‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 248 sur 392 · LE KOURI OU LE PETIT UNAU · texte numérisé non relu

LE KOURI OU LE PETIT UNAU

L’animal , dont nous parlons ici est d’une espèce voisine de celle de l’unau; il est à la vérité de moitié plus petit, mais il lui ressemble beaucoup par la forme du corps. Cet animal a été trouvé dans une habitation de la Guiane française : il était dans la basse-cour au milieu des poules , et il mangeait avec elles; c’est, dit-on, le seul individu de cette espèce que l’on ait vu à Cayenne, d’où il nous a été envoyé pour le Cabinet du Roi, sous le nom de kouri; mais nous n’avons eu aucune information sur ses habitudes naturelles, et nous sommes obligés de nous restreindre à une simple description.

Ce petit unau ressemble au grand par un caractère essentiel ; il n’a, comme lui, que deux doigts aux pieds de devant, au lieu que l’aï en a trois, et par conséquent il est d’une espèce dilférenle de celle de l’aï; il n’a que douze pouces de longueur depuis l’extrémité du nez jusqu’à l’origine de la queue, tandis que l’unau, dont nous avons donné l’histoire et la description, avait dix-sept pouces six lignes; cependant ce petit unau paraissait être adulte; il a, eomme le grand, deux doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière ; mais il en diffère non -seulement par la taille, mais encore par son poil, qui est d’un brun musc nuancé de grisâtre et de fauve; et ce poil est bien plus court et plus terne en couleur que dans le grand unau; sous le ventre il est d’une couleur de musc clair, nuancé de cendré, et celte couleur s’éclaircit encore davantage sous le cou jusqu’aux épaules, où il forme comme une bande faible de fauve pâle ; les plus grands ongles de ce petit unau n’ont que neuf lignes, tandis que ceux du grand ont un pouce sept lignes et demie.

Nous avons eu le grand unau vivant, mais comme nous n’avons pu faire la description du petit que d’après une peau bourrée, nous ne sommes pas en étal de prononcer sur toutes les différences qui peuvent se trouver entre ces deux animaux : nous présumons néanmoins qu’ils ne forment qu’une seule et même espèce, dans laquelle il se trouve deux races , l’une plus grande et l’autre plus petite.

T’ai dit, d’après M. de la Borde, que le paresseux, qu’il nomme mouton, se jette sur les hommes depuis le haut des arbres : cela a été mal exprimé par M. de la Borde; il est certain qu’il n’attaque pas les hommes; mais comme tous les paresseux en général ne peuvent descendre des arbres , ils sont forcés de se laisser tomber, et tombent quelquefois sur les hommes. M. de la Borde, dans ses nouveaux Mémoires, indique quatre espèces de paresseux; savoir : le paresseux cabri, le paresseux mouton, le paresseux

* Cet animal-ci est ïunau.

ADDITIONS

dos brûlé, et le nouveau paresseux que nous venons d’appeler kouri. Comme il ne donne point la description exacte de ces quatre espèces, nous ne pouvons les comparer avec celles que nous connaissons ; nous présumons seulement que son paresseux cabri et son paresseux mouton sont notre aï et notre unau ; il nous a envoyé une peau qui nous paraît être celle de son paresseux dos brûlé', mais qui n’est pas assez bien conservée pour que nous puissions juger si elle vient d’un animal dont l’espèce soit différente de celle de l’aï, à laquelle cette peau nous paraît ressembler plus qu’à celle de l’unau.

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