LE MACAQUE ET L’AIGRETTE
d une odeur de fourmi ou de faux musc qu’ils répandent autour d’eux, ils sont si malpropres, si laids et même si affreux , lorsqu’ils font la grimace, qu’on ne peut les regarder sans horreur et dégoût. Ces guenons vont souvent par troupes et se rassemblent, surtout pour voler des fruits et des légumes. Bosman raconte qu’elles prennent dans chaque patte un ou deux pieds de milhio, autant sous leurs bras et autant dans leur bouche, qu’elles s’en retournent ainsi chargées, sautant continuellement sur les pattes de derrière, et que quand on les poursuit elles jettent les tiges de milhio qu’elles tenaient dans les mains et sous les bras, ne gardant que celles qui sont entre leurs dents, afin de pouvoir fuir plus vile sur les quatre pieds j au reste, ajoute ce voyageur, elles examinent avec la dernière exactitude chaque tige de milhio qu’elles arrachent, et si elle ne leur plaît pas elles la rejettent à terre et en arrachent d’autres : en sorte que par leur bizarre délicatesse elles causent beaucoup plus de dommage encore que par leurs vols
Caractères distinctifs de ces espèces.
Le macaque a des abajoues et des callosités sur les fesses; il a la queue longue à peu près comme la tête et le corps pris ensemble, d’environ dixhuit à vingt pouces; la tête grosse, le museau très-gros, la face nue, livide et ridée, les oreilles velues, le corps court et ramassé, les jambes courtes et grosses; le poil des parties supérieures est d’un cendré verdâtre, et sur la poitrine et le ventre d’un gris jaunâtre; il porte une petite crête de poil au-dessus de la tête; il marche à quatre et quelquefois à deux pieds; la longueur de son corps, y compris celle de la tête, est d’environ dix-huit ou vingt pouces. Il paraît qu’il y a dans cette espèce des races beaucoup plus grandes et d’autres plus petites, telles que celle qui suit.
L’aigrette ne nous paraît être qu’une variété du macaque*; elle est plus petite d’environ un tiers dans toutes les dimensions : au lieu de la petite crête de poil qui se trouve au sommet de la tête du macaque, l’aigrette porte un épi droit et pointu ; elle semble différer encore du macaque par le poil du front qui est noir, au lieu que sur le front du macaque il est verdâtre; il paraît aussi que l’aigrette a la queue plus longue que le macaque, à proportion de la longueur du corps. Les femelles dans ces espèces sont sujettes, comme les femmes, à l’écoulement périodique.
a. Voyage de Bosman. Lettre xiv, p. 2S8 et suiv.
,1. Voyez la nomenclature de îa page 54.
LE PATAS.
LE PATAS.
Le patas est encore du même pays et à peu près de la même grosseur que le macaque ; mais il en diffère en ce qu’il a le corps plus allongé, la face moins hideuse et le poil plus beau ; il est même remarquable par la couleur brillante de sa robe, qui est d’un roux si vif qu’elle parait avoir été peinte ; nous avons vu deux de ces animaux qui font variété ‘ dans 1 espèce ; le premier porte un bandeau de poils noirs au-dessus des yeux, qui s’étend d’une oreille à l’autre; le second ne diffère du premier que par la couleur de ce bandeau, qui est blanc : tous deux ont du poil long au-dessous du menton et autour des joues, ce qui leur fait une belle barbe ; mais le premier l’a jaune, et le second l’a blanche; cette variété paraît en indiquer d’autres dans la couleur du poil, et je suis fort porté à croire que l’espèce de guenons couleur de chat sauvage dont parle Marmol et qu’il dit venir du pays des Nègres, sont des variétés de l’espèce du patas. Ces guenons sont moins adroites que les autres, et en même temps elles sont extrêmement curieuses ; « je les ai vues (dit Brue'^) descendre du haut des « arbres jusqu’à l’extrémité des branches pour admirer les barques à leur « passage; elles les considéraient quelque temps, et paraissant s’entretenir « de ce qu’elles avaient vu , elles abandonnaient la place à celles qui arri- « vaient après; quelques-unes devinrent familières jusqu’à jeter des bran- « elles aux Français, qui leur répondirent à coups de fusil; il en tomba « quelques-unes, d’autres demeurèrent blessées, et tout le reste tomba dans « une étrange consternation; une partie se mit à pousser des cris affreux, « une autre à ramasser des pierres pour les jeter à leurs ennemis; quelques- « unes se vidèrent le ventre dans leur main et s’efforcèrent d’envoyer ce « présent aux spectateurs; mais s’apercevant à la fin que le combat était « du moins égal, elles prirent le parti de se retirer.»
