Voyez la note 2 de la page précédente
2. Voyez la note de la page 159 du IIU volume. — Voyez de plus , ci-après, l’addition relative au phalanger, page 357.
3. Voyez la note 3 de la page 7 et la note 4 de la page 49 du III® volume.
4. Voyez, plus loin, le volume où se trouve la. partie hypothétique de l'Introduction à l’histoire des minéraux. Second mémoire.
ADDITIONS
animaux que je vais nommer : l’éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, la girafe, le chameau, le dromadaire, le buffle, le cheval, l’âne, le lion, le tigre, les singes, les babouins, les guenons, et nombre d’autres dont j’ai fait l’énumération page 30 du IIP volume; et que de même le tapir, le lama, la vigogne, le pécari, le jaguar, le couguar, l’agouti, le paca, le coati, l’unau, l’aï, et beaucoup d’autres dont j’ai donné l’énumération, n’existaient point dans l’ancien continent. Cette multitude d’exemples, dont on ne peut nier la vérité, ne suffit-elle pas pour qu’on soit au moins fort en garde lorsqu’il s’agit de prononcer, comme le fait ici M. Wosmaër, que tel ou tel animal se trouve également dans les parties méridionales des deux continents?
C’est à ce cuscus, ou cusos des Indes, qu’on doit rapporter le passage suivant :
« Il se trouve, dit Mandeslo, aux îles Moluques un animal qu’on appelle c< cusos; il se tient sur les arbres et ne vit que de leurs fruits; il ressemble « à un lapin et a le poil épais, frisé et rude, entre le gris et le roux; les « yeux ronds et vifs, les pieds petits, et la queue si forte qu’il s’en sert « pour se prendre aux branches afin d’atteindre plus aisément aux fruits »
Il n’est pas question, dans ce passage, de la poche sous le ventre, qui est le caractère le plus marqué des pbilanders; mais, je le répète, si le cuscus ou cusos des Indes orientales a ce caractère, il est certainement d'une espèce qui approche beaucoup de celle des pbilanders d’Amérique, et je serais porté à penser qu’il en diffère à peu près comme le jaguar diffère du léopard. Ces deux derniers animaux, sans être de la même espèce, sont les plus ressemblants et les plus voisins de tous les animaux des parties méridionales des deux continents.
LE CRABIER. *
Le nom crabier, ou chien crabier, que l’on a donné à cet animal , vient de ce qu’il se nourrit principalement de crabes. Il a très-peu de rapport au chien ou au renard, auxquels les voyageurs ont voulu le comparer. Il aurait plus de rapport avec les sarigues, mais il est beaucoup plus gros, et d’ailleurs la femelle du crabier ne porte pas, comme la femelle du sarigue, ses petits dans une poche sous le ventre ‘ : ainsi le crabier nous paraît être d'une espèce isolée et différente de toutes celles que nous avons décrites.
a. Voyage de Mandeslo, suite d’Oléarius, t. II, pages 384 et suiv.
* Didelphis marsiipialis et didelphis cancrivora (Linn.). — Le crabier ou grand sarigue (h Cayenne (Giiv.). — Voyez la note 1 de la page 156 du III® volume.
1. « Buffon, qui a décrit le mâle, a cru, à tort, que la femelle manquait de poclie, ce qui a U fait établir, mal à propos, une deuxième espèce : didelpIVs cancrivora (Gmel.). » (Cuvier.)
LE CRABIER.
Ou remarquera la longue queue écailleuse et nue , les gros pouces sans ongles des pieds de derrière, et les ongles plats des pieds de devant. Cet animal, que nous conservons au cabinet du Roi, était encore jeune lorsqu’on nous a envoyé sa dépouille j il est mâle, et voici la description que nous en avons pu faire ;
La longueur du corps entier, depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de kl queue, est d’environ dix-sept pouces.
La hauteur du train de devant, de six pouces trois lignes, et celle du train de derrière de six pouces six lignes.
La queue, qui est grisâtre, écailleuse et sans poil, a quinze pouces et demi de longueur sur dix lignes de grosseur à son commencement; elle est très-menue à son extrémité.
