DE L’ÉCUREUIL
Je ne suis pas bien assuré que cet animal de la Guiane, dont parle M. de la Borde, soit un véritable écureuil, parce que ces animaux en général ne se trouvent guère dans les climats très-chauds, tel que celui de la Guiane. Leur espèce est au contraire fort nombreuse et très-variée dans les contrées tempérées et froides de l’un et de l’autre continent.
« On trouve, dit M. Kalm, plusieurs espèces d’écureuils en Pensylvanie, « et l’on élève de préférence la petite espèce (l’écureuil de terre), parce « qu’il est le plus joli, quoique assez difficile à apprivoiser. Les grands écu- « rends font beaucoup de dommages dans les plantations de maïs; ils « montent sur les épis et les eoupent en deux pour en manger la moelle; ils « arrivent quelquefois par centaines dans un champ, et le détruisent sou- « vent dans une seule nuit. On a mis leur vie à prix pour tâcher de les « détruire; on mange leur chair, mais on fait peu de cas de la peau®. ...Les « écureuils gris sont fort communs en Pensylvanie et dans plusieurs autres « parties de l’Amérique septentrionale. Ils ressemblent à ceux de Suède c( pour la forme, mais, en été et en hiver, ils conservent leur poil gris, et ils « sont aussi un peu plus gros. Ces écureuils font leurs nids dans des arbres « creux avec de la mousse et de la paille. Ils se nourrissent des fruits des « bois, mais ils préfèrent le maïs. Ils se font des provisions pour l’hiver et « se tiennent dans leur magasin dans le temps des grands froids. Non-seu- « lement ces animaux font beaucoup de tort aux maïs, mais encore aux « chênes dont ils coupent la fleur dès qu’elle vient à paraître, en sorte que « ces arbres rapportent très-peu de gland... On prétend qu’ils sont actuel- « lement plus nombreux qu’autrefois dans les campagnes de la Pensylvanie, « et qu’ils se sont multipliés à mesure qu’on a augmenté les plantations de « maïs, dont ils font leur principale nourriture »