SOLIPÈDES
LE CHEVAL
Nous avons donné la manière dont on traite les chevaux en Arabie, et le détail des soins particuliers que l’on prend pour leur éducation. Ce pays sec et chaud, qui paraît être la première patrie et le climat le plus convenable à l’espèce de ce bel animal, permet ou exige un grand nombre d’usages qu’on ne pourrait établir ailleurs avec le même succès. Il ne serait pas pos-
* Voyez la nomenclature de la page 369 du volume.
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sible d’élever et de nourrir les chevaux en France et dans les contrées septentrionales comme on le fait dans les climats chauds; mais les gens qui s’intéressent à ces animaux utiles seront bien aises de savoir comment on les traite dans les climats moins heureux que celui de l’Arabie, et comment ils se conduisent et savent se gouverner eux-mêmes lorsqu’ils se trouvent indépendants de l’homme.
Suivant les différents pays et selon les différents usages auxquels on destine les chevaux, on les nourrit différemment : ceux de race arabe, dont on veut faire des coureurs pour la chasse en Arabie et en Barbarie, ne mangent que rarement de l’herbe et du grain. On ne les nourrit ordinairement que de dattes et de lait de chameau, qu’on leur donne le soir et le matin; ces aliments, qui les rendent plutôt maigres que gras, les rendent en même temps très-nerveux et fort légers à la course. Ils tettent même les femelles chameaux, qu’ils suivent, quelque grands qu’ils soient “, et ce n’est qu’à l’âge de six ou sept ans qu’on commence à les monter.
En Perse, on tient les chevaux à l’air dans la campagne le jour et la nuit, bien couverts néanmoins contre les injures du temps, surtout l’hiver, nonseulement d’une couverture de toile, mais d’une autre par-dessus qui est épaisse et tissue de poil, et qui les tient chauds et les défend du serein et de la pluie. On prépare une place assez grande et spacieuse, selon le nombre des chevaux, sur un terrain sec et uni, qu’on balaie et qu’on accommode fort proprement; on tes y attache, à côté l’un de l’autre, à une corde assez longue pour les contenir tous, bien tendue et liée fortement par les deux bouts à deux chevilles de fer enfoncées dans la terre; on leur lâche néanmoins le licou auquel ils sont liés autant qu’il le faut pour qu’ils aient la liberté de se remuer à leur aise. Mais, pour les empêcher de faire aucune violence, on leur attache les deux pieds de derrière à une corde assez longue qui se partage en deux branches, avec des boucles de fer aux extrémités, où l’on place une cheville enfoncée en terre au devant des chevaux, sans qu’ils soient néanmoins serrés si étroitement qu’ils ne puissent se coucher, se lever et se tenir à leur aise, mais seulement pour les empêcher de faire aucun désordre; et quand on les met dans des écuries on les attache et on les tient de la même façon. Celte pratique est si ancienne chez les Persans qu’ils l’observaient dès le temps de Cyrus, au rapport de Xénophon. Ils prétendent, avec assez de fondement, que ces animaux en deviennent plus doux, plus traitables, moins hargneux entre eux, ce qui est utile à la guerre, où les chevaux inquiets incommodent souvent leurs voisins lorsqu’ils sont serrés par escadrons. Pour litière on ne leur donne, en Perse, que du sable et de la terre en poussière bien sèche, sur laquelle ils reposent et dorment aussi bien que sur la paille*. Dans d’autres pays, comme en
O. Voyage de Marmol, t. I, page 50.
b. Voyage de délia Valle. Rouen, 1745 in-12 , t. Y, p. 284 jusqu’à 802.
