DE LA ZIBELINE
Nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de la zibeline, que quelques faits rapportés par les voyageurs russes, et qui ont été insérés dans les derniers volumes de YHistoire générale des voyages.
« Les zibelines vivent dans des trous, leurs nids sont ou dans des creux « d’arbres ou dans leurs troncs couverts de mousse, ou sous leurs racines,
a. Histoire naturelle de Norwége ^ par Pontoppidan. Journal étranger, iuin 1756.
* Voyez la nomenclature de la page 499 du III® volume.
ADDITIONS
« OU sur des hauteurs parsemées de rochers. Elles construisent ces nids de « mousse, de branches et de gazon. Elles restent dans leurs trous ou dans « leurs nids pendant douze heures en hiver comme en été, et le reste du c( temps elles vont chercher leur nourriture. En attendant la plus belle « saison, elles se nourrissent de belettes, d’hermines, d’écureuils, et surtout « de lièvres. Mais dans le temps des fruits elles mangent des baies, et plus « volontiers le fruit du sorbier. En hiver elles attrapent des oiseaux et des « coqs de bois. Quand il fait de la neige, elles se retirent dans leurs trous, « où elles restent quelquefois trois semaines. Elles s’accouplent au mois de « janvier. Leurs amours durent un mois, et souvent excitent des combats « sanglants entre les mâles. Après l’accouplement, elles gardent leurs nids « environ quinze jours. Elles mettent bas vers la fin de mars, et font depuis (I trois jusqu’à cinq petits qu’elles allaitent pendant quatre ou six semaines.
« On ne les chasse qu’en hiver, et les chasseurs vont ensemble jusqu’au « nombre de quarante à cette chasse; ils y vont en canots, et prennent des « provisions pour trois ou quatre mois. Ils ont un chef qui, arrivé au lieu «du rendez-vous, ainsi que tous les chasseurs, assigne à chaque bande « son quartier, et tous les chasseurs doivent lui obéir. On écarte la neige « où l’on veut dresser des pièges; chaque chasseur en dresse vingt par « jour. On choisit un petit espace auprès des arbres; on l’entoure à une « certaine hauteur de pieux pointus; on le couvre de petites planches, afin « que la neige ne tombe pas dedans; ou y laisse une entrée fort étroite, « au-dessus de laquelle est placée une poutre qui n’est suspendue que par « un léger morceau de bois, et sitôt que la zibeline y touche pour prendre « le morceau de viande ou de poisson qu’on a mis pour amorce, la bascule « tombe et la tue. On porte toutes les zibelines au conducteur général, ou « bien on les cache dans des trous d’arbres, de crainte que les Tunguses ou « d’autres peuples sauvages ne viennent les enlever de force. Si les zibelines « ne se prennent pas dans les pièges, on a recours aux filets. Quand le « chasseur a trouvé la trace d’un de ces animaux, il la suit jusqu’à son « terrier, et l’oblige d’en sortir au moyen de la fumée du feu qu’il allume; « il tend son filet autour de l’endroit où la trace finit, et se tient deux ou « trois jours de suite aux aguets avec son chien ; ce filet a treize toises de « long sur quatre ou cinq pieds de haut. Lorsque la zibeline sort de son « ter rier, elle manque rarement de se pi’endi’e, et quand elle est bien ernbar- « rassée dans le filet les chiens l’étr'anglent. Si on les voit sur les arbres, on « les tue à coups de llèches, dont la pointe est obtuse pour ne point endom- « rnager la peau. La chasse étant finie, on regagne le rendez-vous général, « et on SC rembarque aussitôt que les rivières sont devenues navigables par « le dégel “. »
a. Histoire générale des Voyages, t. XIX. p. 144 et suiv.
DU VANSIRE.
DU VANSIRE. *
Le vansire est, comme nous l’avons dit, un animal de Madagascar et de rintérieur de l’Afrique, qui ressemble beaucoup au furet, à l’exception du nombre et de la forme des dents, et de la longueur de la queue, qui est beaucoup plus grande dans le vansire que dans notre furet. Un animal qui nous a été envoyé de la partie orientale de l’Afrique sous le nom de neipse; par sa forme, aussi bien que par cette dénomination, j’ai reconnu que c’était une espèce de furet, car nems ou nims ' est le nom du furet en langue arabe ; et CCS furets d’Arabie, ou ces nems, ressemblent beaucoup plus au vansire qu’à nos furets d’Europe. Yoici la description qu’en a faite M. de Sève ;
« Le nems est un vrai furet , à le considérer dans le détail de sa forme et « de sa souplesse; quand il marche, il s’allonge et paraît bas de jambes. Il
a beaucoup de conformité avec nos furets. Celui-ci était mâle, et avait (( treize pouces dix lignes de longueur du museau à l’anus , le tronçon de « la queue un pied ; la hauteur du train de devant est de cinq pouces six « lignes, celle du train de derrière six pouces six lignes ; l’oreille est sans « poil, et de la même forme que celle du furet commun. Son œil est vif, « et l’iris d’un fauve foncé. Son museau, qui est très-fin, ne m’a pas paru « avoir de moustaches; tout le corps est couvert d’un poil long, jaspé d’un «brun foncé, mêlé d’un blanc sale, qui a dix lignes de longueur, ce qui « fait que par ses rayures il ressemble au lapin riche. Le ventre est couvert « d’un poil fauve clair sans mélange. Le fond du poil de la tête, autour de « l’œil , est d’une couleur jaunâtre claire, et sur le nez, les joues, les « autres parties de la face où le poil est court, un ton fauve plus ou moins « brun par endroits règne partout sans mélange, se continue et se perd « en diminuant dans les parties de la tête au-dessus des yeux. Ses jambes « sont couvertes d’un poil ras fauve foncé; les pattes ont quatre doigts, « et un petit doigt par derrière. Les ongles sont petits et noirs; la queue, « qui est au moins du double plus longue que celle de nos furets, est « très-grosse au commencement du tronçon, et très-menue au bout, qui « finit en pointe. De grands poils jaspés, comme sur le corps, couvrent « cette queue. Cet animal ne boit point, à ce qu’a dit avoir observé le garçon « qui en a soin. »
DU VANSIRE {suite).
M. Forster a bien voulu m’envoyer les remarques suivantes au sujet de cet animal : « J’ai vu, dit-il , à la ménagerie du cap de Bonne-Espérance, « un animal du genre des mangoustes, qui venait de l’île de Madagascar,
* Voyez la nomenclature de la page 466 du III® volume.