‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 163 sur 392 · DE LA LOUTRE · texte numérisé non relu

DE LA LOUTRE

Pontoppidan assure qu’en Norwége la loutre se trouve également autour des eaux salées comme autour des eaux douces , qu’elle établit sa demeure dans des monceaux de pierres, d’où les chasseurs la font sortir en imitant sa voix, au moyen d’un petit sifflet : il ajoute qu’elle ne mange que les parties grasses du poisson, et qu’une loutre apprivoisée, à laquelle on donnait tous les jours un peu de lait, rapportait continuellement du poisson à la maison

a. L’ongle le plus long des pieds de devant, avait onze lignes de longueur; et celui des pieds de derrière , cinq lignes.

b. Cet individu avait un pied sept pouces trois lignes, depuis le bout du museau jusqu’à l’anus ; et la queue était longue de sept pouces quatre lignes, en y comprenant la longueur du poil : les dents manquaient à la dépouille.

c. Histoire naturelle de la Norwége , par Pontoppidan. Journal étranger, juin 1756

* Mephitis chiliensis (Geoff.). — Selon Desmarets, espèce distincte; simple variété du chinche, selon Cuvier. « La mouffette du Chili n’en parait, dit-il, qu’une variété mal conservée, a

»* Voyez la nomenclature de la page 588 du II« volume.

ADDITIONS

DE LA LOUTRE [suUe] .

Nous avons dit que la loutre ne paraissait pas susceptible d’éducation, et que nous n’avious pu réussir à l’apprivoiser; mais des tentatives sans succès ne démontrent rien, et nous avons souvent reconnu qu’il ne fallait pas trop restreindre le pouvoir de l’éducation sur les animaux : ceux même qui semblent le plus s’y refuser cèdent néanmoins et s’y soumettent dans certaines circonstances; le tout est de rencontrer ces circonstances favorables et de trouver le point flexible de leur naturel, d’y appuyer ensuite assez pour former une première habitude de nécessité ou de besoin, qui bientôt s’assujettit toutes les autres. L’éducation de la loutre dont on va parler en est un exemple. Voici ce que M. le marquis de Courtivron , mon confrère à l’Académie des Sciences, a bien voulu m’écrire, en date du 15 octobre 1779, sur une loutre très-privée et très-docile qu’il a vue à Autun ;

« Vous autorisez. Monsieur, ceux qui ont quelques observations sur les « animaux à vous les communiquer, même quand elles ne sont pas absolu- « ment conformes à ce qui peut paraître avoir été votre première opinion. « En relisant l’article de la loutre, j’ai vu que vous doutez de la facilité « qu’on aurait d’apprivoiser cet animal. Dans ce que je vais vous dire, je « ne rapporterai rien que je n’aie vu, et que mille personnes n’aient vu « comme moi à l’abbaye de Saint-Jean-le-Grand, à Autun, dans les années (( 1775 et 1776 ; j’ai vu, dis-je, pendant l’espace de près de deux ans, à « dili'érentes fois, une loutre femelle qui avait été apportée peu de temps « après sa naissance dans ce couvent, et que les tourières s’étaient plu à « élever; elles l’avaient nourri de lait jusqu’à deux mois d’âge, qu’elles c( commencèrent à accoutumer cette jeune loutre à toutes sortes d’aliments ; « elle mangeait des restes de soupe, de petits fruits, des racines, des « légumes, de la viande et du poisson; mais elle ne voulait point de poisson « cuit, et elle ne mangeait le poisson cru que lorsqu’il était de la plus « grande fraîcheur; s’il avait plus d’un jour elle n’y touchait pas. J’essayai « de lui donner de petites carpes; elle mangeait celles qui étaient vives, et « pour les mortes elle les visitait en ouvrant l’ouïe avec sa patte, la flairait, « et le plus souvent les laissait, môme quand on les lui présentait avant de « lui en donner de vives. Cette loutre était privée comme un chien, elle « répondait au nom de loup-loup que lui avaient donné les tourières; elle « les suivait, et je l’ai vue revenir à leur voix du bout d’une vaste cour où « elle se promenait en liberté, et quoique étranger je m’en faisais suivre « en l'appelant par son nom ; elle était familiarisée avec le chat des tou- « rières, avec lequel elle avait été élevée, et jouait avec le chien du jardi- « nier, qu’elle avait aussi connu de bonne heure : pour tous les autres

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