‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 208 sur 392 · RONGEURS · texte numérisé non relu

RONGEURS

DE l’écureuil.*

Les écureuils sont plutôt des animaux originaires des terres du Nord que des contrées tempérées, car ils sont si abondants en Sibérie, qu’on en vend les peaux par milliers. Les Sibériens, à ce que dit M. Gmelin, les prennent avec des espèces de trappes, faites à peu près comme des quatre en cbifl're, dans lesquels on met pour appât un morceau de poisson fumé , et on tend ces trappes sur les arbres®.

Nous avons déjà parlé des écureuils noirs qui se trouvent en Amérique. M. Aubry, curé de Saint-Louis, a dans son cabinet un écureuil qui lui a été envoyé de la Martinique, qui est tout noir '5 les oreilles n’ont presque point de poil ou du moins n’ont qu’un petit poil très-court, ce qui le distingue des autres écureuils.

M. de la Borde, médecin du roi à Cayenne, dit qu’il n’y a à la Guiane qu’une seule espèce d’écureuil, qu’il se tient dans les bois, que son poil est rougeâtre, et qu’il n’est pas plus grand que le rat d’Europe, qu’il vit de graines de maripa, A'aouara, de comana, etc., qu’il fait ses petits dans des trous d’arbres au nombre de deux, qu’il mord comme le rat, et que cependant il s’appi’ivoise aisément, que son cri est un petit sifflement, qu’on le voit toujours seul sautant de branche en branche sur les arbres

« drupède décrit par M. de Buffon sous le nom de phalanger; mais ce n’est pas le même. Cet « auteur suppose que cette espèce est particulière à l’Amérique , mais il s’est sûrement trompé « en ce point; il est probable que le phalanger est indigène des Indes orientales, puisque « l’animal que prit M. Bancks avait quelque analogie avec lui par la conformation extraor- « dinaire de ses pieds , en quoi il diffère de tous les autres quadrupèdes. » Voyage autour du monde, t. IV, p. S6. — Je crois que cette critique est juste, et que le phalanger appartient en effet aux climats des Indes orientales et méridionales ; mais quoiqu’il ait quelque ressemblance avec les opossums ou sarigues, je n’ai pas dit qu’il fût du même genre; j’ai au contraire assuré qu’il différait de tous les sarigues, marmoses et cayopollins, par la conformation des pieds qui me paraissait unique dans cette espèce. Ainsi je ne me suis pas trompé en avançant que le genre des opossums ou sarigues appartient au nouveau continent, et ne se trouve nulle part dans l’ancien 1. Au reste , l’éditeur du voyage de M. Cook s’est certainement trompé lui-même en disant que l’animal trouvé par M. Bancks était de la classe des opossums ou sarigues; car le phalanger n’a point de poche sous le ventre^.

a. Voyage de Gmelin en Sibérie, t. II , p. 232.

1 (a). Voyez la note de la page 159 du III® volume.

2 (a). Les phalangers femelles ont une poche sous le ventre.

* Voyez la nomenclature de la page 602 du II® volume.

1. Sciurus niger (Desm.). — Simple variété de l’écureuil à masque {sciurus capistratus) , selon Cuvier.

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