Comme cet animal est fort bas de jambes, il a de loin quelques ressemblances avec le chien hasset; la tête même n’est pas fort dilférente de celle d’un chien : elle n’a que quatre pouces une ligne de longueur depuis le bout du nez jusqu’à l’occiput; l’œil n’est pas grand, le bord des paupières est noir, et au-dessus de l’œil se trouvent de longs poils qui ont jusqu’à quinze lignes de longueur; il y en a aussi de semblables à côté de la joue, vers l’oreille. Les moustaches autour delà gueule sont noires, et ont jusqu’à dix-sept lignes de long; l’ouverture de la gueule est de près de deux pouces; la mâchoire supérieure est armée, de chaque côté, d’une dent canine crochue, et qui excède sur la mâchoire inférieure; l’oreille, qui est de couleur brune, paraît tomber un peu sur elle-même; elle est nue, large et ronde à son extrémité.
Le poil du corps est laineux et parsemé d’autres grands poils raides, noirâtres, qui vont en augmentant sur les cuisses et vers l’épine du dos, qui est toute couverte de ces longs poils, ce qui forme à cet animal une espèce de crinière depuis le milieu du dos jusqu’au commencement de la queue : ces poils ont trois pouces de longueur, ils sont d’un blanc sale à leur origine jusqu’au milieu, et ensuite d’un brun minime jusqu’à l’extrémité. Le poil des côtés est d’un blanc jaune, ainsi que sous le ventre, mais il tire plus sur le fauve vers les épaules, les cuisses, le cou, la poitrine et la tête, où cette teinte de fauve esf mélangée de brun dans quelques endroits. Les côtés du cou sont fauves. Les jambes et les pieds sont d’un brun noirâtre; il y a cinq doigts à chaque pied; le pied de devant a un pouce neuf lignes, le plus grand doigt neuf lignes, et l’ongle en gouttière deux lignes; les doigts sont un peu pliés, comme ceux des rats; il n’y a que le pouce qui soit droit; les pieds de derrière ont un pouce huit lignes, les plus grands doigts neuf lignes, le pouce six lignes; il est gros, large et écarté comme dans les singes, l’ongle en est plat, tandis que les ongles des quatre autres doigts sont crochus et excèdent le bout des doigts. Le pouce du pied de devant est droit et n’est point écarté de l’autre doigt.
ADDITIONS
M. de la Borde m’a écrit que cet animal était fort commun à Cayenne, et qu’il habite toujours les palétuviers et autres endroits marécageux.
« Il est, dit-il, fort leste pour grimper sur les arbres, sur lesquels il se « tient plus souvent qu’à terre, surtout pendant le jour. Il a de bonnes « dents, et se défend contre les chiens; les crabes font sa principale nour- « riture, et lui profitent, car il est toujours gras. Quand il ne peut pas tirer « les crabes de leur trou avec sa patte, il y introduit sa queue, dont il se'' « sert comme d’un crochet; le crabe, qui lui serre quelquefois la queue,
« le fait crier; ce cri ressemble assez à celui d’un homme, et s’entend de « fort loin, mais sa voix ordinaire est une espèce de grognement semblable « à celui des petits cochons; il produit quatre ou cinq petits, et les dépose «dans de vieux arbres creux; les naturels du pays en mangent la chair,
« qui a quelque rapport à celle du lièvre'. Au reste, ces animaux se familia- « risent aisément, et on les nourrit à la maison comme les chiens et les « chats, c’est-à-dire avec toutes sortes d’aliments : ainsi leur goût pour la « chair du crabe n’est point du tout un goût exclusif®. »
On prétend qu’il se trouve dans les terres de Cayenne deux espèces d’animaux auxquels on donne le même nom de crabier, parce que tous deux mangent des crabes. Le premier est celui dont nous venons de parler, l’autre est non-seulement d’une espèce différente, mais paraît même être d’un autre genre. Il a la queue toute garnie de poil, et ne prend les crabes qu’avec ses pattes. Ces deux animaux ne se ressemblent que par la tête, et diffèrent par la forme et les proportions du corps, aussi bien que par la conformation des pieds et des ongles*.