‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 258 sur 392 · Voyez la note de la page 201 du III® volume · texte numérisé non relu

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DU RHINOCÉROS

épines sans en ressentir de douleur. Il lui faut environ cent soixante livres de nourriture par jour; les Indiens et les Africains, et surtout les Hottentots, en trouvent la chair bonne à manger. Cet animal peut devenir domestique en l’élevant fort jeune, et il produirait dans l’état de domesticité plus aisément que l’éléphant.

« Je n’ai jamais pu concevoir ( dit avec raison M. P. *), pourquoi on a M laissé en Asie le rhinocéros dans son état sauvage, sans l’employer à « aucun usage, tandis qu’il est soumis en Abyssinie, et y sert à porter des « fardeaux".

« M. de Buffon, dit M. le chevalier Bruce, a conjecturé qu’il y avait au « centre de l’Afrique des rhinocéros à deux cornes ; cette conjecture s’est « vérifiée. En effet, tous les rhinocéros que j’ai vus en Abyssinie ont deux « cornes; la première, c’est-à-dire la plus proche du nez, est de la forme « ordinaire : la seconde, plus tranchante à la pointe , est toujours plus c( courte que la première ; toutes deux naissent en même temps, mais la « première croît plus vite que l’autre et la surpasse en grandeur non-seule- « ment pendant tout le temps de l’accroissement, mais pendant toute la « vie de l’animal ^ »

D’autre part, M.Allamand, très-habile naturaliste, écrit à M. Daubenton, par une lettre datée deLeydele 31 octobre 1766, dans les termes suivants :

« Je me rappelle une chose qu’a dite M. Parsons dans un passage cité par « M. de Buffon. Il soupçonne que les rhinocéros d’Asie n’ont qu’une corne, « et que ceux du cap de Bonne- Espérance en ont deux : je soupçonnerais « tout le contraire. J’ai reçu de Bengale et d’autres endroits de l’Inde des « têtes de rhinocéros toujours à doubles cornes, et toutes celles qui me « sont venues du Cap n’en avaient qu’une »

Ceci paraît prouver ce que nous avons déjà dit, que ces rhinocéros à doubles cornes forment une variété dans l’espèce, une race particulière, mais qui se trouve également en Asie et en Afrique*.

DU RHINOCÉROS [suite] .

{Par M. le professeur Allamand.)

« M. de Bulfon a très-bien décrit le rhinocéros d’Asie, et il en a donné « une figure qui est fort exacte; il n’avait aucune raison de soupçonner « que le rhinocéros d’Afrique en différât; aucune relation n’a insinué que « ces animaux ne fussent pas précisément semblables dans tous les lieux où

a. Défense des Recherches sur les Américains, p. 95.

b. Note communiquée par M. le chevalier Bruce, à M. de Buffon.

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