Il est à présumer que c’est de cette même espèce de guenons dont parle Le Maire : « On ne saurait exprimer, dit ce voyageur, le dégât que les
a. Nom de cette espèce de guenon ou singe à longue queue dans son pays natal au Sénégal, et que nous avons adopté; on l’appelle vulgairement le singe rouge du Sénégal.
lin arrivant à ïabao, Brue trouva une nouvelle espèce de singe d’un rouge si vif qu’on l’aurait pris pour une peinture de l’ai-t Les Nègres les nomment patas. Relation de Brue. Hist.
générale des voyages, t. II, p. 520.
h. Les singes de couleur de chat sauvage avec la queue longue et le museau blanc ou noir qui s’appellent communément en Espagne, galos-paulés, viennent du pays des Nègres. L’Afrique de Marmol, t. I , p. 57.
c. Relation de Brue. Histoire générale des Voyages , t. II, p. 521.
* Simia rubra (Linn.). Le patas (Guv.). — Ordre des Quadrumanes; famille des Singes proprement dits ; genre Guenons ( Cuv. ).
1. Le patas à bandeau noir ctlopatas à bandeau blanc ne sont, en effet, que ienx variétés dans la môme espèce.
tâl'.
LE PATAS.
« singes font dans les terres du Sénégal lorsque le mil et les grains dont ils « se nourrissent sont en maturité; ils s’assemblent quarante ou cinquante; « l’im d’eux demeure en sentinelle sur un arbre, écoute et regarde de tom « côtés pendant que les autres font la récolte; dès qu’il aperçoit quelqu’un, « il crie comme un enragé pour avertir les autres, qui, au signal, s’enfuient « avec leur proie, sautant d’un arbre à l’autre avec une prodigieuse agite lité; les femelles, qui portent leurs petits contre leur ventre, s’enfuient « comme les autres, et sautent comme si elles n’avaient rien®. »
Au reste, quoiqu’il y ait dans toutes les terres de l’Afrique un très-grand nombre d’espèces de singes, de babouins et de guenons, dont quelquesunes paraissent assez semblables, les voyageurs ont cependant remarqué qu’elles ne se mêlent jamais, et que pour l’ordinaire chaque espèce habite un quartier différent.
Caractères distinctifs de cette espèce.
Le patas a des abajoues et des callosités sur les fesses; sa queue est moins longue que la tête et le corps pris ensemble; il a le sommet de la tête plat, le museau long, le corps allongé, les jambes longues; il a du poil noir sur le nez et un bandeau étroit de même couleur au-dessus des yeux, qui s’étend d’une oreille à l’autre; le poil de toutes les parties supérieures du corps est d’un roux presque rouge, et eelui des parties de dessous, telles que la gorge, la poitrine et le ventre, est d’un gris jaunâtre. Il y a variété dans cette espèce pour la couleur du bandeau qui est au-dessus des yeux : les uns l’ont noir et les autres blanc. Ils n’agitent pas leur mâchoire, comme le font les autres guenons lorsqu’elles sont en colère; ils marchent à quatre pieds plus souvent qu’à deux, et ils ont environ un pied et demi ou deux pieds, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue. Il parait, ^par le témoignage des voyageurs, qu’il y en a de plus grands. Les femelles sont sujettes, comme les femmes, à un écoulement périodique.
a. Voyage de Le Maire, p. 103 et 104.
b. Ou s’engagerait dans un détail infini si l’on voulait décrii’e toutes les espèces de singes qui se trouvent depuis Arquin jusqu’à Sierra-Leona ; ce qu’il y a de plus remarquable , c’est qu’elles ne se mêlent point et qu’on n’en voit jamais de deux sortes dans le même quartier. Histoire générale des voyages, t. II, p. 221.