ADDITIONS
Arabie et au Mogol, on fait sécher leur fiente que l’on réduit en poudre et dont on leur fait un lit très-doux®. Dans toutes ces contrées on ne les fait jamais manger à terre ni même à un râtelier, mais o;i leur met de l’orge et de la paille hachée dans un sac qu’on attache à leur tête, car il n’y a point d’avoine, et l’on ne fait guère de foin dans ce climat; on leur donne seulement de l’herbe ou de l’orge en vert au printemps, et en général on a grand soin de ne leur fournir que la quantité de nourriture nécessaire; car lorsqu’on les nourrit trop largement leurs jambes se gonflent, et bientôt ils ne sont plus de service. Ces chevaux, auxquels on ne met point de bride et que l’on monte sans étriers, se laissent conduire fort aisément; ils portent la tête très-haute au moyen d’un simple petit bridon , et courent trèsrapidement et d’un pas très-sûr dans les plus mauvais terrains. Pour les faire marcher, on n’emploie point la houssine et fort rarement l’éperon; si quelqu’un en veut user il n’a qu’une petite pointe cousue au talon de sa hotte. Les fouets dont on se sert ordinairement ne sont faits que de petites bandes de parchemin nouées et cordelées; quelques petits coups de ce fouet suffisent pour les faire partir et les entretenir dans le plus grand mouvement.
Les chevaux sont en si grand nombre en Perse que , quoiqu’ils soient très-bons, ils ne sont pas fort chers. Il y en a peu de grosse et grande taille, mais ils ont tous plus de force et de courage que de mine et de beauté. Pour voyager avec moins de fatigue, on se sert de chevaux qui vont l’amble, et qu’on a précédemment accoutumés à cette allure en leur attachant, par une corde, le pied de devant à celui de derrière du même côté; et dans la jeunesse on leur fend les naseaux, dans l’idée qu’ils en respirent plus aisément; ils sont si bons marcheurs, qu’ils font très-aisément sept à huit lieues de chemin sans s’arrêter ^
Mais l’Arabie, la Barbarie et la Perse ne sont pas les seules contrées où l’on trouve de beaux et bons chevaux ; dans les pays même les plus froids, s’ils ne sont point humides, ces animaux se maintiennent mieux que dans les climats très-chauds. Tout le monde connaît la beauté des chevaux danois et la honté de ceux de Suède, de Pologne, etc. En Islande, où le froid est excessif, et où souvent on ne les nourrit que de poissons desséchés, ils sont très-vigoureux quoique petits ® ; il y en a môme de si petits qu’ils ne peuvent servir de monture qu’à des enfants Au reste, ils sont si communs dans cette île que les bergers gardent leurs troupeaux à cheval; leur nombre n’est point à charge, car ils ne coûtent rien à nourrir. On mène ceux dont on n’a pas besoin dans les monlagnes, où on les laisse plus ou
a. Voyage de Thévenot , t. III, pages 129 et suiv.
h. Voyage de délia Valle. Rouen, 1745, in-12, t. V, p. 284 jusqu’à 302.
c. Recueil des voyages du Nord. Rouen , 171C , t. I , p. 18.
d. Description de l’Islande, etc., par Jean Anderson, p. 79.
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moins de temps après les avoir marqués; et lorsqu’on veut les reprendre on les fait chasser pour les rassembler en une troupe, et on leur tend des cordes pour les saisir parce qu’ils sont devenus sauvages. Si quelques juments donnent des poulains dans ces montagnes, les propriétaires les marquent comme les autres et les laissent là trois ans. Ces chevaux de montagne deviennent communément plus beaux, plus fiers et plus gras que tous ceux qui sont élevés dans les écuries®.
