la campagne, et quand il ne voit paraître « personne, il fait signe aux autres par un cri pour les faire sortir, et^ne « bouge de là tandis qu’ils sont dehors; mais sitôt qu’il voit venir quelqu’un « il jette de grands cris, et sautant d’arbre en arbre, tous se sauvent dans <( les montagnes; c’est une chose admirable que de les voir fuir, car les «femelles portent sur leur dos quatre ou cinq petits, et ne laissent pas « avec cela de faire de grands sauts de biv.nche en branche ; il s’en prend «quantité par diverses inventions quoiqu’ils soient fort fins; quand ils « deviennent farouches ils mordent, mais pour peu qu’on les flatte ils s’ap- « privoisent aisément; ils font grand tort aux fruits et au blé, parce qu’ils « ne font autre chose que de cueillir, couper et jeter par terre, soit qu’il « soit mûr ou non , et en perdent beaucoup plus qu’ils n’en mangent et

TSr° 8?-

LE PITHEQUE.

« qu’ils n’en emportent : ceux qui sont apprivoisés font des choses incroya- « blés, imitant l’homme en tout ce qu’ils voient®. » Kolbe rapporte les mêmes faits à peu près au sujet des singes du cap de Bonne-Espérance ; mais on voit, par la figure et la description qu’il en donne, que ces singes sont des babouins qui ont une queue courte, le museau allongé, les ongles pointus, etc., et qu’ils sont aussi beaucoup plus gros et plus forts que ces singes de xMauritanie : on peut donc présumer que Kolbe a copié le passage de Marmol, et appliqué aux babouins du Cap les habitudes naturelles des pithèques de Mauritanie.

Le pithèque, le magot et le babouin que nous avons appelé papion, étaient tous trois connus des anciens; aussi ces animaux se trouvent dans l’Asie Mineure, en Arabie, dans la Haute-Égypte et dans toute la partie septentrionale de l’Afrique : on pourrait donc aussi appliquer ce passage de Marmol à tous trois; mais il est clair qu’il ne convient pas au babouin, puisqu’il y est dit que ces singes n’ont point de queue ; et ce qui me fait présumer que ce n’est pas du magot, mais du pithèque, dont cet auteur a parlé, c’est que le magot n’est pas aisé à apprivoiser, qu’il ne produit ordinairement que deux petits, et non pas quatre ou cinq comme le dit Marmol, au lieu que le pithèque, qui est plus petit, doit en produire davantage; d’ailleurs, il est plus doux et plus docile que le magot qui ne s’apprivoise qu’avec peine et ne se prive jamais parfaitement : je me suis convaincu, par toutes ces raisons, que ce n’est point au magot mais au pithèque qu’il faut appliquer ce passage des auteurs africains; il en est de même de celui de Rubruquis, où il est fait mention des singes du Cathay. îl dit « qu’ils ont en toutes choses la forme et les façons des hommes... qu’ds « ne sont pas plus hauts qu’une coudée et tout couverts de poils; qu’ils « habitent dans des cavernes; que, pour les prendre, on y porte des bois- « sons fortes et enivrantes... qu’ils viennent tous ensemble goûter de ce c( breuvage, en criant chinchin, dont on leur a donné le nom de chinchin, « et qu’ils s’enivrent si bien qu’ils s’endorment; en sorte que les chasseurs « les prennent aisément*^. » Ces caractères ne conviennent qu’au pithèque, et point du tout au magot : nous avons eu celui-ci vivant, et nous ne l’avons jamais entendu crier chinchin; d’ailleurs, il a beaucoup plus d’une coudée de hauteur et ressemble moins à l’homme que ne le dit l’auteur; nous avons eu les mêmes raisons pour appliquer au pithèque, et non point au magot, la figure et l’indication de Prosper Alpin, par laquelle il assure que les petits singes sans queue qu’il a vus en Égypte s’apprivoisent plus vite et plus aisément que les autres, qu’ils ont plus d’intelligence et d’industrie, et qu’ils sont aussi plus gais et plus plaisants que tous les autres :

a. L’Afrique de Marmol, t. I, p. 57.

h. Voyez, ci-après, l’article du Papion.

c. Relations de Rubruquis, p. 17C et suiv.

il LE PITHEQUE.

or, le magot est d’une grosse et assez grande taille il est maussade, triste, farouche, et ne s’apprivoise qu’à demi; les caractères que donne ici Prosper Alpin à son singe sans queue ne conviennent donc en aucune manière au magot, et ne peuvent appartenir à un autre animal qu’au pithèque.