LE MALBROÜCK ET LE BONNET CHINOIS
LE MALBROÜCK»* ET LE BONNET CHINOIS.*'
Ces deux guenons ou singes à longue queue nous paraissent être de la même espèce*, et cette espèce, quoique différente à quelques égards de celle du macaque, ne laisse pas d’en être assez voisine pour que nous soyons dans le doute si le macaque, Taigrette, le malbrouck et le bonnet chinois ne sont pas quatre variétés, c’est-à-dire quatre races constantes d’une seule et même espèce^. Comme ces animaux ne produisent pas dans notre climat^, nous n’avons pu acquérir par l’expérience aucune connaissance sur l’unité ou la diversité de leurs espèces, et nous sommes réduits à en juger par la différence de la figure et des autres attributs extérieurs. Le macaque et Taigrette nous ont paru assez semblables pour présumer qu’ils sont de la même espèce; il en est de même du malbrouck et du bonnet chinois, mais comme ils diffèrent plus des deux premiers qu’ils ne diffèrent entre eux , nous avons cru devoir les en séparer. Notre présomption sur la diversité de ces deux espèces est fondée, 1“ sur la différence de la forme extérieure, 2“ sur celle de la couleur et de la disposition du poil , 3° sur les différences qui se trouvent dans les proportions du squelette de chacun de ces animaux , et enfin sur ce que les deux premiers sont natifs des contrées méridionales de l’Afrique, et que les deux dont il s’agit ici sont du pays de Bengale : cette dernière considération est d’un aussi grand
a. Malbrouck , nom de cet animal dans son paj^s natal , à Bengale , et que nous avons adopté.
Cercopithecus primus. Clusii Exotic. , p. 371. — Nota. Clusius est le seul qui ait donné la figure de ce singe , que Nieremberg et Jonston ont copiée : mais Clusius n’avait pas vu Tanimal, il en avait seulement une figure enluminée qu’il dit même avoir fait corriger par son peintre. Je ne fais cette observation que pour fonder un doute que je crois très-raisonnable , c’est que le flocon de poil qui est au bout de la queue est une imagination du dessinateur; de tous les singes à queue qui nous sont connus, il n’y a que le sagouin marikina ou petit lion, qui ait un flocon de poils au bout de la queue , encore cela n’est-il pas fort sensible : en ôtant donc ce flocon de poils qui me paraît imaginaire dans la figure donnée par Clusius , ce singe sera notre malbrouck. — Faumis. Linn. Syst. nat. , edit X, p. 26.
h. Bonnet-chinois , nom que l’on a donné à cette espèce de guenon ou singe à longue queue, parce qu’elle a le poil du sommet de la tète disposé en forme de calotte ou de bonnet plat , comme le sont les bonnets des Chinois.
* Simia faunus (Gmel.) — Le malbrouck (Cuv.). — Ordre des Quadrumanes; famille des Singes propircment dits; genre Guenons (Cuv. ).
** Simia sinica (Gmel.). — Le bonnet chinois (Cuv.). — Ordre id.; famille id.; genre Macaques (Cuv. ).
1. Ils ne sont point de la môme espèce : l’un est une guenon (le malbrouck), et l’autre un macaque (le bonnet chinois). — (Voyez la nomenclature ci-dessus. )
2. Le macaque et l’aigrette sont de la même espèce : l’un est le mâle et l’autre la femelle. (Voyez la nomenclature delà page 64.) Le malbrouck et le bonnet chinois sont de deuxg'enres diflércnts. (Voyez la note ci-dessus.)
3. Les macaques se sont souvent reproduits dans notre ménagerie. On y a vu naître le maimon, le macaque proprement dit, le rhésus, et, ce qui est plus curieux, un métis , provenant de l’union croisée du macaque proprement dit et du bonnet chinois.
LE MALBROUCK ET LE BONNET CHINOIS
poids qu’aucune autre ; car nous avons prouvé que dans les animaux sauvages et indépendants de l’homme, l’éloignement du climat est un indice assez sûr de celui des espèces. Au reste, le malbrouck et le bonnet chinois ne sont pas les seules espèces ou races de singes que l’on trouve à Bengale il paraît, par le témoignage des voyageurs, qu’il y en a quatre variétés, savoir, des blancs, des noirs, des rouges et des gris; ils disent que les noirs sont les plus aisés à apprivoiser : ceux-ci étaient d’un gris roussâtre, et nous ont paru privés et même assez dociles.
