DU SARIGUE
coescoes ou ciiscus ou cusos'. J’ai trouvé dans le Voyage de Christophe üurchcwilz la notice suivante :
« Dans l’île de Lethy, il y a des ciiscus ou cusos, dont la chair a à peu « près le goût de celle du lapin. Cet animal ressemble beaucoup pour la « couleur à une marmotte; les yeux sont petits, ronds et brillants, les pattes « courtes, et la queue, qui est longue, est sans poil. Cet animal saute d’un « arbre à un autre comme un écureuil, et alors il fait de sa queue un crov( chet avec lequel il se tient aux branches pour manger plus facilement les « fruits. Il répand une odeur désagréable qui approche de celle du renard. « Il a une poche sous le ventre dans laquelle il porte ses petits, qui entrent « et sortent par-dessous la queue de l’animal. Les vieux sautent d’un arbre « à l’autre en portant leurs petits dans cette poche®. »
Il paraît, par le caraclère de la poche sous le ventre et de la queue prenante, que ce cuscus ou cusos des Indes orientales est en effet un animal du même genre que les philanders d’Amérique; mais cela ne prouve pas qu’ils soient de la même espèce d’aucun de ceux du nouveau continent-. Ce serait le seul exemple d’une pareille identité. Si M. AYosmaèr eût fait graver les figures de ces coescoes, comme il le dit dans le texte, on serait plus en état de juger tant de la ressemblance que des différences des coescoes d’Asie avec les sarigues ou philanders d’Amérique, et je demeure toujours persuadé que ceux d’un continent ne se trouveront pas dans l’autre ^ à moins qu’on ne les y ait apportés. Je renvoie sur cela le lecteur à ce que j’en ai dit.
Ce n’est pas qu’absolument parlant, et même raisonnant philosophiquement, il ne fût possible qu’il se trouvât dans les climats méridionaux des deux continents quelques animaux qui seraient précisément de la même espèce; nous avons dit ailleurs^ que la même température doit faire dans les différentes contrées du globe les mêmes effets sur la nature organisée, et par conséquent produire les mêmes êtres, soit animaux, soit végétaux, si toutes les autres circonstances étaient, comme la température, les mêmes à tous égards; mais il ne s’agit pas ici d’une possibilité philosophique, qu’on peut regarder comme plus ou moins probable; il s’agit d’un fait, et d’un fait très-général , dont il est aisé de présenter les i nombreux et très-nombreux exemples. Il est certain qu’au temps de la découverte de l’Amérique il n’existait dans ce nouveau monde aucun des
a. Voyage de Barchewitz. Erfuit, 1751 , page 532.