Caractères distinctifs de cette espèce.

Le pithèque n’a point de queue, il n’a point les dents canines plus grandes à proportion que celles de l’homme^, il a la face plate, les ongles plats aussi, et arrondis comme ceux de l’homme; il marche sur ses deux pieds, il a environ une coudée, c’est-à-dire tout au plus un pied et demi de hauteur; son naturel est doux, et on l’apprivoise aisément. Les anciens ont dit que la femelle est sujette à l’écoulement périodique, et l’analogie ne nous permet pas d’en douter.

LE GIBBON

Le gibbon se tient toujours debout, lors même qu’il marche à quatre pieds, parce que ses bras sont aussi longs que son corps et ses jambes; nous l'avons \u vivant, il n’avait pas trois pieds de hauteur, mais il était jeune, il était en captivité : ainsi l’on doit présumer qu’il n’avait pas encore acquis toutes ses dimensions, et que dans l’état de nature, lorsqu’il est adulte, il parvient au moins à quatre pieds de hauteur; il n’a nulle apparence de queue : mais le caractère qui le distingue évidemment des autres singes, c’est cette prodigieuse grandeur de ses bras, qui sont aussi longs que le corps et les jambes pris ensemble, en sorte que l’animal étant debout sur ses pieds de derrière, ses mains touchent encore à terre, et qu’il peut marcher à quatre pieds sans que son corps se penche; il a tout autour de la face un cercle de poils gris, de manière qu’elle se présente comme si elle. était environnée d’un cadre rond, ce qui donne à ce singe un air très-

a. Gibbon, c’est le nom sous lequel M. Dupleix nous a donné ce singe, qu’il avait apporté des Indes orientales; j’ai d’abord cru que ce mot était indien, mais, en faisant des recberclies sur la nomenclature des singes, j’ai trouvé, dans, une note de Dalechamp sur Pline, que Strabon a désigné le cephus par le mot keipon, dont il est probable qu’on a fait guihon, gibbon .y oid le passage de Pline, avec la note de Dalecbamp : « Pompeii magni primùm ludi ostenderunt ex « yEtbiopià quas vocant cephos, quarum pedes postcriores pedibus luunanis et cruribus priores, « manibus fuere similes; lioc animal postea Roma non vidit. »

1 . Quand il est adulte. — ( Voyez la nomenclature de la page 38.)

2. Quand il est jeune. Adulte, il les a grandes et saillantes.

* Simia lar (Linn.). — Le gibbon noir (Cuv.). —Ordre des Quadrumanes; famille des Sia proprement dits; genre Gibbons (Cuv.).

LE GIBBON

extraordinaire -, ses yeux sont grands, mais enfoncés ; ses oreilles nues et bien bordées J sa face est aplatie, de couleur tannée et assez semblable à celle de l’homme; le gibbon est, après l’orang-outang et le pithèque, celui qui approcherait le plus de la figure humaine , si la longueur excessive de ses bras ne le rendait pas difforme ; car, dans l’état de nature, l’homme aurait aussi une mine bien étrange; les cheveux et la barbe, s’ils étaient négligés, formeraient autour de son visage un cadre de poil assez semblable à celui qui environne la face du gibbon.

Ce singe nous a paru d’un naturel tranquille et de mœurs assez douces; ses mouvements n’étaient ni trop brusques ni trop précipités , il prenait doucement ce qu’on lui donnait à manger; on le nourrissait de pain, de fruits, d’amandes, etc. Il craignait beaucoup le froid et l’humidité, et il n’a pas vécu longtemps hors de son pays natal : il est originaire des Indes orientales, particulièrement des terres de Coromandel, de Malaca et des îles Moluques®. Il paraît qu’il se trouve aussi dans des provinces moins méridionales , et qu’on doit rapporter au gibbon le singe du royaume de Gannaure, frontière de la Chine, que quelques voyageurs ont indiqué sous le nom de fefé^; au reste, cette espèce varie pour la grandeur et pour les couleurs du poil ; il y en a deux au cabinet, dont le second, quoique adulte, est bien plus petit que le premier, et n’a que du brun dans tous les endroits où l’autre a du noir; mais comme ils se ressemblent parfaitement à tous autres égards, nous ne doutons pas qu’ils ne soient tous deux d’une seule et même espèce ‘ .

Caractères distinctifs de cette espèce.