Ceux de Norwége ne sont guère plus grands, mais bien proportionnés dans leur petite taille ; ils sont jaunes pour la plupart , et ont une raie noire qui leur règne tout le long du dos; quelques-uns sont châtains, et il y en a aussi d’une couleur de gris de fer. Ces chevaux ont le pied extrêmement, sûr ; ils marchent avec précaution dans les sentiers des montagnes escarpées, et se laissent glisser en mettant sous le ventre les pieds de derrière lorsqu’ils descendent un terrain raide et uni. Ils se défendent contre l’ours^ et lorsqu’un étalon aperçoit cet animal vorace et qu’il se trouve avec des poulains ou des juments, il les fait rester derrière lui, va ensuite attaquer l’ennemi, qu’il frappe avec ses pieds de devant, et ordinairement il le fait périr sous ses coups. Mais si le cheval veut se défendre par des ruades, c’est-à-dire avec les pieds de derrière, il est perdu sans ressource, car l’ours lui saute d’abord sur le dos et le serre si fortement, qu’il vient à bout de l’étouffer et de le dévorer ^
Les chevaux de Nordlande ont tout au plus quatre pieds et demi de hauteur. A mesure qu’on avance vers le nord, les chevaux deviennent petits et faibles. Ceux de la Nordlande occidentale sont d’une forme singulière; ils ont la tète grosse, de gros yeux, de petites oreilles, le cou fort court, le poitrail large, le jarret étroit, le corps un peu long, mais gros, les reins courts entre queue et ventre, la partie supérieure de la jambe longue, l’inférieure courte, le bas de la jambe sans poil, la corne petite et dure, la queue, grosse, les crins fournis, les pieds petits, sûrs et jamais serrés; ils sont bons, rarement rétifs et fantasques, grimpant sur toutes les montagnes. Les pâturages sont si bons en Nordlande, que lorsqu’on amène de ces chevaux à Stockholm, ils y passent rarement une année sans dépérir ou maigrir et perdre leur vigueur. Au contraire, les chevaux qu’on amène en Nordlande des pays plus septentrionaux, quoique malades dans la première année, y reprennent leurs forces'.
L’excès du chaud et du froid semble être également contraire à la grandeur de ces animaux. Au Japon, les chevaux sont généralement petits; cependant il s’en trouve d’assez bonne taille, et ce sont probablement
a. Histoire générale des Voyages, t. XVIII, p. 19.
b. Essai d’une Histoire naturelle de la Norwége , par Poûtoppidan. Journal étranger, mois, de juin 1756.
c. Histoire générale des Voyages, t. XIX, p. 561.
ADDITIONS
ceux qui viennent des pays de montagnes, et il en est à peu près de même à la Chine. Cependant on assure que ceux du Tonquin sont d’une taille belle et nerveuse, qu’ils sont bons à la main, et de si bonne nature qu’on peut les dresser aisément et les rendre propres à toutes sortes de marches
Ce qu’il y a de certain, c’est que les chevaux qui sont originaires des pays secs et chauds dégénèrent, et même ne peuvent vivre dans les climats et les terrains trop humides, quelque chauds qu’ils soient; au lieu qu’ils sont très-bons dans tous les pays de montagnes, depuis le climat de l’Arabie jusqu’en Danemark et en Tartarie, dans notre continent, et depuis la Nouvelle-Espagne jusqu’aux terres Magellaniques dans le nouveau continent: ce n’est donc ni le chaud, ni le froid, mais l’humidité seule qui leur est contraire.
On sait que l’espèce du cheval n’existait pas dans ce nouveau continent, lorsqu’on en a fait la découverte, et l’on peut s’étonner avec raison de leur prompte et prodigieuse multiplication, car en moins de deux cents ans le petit nombre de chevaux qu’on y a transportés d’Europe s’est si fort multiplié, et particulièrement au Chili, qu’ils y sont à très-bas prix. Frézier dit que cette prodigieuse multiplication est d’autant plus étonnante que les Indiens mangent beaucoup de chevaux et qu’ils les ménagent si peu pour le service et le travail qu’il en meurt un très-grand nombre par excès de fatigue*. Les chevaux que les Européens ont transportés dans les parties les plus orientales de notre continent, comme aux îles Philippines, y ont aussi prodigieusement multipliée
En Ukraine** et chez les Cosaques du Don, les chevaux vivent errants dans les campagnes. Dans le grand espace de terre compris entre le Don et le Niéper, espace très-mal peuplé, les chevaux sont en troupes de trois, quatre ou cinq cents, toujours sans abri, même dans la saison où la terre est couverte de neige ; ils détournent cette neige avec le pied de devant pour chercher et manger l’herbe qu’elle recouvre. Deux ou trois hommes à cheval ont le soin de conduire ces troupes de chevaux, ou plutôt de les garder, car on les laisse errer dans la campagne, et ce n’est que dans les temps des hivers les plus rudes qu’on cherche à les loger pour quelques jours dans les villages, qui sont fort éloignés les uns des autres dans ce pays. On a fait sur ces troupes de chevaux, abandonnés pourainsi dire à eux-mêmes, quel-
a. Histoire de Tonquin, par le P. de Rhodes, jésuite, p. 51 et suiv.
