‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 194 sur 392 · COUGUAR NOIR · texte numérisé non relu

COUGUAR NOIR

M. de la Borde, médecin du Roi à Cayenne, m’écrit qu’il y a dans ce continent trois animaux de ces espèces voraces , dont le premier est le jaguar, que l’on appelle tigre ; le second, le couguar, qu’on nomme tigre rouge, à cause de la couleur uniforme de son poil roux ; que le jaguar est de la grandeur d’un gros dogue, et qu’il pèse environ deux cents livres ; que le couguar est plus petit, moins dangereux et en moindre nombre que le jaguar dans les terres voisines de Cayenne, et que ces deux animaux sont environ six ans à prendre leur accroissement entier.

Il ajoute qu’il y a une troisième espèce assez commune dans ce même pays, que l’on appelle tigre noir, et c’est celui que nous appelons ici couguar noir.

« La tête, dit M. de la Borde, est assez semblable à celle des couguars ;■ « mais il a le poil noir et long, la queue fort longue aussi, avec d’assez c( fortes moustaches. Il ne pèse guère que quarante livres. Il fait ses petits « dans des trous d’arbres creux. »

Ce couguar noir pourrait bien être le même animal que Pison et Marcgrave ont indiqué sous le nom de jagiiaretle \ ou jaguar à poil noir, et dont aucun autre voyageur n’a fait mention sous ce même nom de jaguarettej je trouve seulement, dans une note deM. Sonninide Manoncour,que le jaguarelte s’appelle à Cayenne tigre noir, qu’il est d’une espèce différente de celle du jaguar, étant d’une plus petite taille et ayant le corps fort effdé ; cet animal est très-méchant et très-carnassier, mais il est assez rare dans les terres voisines de Cayenne.

« Les jaguars et les couguars, continue M. de la Borde, sont fort com- « muns dans toutes les terres qui avoisinent la rivière des Amazones, jus- « qu’à celle de Sainte-Marthe; leur peau est assez tendre pour que les « Indiens leur envoyent des flèches qui pénètrent avant, poussées avec de « simples sarbacanes. Au reste, tous ces animaux ne sont pas absolument « avides de carnage; une seule proie leur suffit : on les rencontre presque « toujours seuls, et quelquefois deux ou trois ensemble quand les femelles « sont en chaleur.

a. Lettre de M. Collinson à M. de Buffon, 30 avril 1703.

* Simple variété encore du couguar ordinaire.

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