LE DOUC
en ce que les guenons ont les fesses pelées, et que tous les sapajous les ont couvertes de poil ; le doue est la seule des guenons qui ait du poil sur les fesses ^ comme les sapajous; il leur ressemble aussi par l’aplatissement du museau ; mais en tout, il approche infiniment plus des guenons que des sapajous, desquels il diffère, en ce qu’il n’a pas la queue prenante, et aussi par plusieurs autres caractères essentiels : d’ailleurs l’intervalle qui sépare ces deux familles est immense, puisque le doue et toutes les guenons sont de l’ancien continent, tandis que tous les sapajous ne se trouvent que dans le nouveau. On pourrait dire aussi avec quelque raison que le doue ayant une longue queue comme les guenons , et n’ayant pas comme elles de callosités sur les fesses, il fait la nuance entre les orangs-outangs et les guenons, comme le gibbon la fait aussi à un autre égard , n’ayant {Doint de queue comme les orangs-outangs, mais ayant des callosités sur les fesses comme les guenons. Indépendamment de ces rapports généraux, le doue a des caractères particuliers par lesquels il est très-remarquable et fort aisé à distinguer de tous les singes, babouins, guenons ou sapajous, même au premier coup d’œil; sa robe, variée de toutes couleurs, semble indiquer l’ambiguité de sa nature, et en même temps différencier son espèce d’une manière évidente. Il porte autour du cou un collier d’un brun pourpre , autour des joues une barbe blanche; il a les lèvres et le tour des yeux noirs, la face et les oreilles rouges, le dessus de la tête et le corps gris, la poitrine et le ventre jaunes, les jambes blanches en bas, noires en haut ; la queue blanche avec une large tache de même couleur sur les lombes; les pieds noirs avec plusieurs autres nuances de couleur. Il me paraît que cet animal qu’on nous a assuré venir de la Cochinchine se trouve aussi à Madagascar, et que c’est le même que Flacourt indique sous le nom de sifac dans les termes suivants : « A Madagascar, il y a, dit-il, une « autre espèce de guenuche blanche qui a un chaperon tanné , et qui se « tient le plus souvent sur les pieds de derrière; elle a la queue blanche et « deux taches tannées sur les flancs; elle est plus grande que le vari (mort coco), mais plus petite que le varicossi (vari) ; cette espèce s’appelle rt sifac, elle vit de fèves; il y en a beaucoup vers Andrivoure, Dambourrt lomb et Ranafoulchy “. » Le chaperon ou collier tanné, la queue blanche, les taches sur les lianes, sont des caractères qui indiquent assez clairement que ce sifac de Madagascar est de la même espèce que le doue de la Cochinchine.
Les voyageurs assurent que les grands singes des parties méridionales de l’Asie produisent des bézoards, qu’on trouve dans leur estomac, et dont la qualité est supérieure à celle des bézoards des chèvres et des gazelles;
a. Voyage de Flacourt, page 153.
1. Le doue a des callosités. (Voyez la note 4 de la page 37). — Buffon n’avait vu qu’un individu altéré par l’empaillage.