LE TAGÜAN OU GRAND ECUREUIL VOLANT
les climats septentrionaux, puisqu’eu France, si on ne le tenait pas dans la chambre et qu’on ne lui donnât pas de la laine ou du coton pour se coucher et même pour s’envelopper, il périrait en peu de temps.
A l’égard du taguan ou grand écureuil volant, voici ce qu’en dit M. Wosmaër :
« Le polatouche décrit par M. de Buffon a, sans contredit, une grande « conformité avec celui-ci ; il a les membranes pareilles au polatouche, « non pas pour voler, mais pour se soutenir en l’air quand il saute de « branche en branche.
« Le grand écureuil volant que je décris® ne m’a été envoyé qu’en peau « desséchée. M. Allamand a donné une description abrégée de cet animal « d’après un sujet femelle conservé à Leyde dans le Cabinet de l’Académie.
« Yalentin est le premier qui en ait parlé; il dit qu’il se trouve dans l’île « de Gilolo; il appelle ces animaux des civettes volantes; il dit qu’ils ont de c( fort longues queues, à peu près semblables a celles des guenons; lors- « qu’ils sont en repos on ne voit point leurs ailes : ils sont sauvages et peu- « reux ; ils ont la tête rousse, avec un mélange de gris foncé, les ailes, ou « plutôt les membranes, couvertes de poils en dedans et en dehors; ils « mordent fortement et sont en état de briser très-facilement une cage de « bois dans une seule nuit ; quelques-uns les appellent des singes volants; « ils se trouvent aussi à l’île de Ternate, où l’on prit d’abord cet animal « pour un écureuil, mais il avait la tête plus effdée, et ressemblait davaii- « tage à un coescoes, ayant le poil gris depuis le museau, avec une raie noire « le long du dos, jusqu’au derrière. La peau était adhérente au corps, et «s’étendait; elle est garnie d’un poil plus blanc par-dessous, et blanc « comme celui du ventre. Lorsqu’il saute d’un arbre à l’autre, il étend ses « membranes et il paraît comme s’il était aplati.
« Dans l’ouvrage de M. l’abbé Prévost, on trouve un passage relatif à cet « animal, qu’il dit, d’après les Lettres édifiantes, se trouver aux îlesPbi- « lippines, où on l’appelle taguan.
« J’ai vu quatre pièces relatives à cet animal, l’une au cabinet de Leyde, « l’autre au cabinet de M. Heeteren à La Haye, tous deux femelles, de « couleur châtain-clair sur le corps, plus foncé sur le dos, et le bout de la « queue noirâtre : la différence de sexe se connaissait à six petits mamelons « placés à distance égale, en deux rangs, à la poitrine et au ventre; les « deux mâles étaient dans le cabinet de S. A. S. monseigneur le prince « d’Orange. »
Yoici la description que M. Wosmaër donne de cet animal :
O. Ce nom me parait plus propre que celui de chat-volant , sous lequel cet animal nous est autrement connu. La tête, les dents et les griffes, ont plus de rapport avec les écureuils, que n'en a la simple queue Yelue, qui est particulière au chat. L’épithète de volant convient d’ailleurs assez à cause du grand saut que fait Tanimal.
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