‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 259 sur 392 · Paw · texte numérisé non relu

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2. C’est une erreur qu’Allamand lui-même va bientôt corriger. (Voyez l'addition suivante. )

3. Voyez la nomenclature et le nota de la page 219 du III® volume.

ADDITIONS

« ils se trouvent; il y a cependant une très-grande différence entre eux : ce « qui frappe le plus quand on voit un rhinocéros, tel que celui que M. de « Buffon a décrit, ce sont les énormes plis de sa peau qui partagent si singu- « lièrement son corps, et qui ont fait croire, à ceux qui ne l’ont aperçu que U de loin, qu’il était tout couvert de boucliers. Ces plis ne se font point « remarquer dans le rhinocéros d’Afrique, et sa peau paraît tout unie; si « l’on compare la figure que j’en donne avec celle qu’en a donnée M. de « Buffon , et qu’on fasse abstraction de la tête, on ne dirait pas qu’elles « représentent deux animaux de la inérae espèce. C’est encore à M. le capi- « taine Gordon que l’on doit la connaissance de la véritable figure de ce « rhinocéros d’Afrique, et l’on verra dans la suite que l’histoire naturelle « lui a bien d’autres obligations : voici le précis de quelques remarques « qu’il a ajoutées au dessin qu’il m’en a envoyé.

« Le rhinocéros est nommé nabal par les Hottentots qui prononcent la « première syllabe de ce mot avec un claquement de langue, qu’on ne sauce rait exprimer par l’écriture. Le premier coup d’œil qu’on jette sur lui « fait d’abord penser à l’hippopotame, dont il diffère cependant très-fort par « la tête; il n’a pas non plus la peau aussi épaisse, et il n’est pas aussi düii- « cile de la percer qu’on le prétend. M. Gordon en a tué un à la distance « de cent dix-huit pas avec une balle de dix à la livre; et pendant le voyage « (lu’il a fait dans l’intérieur du pays avec M. le gouverneur de Plettenberg, « on en a tué une douzaine, ce qui fait voir que ces animaux ne sont point « à l’épreuve des coups de fusil. Je crois cependant que ceux d’Asie nepour- (( raient pas être facilement percés, au moins j’en ai porté ce jugement en « examinant la peau de celui dont M. de Buffon a donné la figure, et que M j’ai eu occasion de voir ici.

« Les rhinocéros d’Afrique ont tout le corps couvert de ces incrustations « en forme de galles ou tubérosités qui se voient sur ceux d’Asie, avec « cette différence, qu’en ceux-ci elles ne sont pas parsemées également « partout; il y en a moins sur le milieu du corps, et il n’y en a point à l’ex- « trémité des jambes : quant aux plis de la peau, comme je l’ai dit, ils sont « peu remarquables. M. Gordon soupçonne qu’ils ne sont produits que par « les mouvements que se donnent ces animaux, et ce qui semblerait confir- « mer cette conjecture, c’est la peau bourrée d’un jeune rhinocéros, de la « longueur de cinq pieds, que nous avons ici, où il ne paraît aucun pli; les « adultes en ont un à l’aine, profond de trois pouces, un autre derrière « l’épaule d’un pouce de profondeur, un derrière les oreilles mais peu con- « sidérable, quatre petits devant la poitrine, et deux au-dessus du talon ; ceux « qui se font remaï quer le plus, et qui ne se trouvent point sur ceux d’Asie, « sont au nombre de neuf sur les cotes, dont le plus profond ne l’est que « d’un demi-pouce; autour des yeux ils ont plusieurs rides, qui ne peuvent « pas passer pour des plis.

DU RHINOCÉROS

« Tous ceux que M. Gordon a vus, jeunes et vieux, avaient deux cornes, a et s’il y en a en Afrique qui n’en aient qu’une, ils sont inconnus aux « habitants du cap de Bonne-Espérance; ainsi j’ai été dans l’erreur quand « j’ai écrit à M. Daubenton que j’avais raison de soupçonner que les rhino- « céros d’Asie avaient deux cornes, pendant que ceux du Cap n’en ont « qu’une* : j’avais reçu de ce dernier endroit des têtes à une seule corne, et « des Indes des têtes à deux cornes , mais sans aucune notice du lieu où « avaient habité ces animaux. Depuis, il m’est arrivé souvent de recevoir « des Indes des productions du Cap, et du Cap des curiosités qui y ont été « envoyées des Indes ; c’est là ce qui m’avait jeté dans l’erreur que je dois « rectifier ici. La plus grande de ces cornes est placée sur le nez; celle que « j’ai fait représenter étaitlongue de seize pouces, mais il y en a qui ont huit « à neuf pouces de plus, sans que l’animal soit plus grand.

« Elle est aplatie en dessus et comme usée en labourant la terre; la se- « conde corne avait sa base à un demi-pouce au-dessous de la première, et « elle était longue de huit pouces, l’une et l’autre sont uniquement adhé- « rentes à la peau et placées sur une éminence unie qui est au-devant de la « tête; en les tirant fortement en arrière on peut les ébranler, ce qui me « fait un peu douter de ce que dit Kolbe des prodigieux effets que le rhino- « céros produit; si on l’en croit, il déracine avec sa corne les arbres, il « enlève les pierres qui s’opposent à son passage et les jette derrière lui fort « haut à une grande distance et avec un très-grand bruit; en un mot, il « abat tous les corps sur lesquels elle peut avoir quelque prise. Une corne « si peu adhérente et si peu ferme, ne semble guère propre à de si grands « efforts : aussi M. Gordon m’écrit-il que le rhinocéros fait bien autant de « mal avec ses pieds qu’avec sa tête...

« Ce rhinocéros a les yeux plus petits que l’hippopotame; ils ont peu de « blanc; le plus grand diamètre de la prunelle est de huit lignes, et l’ouver- « ture des paupières est d’un pouce; ils sont situés aux côtés de la tête, « presque à égale distance de la bouche et des oreilles; ainsi cette situation « des yeux démontre la fausseté de l’opinion de Kolbe, qui dit que le rhino- « céros ne peut voir de côté, et qu’il n’aperçoit que les objets qui sont en « droite ligne devant lui. Il aurait peine à voir de cette dernière manière, si « ses yeux ne s’élevaient pas un peu au-dessus des rides qui les environnent. (( Il paraît cependant qu’il se fie plus à son odorat et à son ouïe qu’à sa K vue, aussi a-t-il les naseaux fort ouverts et longs de deux pouces et demi ; « ses oreilles ont neuf pouces en longueur, et leur contour est de deux « pieds; leur bord extérieur est garni de poils rudes, longs de deux pouces « et demi, mais il n’y en a point en dedans.

« Sa couleur est d’un brun obscur, qui devient couleur de chair sous le

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