Le gibbon n’a point de queue, il a les fesses pelées avec de légères callosités; sa face est plate, brune et environnée tout autour d’un cercle de poils

a. Le P. le Comte dit avoir vu aux Moluques une espèce de singe, marchant naturellement sur ses deux pieds, se servant de ses bras comme un homme, le visage à peu près comme celui d’un Hottentot, mais le corps tout couvert d’une espèce de laine grise , étant exactement comme un enfant et exprimant parfaitement ses passions et ses appétits; il ajoute que ces singes sont d’un naturel très-doux, que pour montrer leur affection aux personnes qu’ils connaissent, ils les embrassent et les baisent avec des transports singuliers; que l’un de ces singes qu'il a vu, avait au moins quatre pieds de hauteur; qu’il était extrêmement adroit et encore plus agile. Mémoires sur la Chine, par Louis le Comte, p. 510.

b. Dans le royaume de Gannaure, frontière de la Chine, il se trouve un animal qui est fort rare, qu’ils nomment fefé; il a presque la forme humaine, les bras fort longs, le corps noir et velu, marche fort légèrement et fort vite. Recueil des Voyages, etc. Rouen, 1716, t. III, p. 168. — Nuta. 1“ Ce caractère des bras fort longs n’appartient qu’à ce singe, et, par conséquent, indique assez clairement que le fefé est le même que le gibbon. — Nota. 2° On peut présumer que le mot fefé vient de je^e/'ou sesef, nom du babouin dans les provinces de l’Afrique voisines de l’Arabie, et qu’on a transféré ce nom du babouin au gibbon ; car le babouin n’a pas les bras plus longs que les autres singes.

1. Ce sont deux espèces distinctes. Le gibbon proprement dit, de Buffon , est le gibbon noir (shnia lar). — (Voyez la nomenclature ci-dessus.) — Le petit gibbon de Buffon est le gibbonbrun (CUY.).

LE GIBBON

gris ; il a les dents canines plus grandes à proportion que celles de l’homme; il a les oreilles nues, noires et arrondies; le poil brun ou gris, suivant l’âge ou la race; les bras excessivement longs; il marche sur ses deux pieds de derrière, il a deux pieds et demi ou trois pieds de hauteur. La femelle est sujette, comme les femmes, à un écoulement périodique de sang.

LE MAGOT. “

Cet animal est de tous les singes, c’est-à-dire de tous ceux qui n’ont point de queue*', celui qui s’accommode le mieux de la température de notre climat : nous en avons nourri un pendant plusieurs années; l'été il se plaisait à l’air, et l’hiver on pouvait le tenir dans une chambre sans feu. Quoiqu’il ne fût pas délicat, il était toujours triste et souvent maussade; il faisait également la grimace pour marquer sa colère ou montrer son appétit; ses mouvements étaient brusques, ses manières grossières, et sa physionomie encore plus laide que ridicule : pour peu qu’il fût agité de passion, il montrait et grinçait les dents en remuant la mâchoire; il remplissait les poches de ses joues de tout ce qiTon lui donnait, et il mangeait généralement de tout, à l’exception de la viande crue, du fromage et d’autres choses fermentées; il aimait à se jucher, pour dormir, sur un barreau, sur une patte de fer; on le tenait toujours à la chaîne, parce que, malgré sa longue domesticité, il n’en était pas plus civilisé, pas plus attaché à scs maîtres ; il avait apparemment été mal éduqué, car j’en ai vu d’autres de la même espèce qui en tout étaient mieux , plus connaissants, plus obéis-

a. Magot, nom ancien de ce singe en français, et que nous avons adopté. Momenet, selon

Jonston; on l’a aussi appelé tar tarin, parce qu’il est fort commun dans la Tartarie méridionale. — Simia cynocephala omnibus unguibus planis tt rotundatis Le singe cynocéphale.

Briss., Règne animal, p. 191. — Nota. Il nous paraît que M. Erisson s’est trompé sm’ la forme des ongles de ce singe : il est vrai que ceux des pouces des pieds de devant et des pieds de derrière sont plats et arrondis à peu près comme ceux de l’homme ; mais les ongles des autres doigts sont courbés en forme de gouttière renversée. — Sylvanus, simia ecaudata, dunibiis tuberosocallosis. Cercopiihecus, Jonston, Quad. tah. ux, fig. 5. Linn., Syst. nat., edit. X, p. 25. — Nota. Il nous parait que M. Linnæus s’est trompé en rapportant cet animal au cercopithecus de Jonston; c’est plutôt le cynocephaliis de la même planche ; mais il est vrai qu’on pourrait regarder ce cy nocephalus et ce cercopilhecus comme le même animal, si le poil de ce dernier n’était pas trop épais et trop long

b. Nota. U est certain que ce singe est sans queue , quoiqu’il en ait une légère apparence formée par un petit appendice de peau d’environ un demi-pouce de longueur, qui se trouve au-dessus de l’anus ; mais cet appendice n’est point une queue avec des vertèbres , ce n’est qu’un bout de peau qui ne tient pas même plus particulièrement au coccyx que le reste de la peau.