b. Voyage de Frézier dans la mer du Sud, etc., p. 67 iii-4«. Paris, 1732.
c. Voyage de Gemelli Careri, t. V, p. 162.
d. Dans l’Ukraine il y a des chevaux qui vont par troupes de cinquante ou soixante, ils ne sont pas capables de service, mais ils sont bons à manger; leur chair est agréable a voir et plus tendre que celle du veau, et le peuple la mange avec du poivre. Les vieux chevaux, n’étant point faits pour être dressés, sont engraissés pour la boucherie, où on les vend chez les Tartares au prix du bœuf et du mouton. Description de l’Ukraine, par Beauplan.
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ques observations qui semblent prouver que les hommes ne sont pas les seuls qui vivent en société et qui obéissent de concert au commandement de quelqu’un d’entre eux. Chacune de ces troupes de chevaux a un chevalchef qui la commande, qui la guide, qui la tourne et range quand il faut marcher ou s’arrêter; ce chef commande aussi l’ordre et les mouvements nécessaires lorsque la troupe est attaquée par les voleurs ou par les loups. Ce chef est très-vigilant et toujours alerte; il fait souvent le tour de sa troupe, et si quelqu’un de ses chevaux sort du rang ou reste en arrière, il court à lui, le frappe d’un coup d’épaule et lui fait prendre sa place. Ces animaux, sans être montés ni conduits par les hommes, marchent en ordre à peu près comme notre cavalerie. Quoiqu’ils soient en pleine liberté, ils paissent en files et par brigades, et forment différentes compagnies sans se séparer ni se mêler. Au reste, le cheval-chef occupe ce poste, encore plus fatigant qu’important, pendant quatre ou cinq ans, et lorsqu’il commence à devenir moins fort et moins actif, un autre cheval ambitieux de commander, et qui s’en sent la force, sort de la troupe, attaque le vieux chef, qui garde son commandement s’il n’est pas vaincu, mais qui rentre avec honte dans le gros de la troupe s’il a été battu, et le cheval victorieux se met à la tête de tous les autres et s’en fait obéir ®.
En Finlande, au mois de mai, lorsque les neiges sont fondues, les chevaux partent de chez leurs maîtres et s’en vont dans de certains cantons des forêts, où il semble qu’ils se soient donné le rendez-vous. Là ils forment des troupes différentes, qui ne se mêlent ni ne se séparent jamais; chaque troupe prend un canton différent de la forêt pour sa pâture; ils s’en tiennent à un certain territoire et n’entreprennenf point sur celui des autres. Quand la pâture leur manque, ils décampent et vont s’établir dans d’autres pâturages avec le même ordre. La police de leur société est si bien réglée et leurs marches sont si uniformes, que leurs maîtres savent toujours où les trouver lorsqu’ils ont besoin d’eux, et ces animaux, après avoir fait leur service, retournent d’eux-mêmes vers leurs compagnons dans les bois. Au mois de septembre, lorsque la saison devient mauvaise, ils quittent les forêts, s’en reviennent par troupes et se rendent chacun à leur écurie.
Ces chevaux sont petits, mais bons et vifs, sans être vicieux. Quoiqu’ils soient généralement assez dociles, il y en a cependant quelques-uns qui se défendent lorsqu’on les prend ou qu’on veut les attacher au’^ voitures; ils se portent à merveille et sont gras quand ils reviennent la forêt, mais l’exercice presque continuel qu’on leur fait faire l’hiver et le peu de nourriture qu’on leur donne leur font bientôt perdre cet embonpoint. Ils se roulent sur la neige comme les autres chevaux se roulent sur l’herbe; ils pas-
a. Extrait d’un mémoire fourni à M. de Buffoii par M. Sancliez, ancien premier médecin des armées de Russie.
ADDITIONS
sent indifféremment les nuits dans la cour comme dans l’écurie, lors même qu’il lait un froid très-violent''.
