Voyez la nomenclature de la page
3. C’est celui qu’on appelle aujourd’hui sanglier d’Éthiopie. (Voyez la nomenclature cidessus.) — Au reste, ce dernier nom n’est pas trcs-bon. C’est surtout dans les environs du cap de Bonne-Espérance que se trouve ce sanglier, dit sanglier d’Éthiopie.
DU SANGLIER DU CAP VERT
sanglier, a écrit qu’il avait été pris entre la Cafrerie et le pays des grands Namaquas, à environ deux cents lieues du Cap, ajoutant que c’était le premier de cette espèce qu’on eût vu en vie. M. Wosmaër reçut aussi la peau d’un anima! de même espèce, qui paraissait différer, à plusieurs égards, de celle de l’animal vivant.
On avait mis cet animal dans une cage de bois, et « comme j’étais pré- « venu, dit M. Wosmaër, qu’il n’était pas méchant, je fis ouvrir la porte « de sa cage. Il sortit sans donner aucune marque de colère; il courait, « bondissant gaiement ou furetant pour trouver quelque nourriture, et c( prenait avidement ce que nous lui présentions; ensuite l’ayant laissé seul « pendant quelques moments, je le trouvai, à mon retour, fort occupé à «fouiller en terre, où, nonobstant le pavé fait de petites briques bien « liées, il avait déjà fait un trou d’une grandeur incroyable pour se rendre « maître, comme nous le découvrîmes ensuite, d’une rigole très-profonde « qui passait au-dessous. Je le fis interrompre dans son travail , et ce ne fut « qu’avec beaucoup de peine , et avec l’aide de plusieurs hommes, qu’on « vint à bout de vaincre sa résistance et de le faire rentrer dans sa cage, « qui était à claire-voie. Il marqua son chagrin par des cris aigus et lamen- « tables. On peut croire qu’il a été pris jeune dans les bois de l’Afrique, « car il paraît avoir grandi considérablement ici; il est encore vivant (dit «l’auteur, dont l’ouvrage a été imprimé en 1767 ). Il a très-bien passé « l’hiver dernier, quoique le froid ait été fort rude et qu’on l’ait tenu en- « fermé la plus grande partie du temps.
« 11 semble l’emporter en agilité sur les porcs de notre pays ; il se laisse « frotter volontiers de la main , et même avec un bâton : il semble qu’on « lui fait encore plus de plaisir en le frottant rudement; c’est de cette « manière qu’on est venu à bout de le faire demeurer tranquille pour le « dessiner. Quand on l’agace ou qu’on le pousse, il se recule en arrière, « faisant toujours face du côté qu’il se trouve assailli, et secouant ou heur- « tant vivement de la tête. Après avoir été longtemps enfermé, si on le « lâche il paraît fort gai, il saute et donne la chasse aux daims et aux autres « animaux en redressant la queue, qu’autrement il porte pendante ; il « exhale une forte odeur que je ne puis trop comparer, et que je ne trouve «pas désagréable. Quand on le frotte de la main, cette odeur approche « beaucoup de celle du fromage vert; il mange de toutes sortes de graines; « sa nourriture à bord du vaisseau était le maïs et de la verdure autant « qu’on en avait; mais depuis qu’il a goûté ici de l’orge et du blé sarrasin , « avec lesquels on nourrit plusieurs autres animaux de la ménagerie, il s’est « décidé préférablement pour cette mangeaille et pour les racines d’herbes « et de plantes qu’il fouille dans la terre. Le pain de seigle est ce qu’il aime « le mieux, il suit les personnes qui en ont. Lorsqu’il mange il s’appuie fort « en avant sur ses genoux courbés, ce qu’il fait aussi en buvant, en humant
ADDITIONS
« l’eau de la surface, et il se tient souvent, dans cette position , sur les genoux « des pieds de devant. Il a l’ouïe et l’odorat très-bons , mais il a la vue « bornée, tant par la petitesse que par la situation de ses yeux, qui l’em- « pêchent de bien apercevoir les objets qui sont autour de lui, les yeux se « trouvant non-seulement placés beaucoup plus haut et plus près l’un de « l’autre que dans les autres porcs, mais étant encore, à côté et en dessous, « plus ou moins offusqués par deux lambeaux que bien des gens prennent « pour de doubles oreilles. Il a plus d’intelligence que le porc ordinaire.
« La tête est d’une figure affreuse; la forme un peu aplatie et large du « nez, jointe à la longueur extraordinaire de la tête, à son large groin, « aux lambeaux singuliers, aux protubérances pointues, saillantes des « deux côtés de ses yeux , et à ses fortes défenses, tout cela lui donne un « aspect des plus monstrueux.
« La forme du corps approche assez de celle de notre cochon domes- « tique. Il me paraît plus petit, ayant le dos plus aplati en dessus, et les « pieds plus courts.
« La tête, en comparaison de celle des autres porcs, est difforme, tant « par la structure que par sa grandeur. Le museau est fort large, aplati et a très-dur. Le nez est mobile, à côté un peu recourbé vers le bas, et coupé t( obliquement. Les narines sont grandes, éloignées l’une de l’autre; elles « ne se voient que quand on soulève la tête. La lèvre supérieure est dure « et épaisse à côté, près des défenses, par-dessus et autour desquelles elle (( est fort avancée et pendante, formant, surtout derrière les défenses, une « fraise demi-ovale, pendante et cartilagineuse, qui couvre les coins du « museau.
« Cet animal n’a point de dents de devant ni en dessus ni en dessous *, « mais les gencives antérieures sont lisses, arrondies et dures.
« Les défenses à la mâchoire supérieure sont, à leur base , d’un bon « pouce d’épaisseur, recourbées et saillantes de cinq pouces et demi dans c( leur ligne courbe, fort écartées en dehors et se terminant en une pointe « obtuse; elles sont aussi, à côté de chacune, pourvues d’une espèce de « raie ou cannelure; celles de la mâchoire inférieure sont beaucoup plus « petites, moins recourbées, presque triangulaires, et usées par leur frottec( ment continuel contre les défenses supérieures; elles paraissent comme « obliquement coupées. Il y a des dents molaires, mais elles sont fort en « arrière dans le museau, et la résistance de l’animal nous a empêché de « les voir.
« Les yeux, à proportion de la tête, sont petits, placés plus haut dans la « tête, et plus près l’un de l’autre et des oreilles que dans le porc commun. « L’iris est d’un brun foncé, sur une cornée blanche. Les paupières supé-