* Simia sylvanus , pithecus et iniius (Linn.). — Le magot commun (Cuv. ). — Ordre des Quadrumanes; famille des Singes proprement dits ; genre Magots (Cuv. ). — C’est le pithèque adulte. ( Voyez la nomenclature de la page 38. )

LE MAGOT

sants, même plus gais et assez dociles pour apprendre à danser, à gesticuler en cadence, et à se laisser tranquillement vêtir et coiffer.

Ce singe peut avoir deux pieds et demi ou trois pieds de hauteur lorsqu’il est debout sur ses Jambes de derrière; la femelle est plus petite que le mâle, il marche plus volontiers à quatre pieds qu’à deux ; lorsqu’il est en repos il est presque toujours assis, et son corps porte sur deux callosités ti'ès-éininentes qui sont situées au bas de la région où devraient être les fesses; l’anus est plus élevé, ainsi il est assis plus bas que sur le cul : aussi son corps est plus incliné que celui d’un homme assis; il diffère du pithèque ou singe proprement dit, 1" en ce qu’il a le museau gros et avancé comme un dogue, au lieu que le pithèque a la face aplatie’ ; 2" en ce qu’il a de longues dents canines^, tandis que le pithèque ne les a pas plus longues à proportion que l’homme; 3“ en ce qu’il n’a pas les ongles des doigts aussi plats et aussi arrondis, et enfin parce qu’il est plus grandi plus trapu, et d’un naturel moins docile et moins doux.

Au reste, il y a quelques variétés dans l’espèce du magot : nous en avons vu de différentes grandeurs et de poils plus ou moins foncés et plus ou moins fournis ; il paraît même que les cinq animaux dont Prosper Alpin a donné les figures et les indications, sous le nom de cynocéphales sont tous cinq des magots qui ne diffèrent que par la grandeur et par quelques autres caractères trop légers, pour qu’on doive en faire des espèces distinctes et séparées. Il paraît aussi que l’espèce en est assez généralement répandue dans tous les climats chauds de l’ancien continent, et qu’on la trouve également en Tartarie, en Arabie, en Éthiopie, au Malabar’’, en Barbarie, en Mauritanie et jusque dans les terres du cap de Bonne-Espérance*’.

а. Prosp. Alpin., Hist. nat. Ægypl. , lib. iv, tab. sv, fig. 1, et tab. xvi, xvii, xvni etxix.

б. La troisième espèce de singe au Malabar est de couleur cendrée, sans queue ou n’en ayant

qu’une très-courte; elle est familière, apprend aisément tout ce qu’on lui enseigne On m’en

avait donné un ; je m’avisai un jour de le battre : à ses cris, il en accourut une si grande quantité de sanvages, que, crainte d’accident, je lui rendis sa liberté. Voyage du P. Vincent Marie, chap. xiii, p. 405. Trad. par M. le marquis de Montmirail.

c. C’est vraisemblablement de cette espèce de singe dont parle Robert Lade, dans les termes suivants : « On nous fit traverser une grande montagne dans les terres du cap de Bonne-Espé-

<( rance, sur laquelle nous primes plaisir à chasser de gros singes qui y sont en abondance

« Je ne pnis représenter tontes les sonplesses de ces animaux que nous poursuivions, ni avec « combien de légèreté et d’impudence ils revenaient snr leurs pas après avoir pris la fuite ri devant nous; quelquefois ils se laissaient approcher de si près et à si peu de distance, que. Il m’arrêtant vis-à-vis d’eux pour prendre mes mesures, je me croyais presque certain de les « saisir, mais d’un seul saut ils s’élancaient à dix pas de moi, en montant avec la même agilité « sur un arbre; ils demeuraient ensuite tranquilles à nous regarder, comme s’ils eussent pris fl plaisir à se faire un spectacle de notre étonnement; il y en avait de si gros, que, si notre « interprète ne nous eût pas assurés qu’ils n’étaient pas d’une férocité dangereuse, notre nombre

1. Le pithèque a la face aplatie, parce qu’il est l’animal jeune. Le magot a le museau gros et avancé, parce qu’il est l’animal adulte.

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