‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 269 sur 392 · Voyez la note de la page 310 du III« volume · texte numérisé non relu

Voyez la note de la page 310 du III« volume

« c’est sur la base de ce fourreau , du côté de l’anus , que sont placés les « mamelons. Dans plusieurs des hippopotames queM. Gordon a examinés, « il a trouvé que le fourreau môme était entièrement retiré en dedans du « corps, aussi bien que le pénis, et que le ventre était tout à fait uni; s’il « paraissait dans les autres, c’était par l’effet des mouvements qu’ils avaient « éprouvés quand on les avait tirés à terre; les testicules ne sont pas ren- « fermés dans un scrotum extérieur, ils sont en dedans du corps, et ne « paraissent point en dehors ; on peut les sentir à travers l’épaisseur de la « peau : ainsi tout ce qui appartient à ces parties est caché en dedans , « excepté dans les temps du rut.

« Dans la femelle, au-dessous de l’entrée du vagin, est un follicule quia « environ deux pouces de profondeur, mais où l’on ne peut voir aucune « ouverture en dedans ; il ressemble assez à celui de l’hyène, excepté qu’il « est au-dessous de la vulve, au lieu que dans l’hyène il est situé entre « l’anus et la queue. L’hippopotame femelle n’a point de mamelles pence dantes, mais seulement deux petits mamelons; quand on les presse, il en « jaillit un lait doux et aussi hon que celui de la vache.

ce Les os de ces animaux sont extrêmement durs ; dans un os de la cuisse, (( scié en travers, on trouva un canal long de cinq pouces et de dix lignes « en diamètre, assez ressemblant à la cavité où est la moelle : cependant il (( n’y en avait point immédiatement après la mort, mais on y vit un corps « fort dur, où l’on croyait remarquer du sang.

(c La largeur du pied de devant est égale à sa longueur : l’une et l’autre (( est de dix pouces; la plante du pied de derrière est tant soit peu plus (( petite ; elle a neuf pouces neuf lignes dans ses deux dimensions ; ces pieds (( sont propres pour nager, car les doigts peuvent se mouvoir, s’approcher cc les uns de autres, et se plier en dessous; les ongles sont un peu creux, c( comme les sahots des autres animaux; le dessous du pied est une semelle « fort dure, séparée des doigts par une fente profonde : elle n’est pashori- <( zontale, mais un peu en biais, comme si l’animal en marchant avait plus cc pressé son pied d’un côté que de l’autre : aussi les a-t-il tous un peu cc tournés en dehors; comme il a les jambes courtes et les jointures pliacc blés, il peut appliquer et presser ses jambes contre le corps, ce qui lui cc facilite encore les mouvements nécessaires pour nager. Aidé de quelques cc hommes, M. Gordon a roulé, comme un tonneau, un grand hippopotame cc hors de l’eau sur un terrain uni, sans que les pieds fissent un obstacle cc sensible.

cc Quoique les hippopotames passent une partie de leur vie dans l’eau, cc ils ont cependant le trou ovale fermé. Quand ils sont parvenus à toute cc leur grandeur, le plus long diamètre de leur cœur est d’un pied

cc M. Gordon s’est assuré, par l’ouverture de plusieurs hippopotames cc jeunes et adultes, que ces animaux n’ont qu’un seul estomac et ne rumi-

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«nent point, quoiqu’ils ne mangent que de l’herbe, qu’ils rendent ea « pelote et mal broyée dans leurs excréments.

« J'ai dit ci-devant, continue M. Allamand, qu’il me paraissait très-dou- « teux que les hippopotames mangeassent des poissons; à présent je puis « dire qu’il est presque certain qu’ils n’en mangent pas’. Dans une tren- « taine de ces animaux, dont M. Gordon a fait ouvrir les estomacs en sa « présence, il n’y a trouvé que de l’herbe et jamais aucun reste de poisson; « j’ai dit aussi qu’il n’y avait pas d’apparence qu’ils entrassent dans la « mer : on peut voir dans l’endroit cité les raisons que j’avais pour penser « ainsi, et M. de Buffon semble avoir été dans la même idée. Les nouvelles « observations de M. Gordon m’ont désabusé; il a tué un hippopotame à « l’embouchure de la rivière Gambous, où l’eau était salée; il en a va « dans la baie de Sainte-Hélène, et il en a vu sortir d’autres de la mer à « deux lieues de toute rivière : à la vérité ils ne s’éloignent pas beaucoup « de terre, la nécessité d’y venir prendre leur nourriture ne le leur permet « pas; ils vont le long des côtes d’une rivière à l’autre : cependant cela « suffit pour prouver qu’ils peuvent vivre dans l’eau salée, et justifier en « quelque façon ceux qui leur ont donné le nom de chevaux marins, aussi « bien que Kolbe, qui suppose qu’ils vivent indifféremment dans les rivières « et dans la mer; ceux qui habitent dans l’intérieur du pays n’y vont vraici semblablement jamais; si ceux qui en sont près y entrent, ce n’est pas « pour aller fort loin, à cause de la raison que je viens de dire, et celta « même raison doit les engager à préférer les rivières.

c< Lorsqu’ils se rencontrent au fond de l’eau, ils cherchent à s’éviter ; mafs « sur terre il leur arrive souvent de se battre entre eux d’une manière « terrible : aussi en voit-on fort peu qui n’aient pas quelques dents cassées <( ou quelques cicatrices sur le corps; en se battant ils se dressent sur (( leurs pieds de derrière, et c’est dans cette attitude qu’ils se mordent.

« Dans les lieux où ils sont peu inquiétés, ils ne sont pas fort craintifs « quand on tire sur eux, ils viennent voir ce que c’est; mais quand une « fois ils ont appris à connaître l’effet des armes à feu, ils fuient devant les « hommes en trottant pesamment, comme les cochons; quelquefois même « ils galopent , mais toujours pesamment : cependant un homme doit cc marcher bien vite pour être en état de les suivre. M. Gordon en a « accompagné un pendant quelque temps, mais quoiqu’il coure très-vite, (( si la course avait été plus longue, l’hippopotame l’aurait devancé.

« M. de Buffon a eu raison de révoquer en doute^ ce que disent quelques « voyageurs des femelles hippopotames , c’est qu’elles portent trois ou « quatre petits; l’analogie l’a conduit à regarder ce fait comme très-sus-

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