Voyez la note de la page 489 du IH« volume
ADDITIONS
peau en est très-précieuse, et qu’on ne le tire point à coup de fusil pour ne la pas endommager J que le poil en est doux et d’un noir nuancé de brun et de jaune
DU GLOUTON {sillte).
J’ai dit que le glouton n’est pas rare dans les contrées septentrionales de l’Europe et même de l’Asie. M. Kracheninnikow rapporte à ce sujet qu’il y a au Kamtschatka un animal appelé glouton, dont la fourrure est si estimée que, pour dire qu’un homme est richement habillé, on dit qu’il est vêtu de fourrure de glouton. « Les femmes de Kamtschatka, dit-il, ornent « leurs cheveux avec les pattes blanches de cet animal, et elles en font « très-grand cas; cependant les Kamtschatdales en tuent si peu qu’ils sont « obligés d’en tirer des jakutski qui leur reviennent fort cher : ils préfèrent « les blanches et les jaunes, quoique les noires et les brunes soient plus
« estimées Ils ne peuvent faire un plus grand présent à leurs femmes
« ou à leurs maîtresses que de leur donner une de ces peaux, et c’est pour- « quoi elles se vendaient autrefois depuis trente jusqu’à soixante roubles; « ils donnent pour deux de leurs pattes jusqu’à deux castors marins (sari- « coviennes). On trouve aussi beaucoup de ces gloutons dans tes environs « de Karaga, d’Anadirska et de Kolima. Ils sont très-adroits à la chasse des « cerfs, et voici la manière dont ils s’y prennent pour les tuer. Ils montent « sur un arbre avec quelques brins de cette mousse qu’ils ont coutume de « manger; lorsqu’ils en voient venir quelques-uns ils la laissent tomber à « terre, et prenant le moment que le cerf s’approche pour la manger ils « s’élancent sur son dos, le saisissent par le bois, lui crèvent les yeux et le « tourmentent si fort que ce malheureux animal, pour mettre fin à ses « peines et se débarrasser de son ennemi, se heurte la tête contre un arbre « et tombe mort sur la place. Il n’est pas plus tôt à bas que le glouton le « dépèce par morceaux , cache sa chair dans la terre pour empêcher que « les autres animaux ne la mangent, et n’y touche point qu’il ne l’ait mise « en sûreté. Les gloutons qui se trouvent aux environs du fleuve Léna s’y « prennent de la même manière pour tuer les chevaux ; cependant quelque « cruels que paraissent ces animaux on les prive aisément, et ils paraissent « alors bien moins voraces \ »
a. Ilist. nat. de la Norwége, par Pontoppidan. Journal étranger, juia 1756.
b. Histoire de Kamtschatka, par Kracheninnikow. Lyon, 1767, 1. 1 , p. 230 et suiv.