« Ces animaux , disent les voyageurs ^ dérobent les fruits et surtout les « cannes de sucre; l’un d’eux fait sentinelle sur un arbre, pendant que les « autres se chargent du butin ; s’il aperçoit quelqu’un , il crie houp, houp, iihoup, d’une voix haute et distincte; au moment de l’avis, tous jettent « les cannes qu’ils tenaient dans la main gauche, et ils s’enfuient en courant U à trois pieds; et s’ils sont vivement poursuivis, ils jettent encore ce qu’ils « tenaient dans la main droite, et se sauvent en grimpant sur les arbres, « qui sont leurs demeures ordinaires; ils sautent d’arbres en arbres; les « femelles même, chargées de leurs petits, qui les tiennent étroitement « embrassées, sautent aussi comme les autres, mais tombent quelquefois, « Ces animaux ne s’apprivoisent qu’à demi , il faut toujours les tenir à la « chaîne; ils ne produisent pas dans leur état de servitude, même dans « leur pays, il faut qu’ils soient en liberté dans leurs bois. Lorsque les « fruits et les plantes succulentes leur manquent, ils mangent des insectes, « et quelquefois ils descendent sur les bords des fleuves et de la mer pour « attraper des poissons et des crabes; ils mettent leur queue entre les « pinces du crabe, et dès qu’elles serrent, ils l’enlèvent brusquement et « l’emportent pour le manger à leur aise. Ils cueillent les noix de cocos, « et savent fort bien en tirer la liqueur pour la boire , et le noyau pour le « manger. Ils boivent aussi du zari qui dégoutte par des bamboches qu’on <( met exprès à la cime des arbres pour en attirer la liqueur, et ils se ser- « vent de l’occasion. On les prend par le moyen des noix de cocos, où l’on « fait une petite ouverture ; ils y fourrent la patte avec peine parce que le « trou est étroit, et les gens qui sont à l’affût les prennent avant qu’ils ne « puissent se dégager. Dans les provinces de l’Inde habitées par lesBramans, « qui, comme l’on sait, épargnent la vie de tous les animaux, les singes, « plus respectés encore que tous les autres, sont en nombre infini; ils « viennent en troupe dans les villes; ils entrent dans les maisons à toute « heure, en toute liberté : en sorte que ceux qui vendent des denrées, et
a. Nota. Je crois qu’on peut rapporter au malbrouck de Bengale l’espèce de singe à poil grisâtre de Calicut dont parle Byrard; il est, dit ce voyageur, défendu de tuer aucun singe dans ce pays ; ils sont si importims , si fâcheux et en si grand nombre qu’ils causent beaucoup de dommage, et que les habitants des villes et des campagnes sont obligés de mettre des treillis à leurs fenêtres pour les empêcher d’entrer dans les maisons. Voyages de Fr. Pyrard, 1. 1, p. 457.
b. Voyages d'innigo de Biervillas, partie V®, p. 172.
LE MALBROUCK ET LE BONNET CHINOIS
« surloiit des fruits, des légumes, etc., ont bien de la peine à les conser- « ver. » Il y a dans Amadabad, capitale du Guzarate, deux ou trois hôpitaux d’animaux où l’on nourrit les singes estropiés, invalides, et même ceux qui, sans être malades, veulent y demeurer. Deux fois par semaine les singes du voisinage de cette ville se rendent d’eux-mêmes, tous ensemble, dans les rues, ensuite ils montent sur les maisons, qui ont chacune une petite terrasse où l’on va coucher pendant les grandes chaleurs; on ne manque pas de mettre ces deux jours-là, sur ces petites terrasses, du riz, du millet, des cannes de sucre dans la saison, et autres choses semblables; car, si par hasard les singes ne trouvaient pas leur provision sur ces terrasses, ils rompraient les tuiles dont le reste de la maison est couvert , et feraient un grand désordre. Ils ne mangent rien sans le bien sentir auparavant, et lorsqu’ils sont repus, ils remplissent pour le lendemain les poches de leurs joues. Les oiseaux ne peuvent guère nicher sur les arbres dans les endroits où il y a beaucoup de singes, car ils ne manquent jamais de détruire les nids et de jeter les œufs par terre “.
