‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 181 sur 392 · DU RENARD · texte numérisé non relu

DU RENARD

DU RENARD [suilc].

On pourrait croire que l’espèce du renard, dont nous avons indique plusieurs variétés, se serait répandue d’un pôle à l’autre, car les voyageurs ont indiqué des animaux sous ce nom au Spilzbcrg et à la terre do Feu, ainsi qu’aux îles Malouines'. Le capitaine Phipps rapporte qu’on trouve des renards sur la grande terre de Spitzberg et dans les îles adjacentes , qu’à la vérité il n’y en a pas une grande quantité, et qu’indépendamment de la couleur, qui est blanche, ils diffèrent encore de notre renard , en ce qu’ils ont les oreilles beaucoup plus arrondies, et qu’ils ont très -peu d’odeur; il ajoute avoir mangé de la chair de ces animaux, et l’avoir trouvée bonne

M. de Bougainville nous apprend qu’il n’a trouvé qu’une seule espèce de quadrupèdes dans les îles Malouines ou Falkland , et que cette espèce tient à celles du loup et du renard. Cet animal se creuse un terrier; sa queue est plus longue et plus fournie de poils que celle du loup; il habite dans les dunes, sur les bords de la mer ; il suit les oiseaux, qui sont trèsnombreux dans ces îles; il se fait des routes avec intelligence, toujours par le plus court chemin, d’une baie à l’autre; il est de la taille d’un chien ordinaire, dont il a aussi l’aboiement, mais faible; il détruit beaucoup d’œufs et de jeunes oiseaux**. Ces indications ne seraient pas suffisantes pour décider si les animaux du nord de notre continent sont les mêmes que ceux de l’Amérique australe et des îles Falkland ; mais ayant reçu deux individus de ces animaux des îles Falkland, et les ayant soigneusement comparés avec les renards de l’Europe, nous avons reconnu qu’ils étaient absolument de la même espèce. Il en est de même du renard blanc, qui probablement est de la même race que les renards blancs du Spitzberg, dont le capitaine Phipps a parlé.

La peau de cet animal nous a été montrée par M. de la Yillemarais de la Rochelle, auquel je dois aussi des observations au sujet des genettes de France, et qui nous a dit qu’elle venait du Nord.

Pieds. Pouces. Lignes.

Sa longueur du tout du museau à l’origine de la queue était de 1 10 6

La hauteur du train de devant l » 9

Celle du train de derrière 1 1 4

a. Voyage du capitaine Phipps , page 188.

b. Voyage autour du monde, 1. 1, in-8», page 113.

1. Buffon confond, dans ces deux articles sur le renard, plusieurs espèces très-distinctes de celle du renard proprement dit ; le chien antarctique, des îles Malouines ; Twa/is {canis lagopus) , des contrées voisines de la mer Glaciale ; le renard noir ou argenté {canis argentatus), de l’Amérique septentrionale; le renard croisé d’Europe, probablement simple variété du renard commun (voyez les notes 1 et 3 de la page 584 du ID volume) ; le renard croisé, d'Amérique {vulpes decussatus. Geoff.).

ADDITIONS

Il diffère un peu de nos renards des pays tempérés, parla grandeur du poil, qui est très-long sur le corps, de même qu’aux jambes et aux cuisses. Il a les oreilles plus petites; la distance de l’œil à l’oreille est très-grande; le bout du nez et les naseaux sont rougeâtres.

Pieds. PouceF, Ligr?’.

Les longs poils qui distinguent cet animal des autres renards , ont de lon-

gueur sur le dos » 2 »

.\iLx flancs, sur tout le ventre et aux cuisses » 2 9

Il se trouve au-dessous de ces poils, qui sont longs et fermes, un duvet ou feutre très-doux et fort touffu , d’un blanc jaunâtre.

Pieds. Pouces. Lignes.

Les poils des moustaches, qui sont blancs, ont de longueur » 1 10

La queue a de longueur 1 2 8

Le tronçon 1 » 8

Celte queue est épaisse et garnie de poils dans toute sa longueur.

Les ongles des pieds sont presque égaux entre eux; ils sont blancs et crochus,

Pitds. Pouces. Lignes*

Le plus grand du pied de devant a » » 7

Celui de derrière » » 6

Largeur à la base » » 3

Épaisseur » » i

DE l’isatis. *

Par une lettre datée de Londres, le 19 février 1768, M. Collinson m’écrit dans les termes suivants :

« Un de mes amis, M. Paul Demidoff, Russien, qui admire vos ouvrages, « vous envoie le dessin d’un animal qui n’est point encore décrit , appelé « cossac ; il vient des grands déserts de Tarlarie, situés entre les rivières « Jaïch, Emba et les sources de Ylrtisch ; ces cossacs y sont en si grand « nombre, que les Tartares en apportent tous les ans cinquante mille peaux « à Oreniburgh, d’où on les porte en Sibérie et en Turquie.

Il y a du bout du museau à l’origine de la queue

De la plante du pied au sommet de la tête

De la plante du pied au-dessus des épaules

Longueur de la tète

Longueur des oreilles

Distance entre les oreilles

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