Le tapir est de la taille d’un petit dne
2 (c). Voyez la planche i du tome VI des Suppléments de l’édition in-4<> de l’Imprimerie royale.
ADDITIONS
« Il a une crinière de poils noirâtres d’un pouce et demi de hauteur, et « raides comme des soies de cochon, mais moins rudes au toucher, et qui « diminuent en longueur à mesure qu’ils s’approchent des extrémités : celte « crinière s’étend dans l’espace de trois pouces sur le front, et de sept sur « le cou . Sa tête est fort grosse et relevée en bosse près de l’origine du « museau. Ses oreilles sont presque rondes, et bordées dans leur contour i< d’une raie blanchâtre. Ses yeux sont petits et placés à une distance presw que égale des oreilles et de l’angle de la bouche. Son groin est terminé « par un plan circulaire à peu près semblable au boutoir d’un cochon , « mais moins large, son diamètre n’égalant pas un pouce et demi : et c’est « là que sont les ouvertures des narines, qui , comme celles de l’éléphant , « sont à l’extrémité de sa trompe, avec laquelle le nez du tapir a beaucoup « de rapport ; car il s’en sert à peu près de la même façon. Quand il ne « l’emploie pas pour saisir quelque chose, cette trompe ne s’étend guère « au delà de la lèvre inférieure, et alors elle est toute ridée circulairement; « mais il peut l’allonger presque d’un demi-pied, et même la tourner de « côté et d’autre pour prendre ce qu’on lui présente, mais non pas comme « l’éléphant, avec cette espèce de doigt qui est au bout supérieur de sa « trompe, et avec lequel j’ai vu un de ces animaux relever un sou de terre « pour le donner à son maître. Le tapir n’a point ce doigt; il saisit avec la « partie inférieure de son nez allongé, qui se replie pour cet effet en des- •« sous. J’ai eu le plaisir de lui voir prendre de celte manière plusieurs « morceaux de pain que je lui offrais, et qui paraissaient être fort de son « goût. Ce n’est donc pas simplement la lèvre, comme celle du rhinocéros, « qui lui sert de trompe; c'est son nez qui, à la vérité, lui tient aussi lieu « de lèvre, car quand il l’allonge, en levant la tête pour attraper ce qu’on « lui présente, elle laisse à découvert les dents de la mâchoire supérieure; « en dessus elle est de couleur brune, comme tout le reste du corps, et « presque sans aucun poil ; en dessous elle est de couleur de chair : on ( peut voir que c’est un fort muscle susceptible d’allongement et de conc( traction, qui, en se courbant, pousse dans la bouche les aliments qu’il a « saisis.
«Les jambes du tapir sont courtes et fortes; les pieds de devant ont « quatre doigts, trois antérieurs, dont celui du milieu est le plus long; le « quatrième est au côté extérieur, il est placé plus haut et il est plus petit « que les autres : les pieds de derrière n’en ont que trois. Ces doigts sont « terminés par des ongles noirs, pointus et plats; on peut les comparer aux « sabots des animaux à pieds fourchus; ils environnent et renferment toute « l’extrémité des doigts ; chaque doigt est marqué d’une raie blanche à « l’origine des ongles; la queue mérite à peine ce nom, ce n’est qu’un « tronçon gros et long comme le petit doigt, et de couleur de chair en « dessous.
Llî TAPin.
« Marcgrave dit que les jeunes tapirs portent la livrée', mais qu’ils la perce dent quand ils sont adultes, et sont partout de couleur de terre d’ombre,
« sans aucune tache de différentes couleurs : comme c’est là le cas du « tapir que je décris, on en pourrait conclure qu’il n’est pas aussi jeune (( que sa taille semble l’indiquer.
cc Cet animal est fort doux , il s’approche de ceux qui entrent dans sa « loge, il les suit familièrement, surtout s’ils ont quelque chose à lui douce ner, et il souffre d’en être caressé. Je n’ai pu remarquer dans sa physiocc nomie cet air triste et mélancolique qu’on lui prête, et qui pourrait bien cc avoir été confondu avec la douceur qu’annonce son regard.
ce II ne m’a pas été possible de compter exactement ses dents incisives ;
« il ne les découvrait pas assez longtemps pour que je pusse m’assurer de ce leur nombre, et quand je voulais lui relever son nez pour les mieux voir,
« il secouait fortement la tête et m’obligeait de lâcher prise ; il m’a semblé c( cependant qu’il y en avait huit à chaque mâchoire très-bien arrangées®,
« et de la grosseur des dents incisives de l’homme. Marcgrave dit qu’il en a cc compté dix à chaque mâchoire ; les dents canines ne m’ont pas paru les « surpasser en grandeur, et ne sortaient point hors delà bouche, comme « la figure donnée par M. de la Condamine à M. de Buffon semblerait le cc faire croire ; quant aux dents mâchelières, je n’ai pu les apercevoir.
cc Je n’ai point vu la femelle dont j’ai parlé ci-dessus, et qu’on promène c( dans nos foires ; mais une personne qui s’intéresse à tout ce qui peut cc contribuer à la perfection de notre édition l’a observée avec soin , et c( voici le résultat des remarques qu’elle m’a communiquées :
cc Cette femelle est un peu plus grande que le mâle que je viens de cc décrire; on la nourrit avec du pain de seigle, du gruau cuit, des ce herbes, etc.; elle aime surtout les pommes, qu’elle sent de loin; elle cc s’approche de ceux qui en ont, et fourre son groin dans leurs poches cc pour les y prendre. xAu reste, elle mange tout ce qu’on lui présente : cc des carottes, du poisson, de la viande, et jusqu’à ses propres excréments cc quand elle a faim.
cc Elle connaît son maître autant qu’un cochon connaît celui qui le nourcc rit; elle est fort douce, et ne fait entendre aucun son de voix; l’homme cc qui la fait voir dit que, quand elle est fatiguée ou irritée, elle pousse un cc cri aigu qui ressemble à une sorte de sifflement : le mâle qui est dans la
a. M. Allamaiid n’a pas pu voir toutes les dents incisives du tapir, mais nous les avons vues, et elles sont au nombre de dix en haut et de dix en bas