Les ennemis les plus redoutables pour les singes ne sont ni le tigre ni les autres bêtes féroces, car ils leur échappent aisément par leur légèreté et par le choix de leur domicile au-dessus des arbres, où il n’y a que les serpents qui aillent les chercher et sachent les surprendre. « Les singes,
« dit un voyageur, sont en possession d’être maîtres des forêts; car il n’y « a ni tigres ni lions qui leur disputent le terrain ; ils n’ont rien à craindre « que les serpents, qui nuit et jour leur font la guerre; il y en a de pro- « digieuse grandeur, qui tout d’un coup avalent un singe ; d’autres, moins
« gros, mais plus agiles, les vont chercher jusque sur les arbres Ils
« épient le temps où ils sont endormis, etc. ^ »
Caractères distinctifs de ces espèces.
Le malbrouck a des abajoues et des callosités sur les fesses, la queue à peu près longue comme la tête et le corps pris ensemble, les paupières couleur de chair, la face d’un gris cendré, les yeux grands, le museau large | et relevé, les oreilles grandes, minces et couleur de chair : il porte un | bandeau de poil gris, comme la mone; mais au reste il a le poil d’une couleur uniforme, d’un jaune brun sur les parties supérieures du corps, et I d’un gris jaunâtre sur celles du dessous; il marche à quatre pieds, et il a i environ un pied et demi de longueur depuis l’extrémité du museau jusqu’à | l’origine de la queue. ;
a. \ oyez les Voyages de La Doulaye le Gouz , p. 253; la Relation de Thévcnot, t. III, p. 20 ; '
le Voyage de Gemelli-Carrcri , t. V, p. 164 ; le Recueil des voyages qui ont servi à l’établissement de la Compagnie des Indes orientales, t. VII, p, 36; le Voyage d’Orient du P. Philippe,
p. 312; et le Voyage de Tavernier, t. III, p. 64.
b. Dcscriplion historique de Macaçar, p. 51.
LE MALBROÜCK ET LE BONNET CHINOIS
Le bonnet chinois paraît être une variété du malbrouck j il en diffère en ce qu’il a le poil du sommet de la tête disposé en forme de calotte ou de bonnet plat, et que sa queue est plus longue à proportion du corps. Les femelles, dans ces deux races, sont sujettes, comme les femmes, à l’écoulement périodique.
LE MANGABEY.“*
Nous avons eu deux individus de cette espèce de guenons ou singes à longue queue ; tous deux nous ont été donnés sous la dénomination do singes de Madagascar'^ : il est facile de les distinguer de tous les autres par un caractère très-apparent. Les mangabeys ont les paupières nues et d’une blancheur frappante; ils ont aussi le museau gros, large et allongé, et un bourrelet saillant autour des yeux. Ils varient pour les couleurs: les uns ont le poil de la tête noir, celui du cou et du dessus du corps brun fauve, et le ventre blanc; les autres l’ont plus clair sur la tête et sur le corps , et ils diffèrent surtout des premiers par un large collier de poils blancs qui leur environnent le cou et les joues - : tous deux portent la queue relevée, et ont le poil long et touffu; ils sont du même pays que le vari; et comme iis lui ressemblent par l’allongement du museau, par la longueur de la queue, par la manière de la porter et par les variétés de la couleur du poil, ils me paraissent faire la nuance entre les makis et les guenons.
Caractères distinctifs de cette espèce.
Le mangabey a des abajoues et des callosités sur les fesses, la queue aussi longue que la tête et le corps pris ensemble. Il a un bourrelet proéminent autour des yeux, et la paupière supérieure d’une blancheur frappante. Son museau est gros et long, ses sourcils sont d’un poil raide et hérissé, ses oreilles sont noires et presque nues ; le poil des parties supérieures du corps est brun, et celui des parties inférieures est gris. Il y a variété dans cette
a. Mangalcy. nom précaue que nous donnons à cet animal en attendant qu’on saclie son vrai nom ; comme il se trouve à Madagascar, dans les terres voisines de Mangabey, cette dénomination en rappellera Tidce aux voyageurs qui seront à portée de le voir et de s'informer du nom qu’il porte dans cette île qui est son pays natal.
/ — Ordre des Qiiadruma-
* Simia fuliginosa {Geoiï ). — Le mangabey sans collier (Cuv. ).J nés; famille des Singes
Et simia a'thiops (Limr. ). — Le mangabey à collier (Cuv.) j proprement dits ; genre
V Guenons (Cuv. ).