DU SARIGUE** DE LA MARMOSE **' ET DU PUAL ANGE R
M. de la Rorde, médecin du Roi, à Cayenne, m’a écrit qu’il avait nourri dans un petit tonneau trois sarigues, où ils se laissaient aisément manier; ils mangent du poisson, de la viande cuite ou crue, du pain, du biscuit, etc. ; ils sont continuellement à se lécher les uns les autres; ils font le même murmure que les chats quand on les manie.
« Je ne me suis pas aperçu, dit-il, qu’ils eussent aucune mauvaise odeur. « Il y a des espèces plus grandes et d’autres plus petites ^ Ils portent éga- « lement leurs petits dans une poche sous le ventre, et ces petits ne quittent « jamais la mamelle, même lorsqu’ils dorment; les chiens les tuent, mais « ne les mangent pas. Ils ont un grognement qui ne se fait pas entendre de
a. Rzaczinski, Auct., page 328.
h. On m’a nouvellement envoyé, pour le Cabinet , une peau de ces petits sarigues de Cayenne, qui n’avait que trois pouces et demi de longueur, quoique l’animal fût adulte et la queue quatre pouces et demi.
* Mustela sarmatica (Linn.). — Le putois de Pologne ou pérouasca (Cuv.). — Genre Putois (Cuv. ).
** Voyez la nomenclatare de la page 154 du III® volume.
*"* Voyez la nomenclature de la page 170 du IIP volume.
**** Voyez la nomenclature de la page 450 du IIP volume.
t [h). Ces petits sarigues étaient des marmoses.
ADDITIONS
« fort loin; on les apprivoise aisément; ils cherchent à entrer dans les pouce laillers où ils mangent la volaille, mais leur chair n’est pas bonne à man- « ger; dans certaines espèces elle est même d’une odeur insupportable, et « l’animal est appelé par les habitants de Cayenne. »
Il ne faut pas confondre ces sarigues puants de M. de la Borde avec les vrais puants ou mouffettes qui forment un genre d’animaux très-différents de ceux-ci.
M. AYosmaër, directeur des cabinets d’IIistoire naturelle de S. A. S. M. le prince d’Orange, a mis une note, page 6 de la description d’un écureuil volant, Amsterdam, 1767, dans laquelle il dit :
c( Le coescoes est le hosch ou beursriilt des Indes orientales, le pliihmder (( de Séba, et le didelphis de Linnæus. Le savant M. de Buffon nie ahsohic< ment' son existence aux Indes orientales, et ne l’accorde qu’au Nouveau- « Monde en particulier. Nous pouvons néanmoins assurer ce célèbre natuc( raliste que Valentin et Séba ont fort bien fait de placer ces animaux tant « en Asie qu’en Amérique. J’ai moi-même reçu l’été dernier, des Indes (( orientales, le mâle et la femelle. La même espèce a aussi été envoyée à « M. le docteur Scblosser, à Amsterdam, par un ami d’Amboine; quoique (( pour moi je n’en connaisse pas d’autres que ceux-ci, de sorte qu’ils ne « sont pas si communs. La principale différence entre le coescoes des Indes « orientales et celui des Indes occidentales consiste, suivant mon observa- « tion, dans la couleur du poil, qui, au mâle des Indes orientales, est tout « à fait blanc, un peu jaunâtre. Celui de la femelle est un peu plus brun, « avec une raie noire ou plutôt brune sur le dos. La tête de celui des Indes « orientales est plus courte, mais le mâle me paraît l’avoir un peu plus « longue que la femelle. Les oreilles, dans cette espèce, sont beaucoup « plus courtes qu’à celle des Indes occidentales. La description de la seconde « espèce, dont parle aussi Valentin, est trop diffuse pour pouvoir s’y rapc( porter avec quelque certitude. »
Je ne doute pas que M. âVosmaër n’ait reçu des Indes orientales des animaux mâles et femelles sous le nom de coescoes, mais les différences qu’il indique lui-même entre ces coescoes et les sarigues pourraient déjà faire penser que ce ne sont pas des animaux de môme espèce^. J’avoue néanmoins que la critique de M. âVosmaër est juste, en ce que j’ai dit que les trois philandersde Séba n’étaient que le même animal^, tandis qu’en effet le troisième, c’est-à-dire celui de la planche xxxix de Séba, est un animal différent, et qui se trouve réellement aux Philippines, et peut-être dans quelques autres endroits des Indes orientales, où il est connu sous le nom de