Ces chevaux, qui vivent en troupes et souvent éloignés de l’empire de l’homme, font la nuance entre les chevaux domestiques et les chevaux sauvages. Il s’en trouve de ces derniers à l’île de Sainte-Hélène, qui, après y avoir été transportés, sont devenus si sauvages et si farouches qu’ils se jetteraient du haut des rochers dans la mer plutôt que de se laisser prendre**. Aux environs de Nippes il s’en trouve qui ne sont pas plus grands que des ânes, mais plus ronds, plus ramassés et bien proportionnés : ils sont vifs et infatigables, d’une force et d’une ressource fort au-dessus de ce qu’on en devrait attendre. A Saint-Domingue on n’en voit point de la grandeur des chevaux de carrosse, mais ils sont d’une taille moyenne et bien prise. On en prend quantité avec des pièges et des nœuds coulants. La plupart de ces chevaux, ainsi pris, sont ombrageux". On en trouve aussi dans la Virginie, qui, quoique sortis de cavales privées, sont devenus si farouches dans les bois qu’il est difficile de les aborder, et ils appartiennent à celui qui peut les prendre -, ils sont ordinairement si revêches qu’il est très-difficile de les dompter <*. Dans la Tartarie, surtout dans le pays entre Urgentz et la mer Caspienne, on se sert pour chasser les chevaux sauvages, qui y sont communs, d’oiseaux de proie dressés pour cette chasse; on les accoutume à prendre l’animal par la tête et par le cou, tandis qu’il se fatigue sans pouvoir faire lâcher prise à l’oiseau®. Les chevaux sauvages du pays des Tarlares Mongoux et Kakas ne sont pas différents de ceux qui sont privés; on les trouve en plus grand nombre du côté de l’ouest, quoiqu’il en paraisse aussi quelquefois dans le pays des Kakas qui borde le Harni. Ces chevaux sauvages sont si légers, qu’ils se dérobent aux llèchesmême des plus habiles chasseurs. Ils marchent en troupes nombreuses, et lorsqu’ils rencontrent des chevaux privés ils les environnent et les forcent à prendre la fuite L On trouve encore au Congo des chevaux sauvages en assez bon nombre On en voit quelquefois aussi aux environs du cap de Bonne-Espérance; mais on ne les prend pas, parce qu’on préfère les chevaux qu’on y amène de l'erse
J’ai dit à l’article du cheval que, par toutes les observations tirées des haras, le mâle paraît influer beaucoup plus que la femelle sur la progéniture, et ensuite je donne quelques raisons qui pourraient faire douter de la
a. Journal d’un voyage au Nord, par M. Outhier, ea 1736 et 1737. Amsterdam, 1746.
b. Mémoires pour servir à l’histoire des Indes orientales, p. 199.
c. Nouveau voyage aux îles de l’Amérique , t. V, p. 192 et srdv. Paris, 1722.
d. Histoire de la Virginie. Orléans , page 406.
e. Histoire générale des voyages, t. Vll, page 156.
f. Ibidem, t. VI, page 602.
g. Il Genio vagante del conte Aurelio degli Anzi. In Parma, t. II , p. 475.
h. Description du Cap , par Kolbe , t. III, p. 20.
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vérité générale de ce fait, et qui pourraient en même temps laisser croire que le mâle et la femelle influent également sur leur production Maintenant je suis assuré depuis, par un très-grand nombre d’observations, que non-seulement dans les chevaux, mais même dans l’homme et dans toutes les autres espèces d’animaux, le mâle influe beaucoup plus que la femelle sur la forme extérieure du produit, et que le mâle est le principal type des races dans chaque espèce.
J’ai dit que, dans l’ordonnance commune de la nature, ce ne sont pas les mâles mais les femelles qui constituent l’unité de l’espèce; mais cela n’empêche pas que le mâle ne soit le vrai type de chaque espèce, et ce que j’ai dit de l’unité doit s’entendre seulement de la plus grande facilité qu’a la femelle de représenter toujours son espèce, quoiqu’elle se prête à différents niâtes. Nous avons discuté ce point avec grande attention dans l’article du mulet, et nous y reviendrons dans l’article du serin; en sorte que, quoique la femelle paraisse influer plus que le mâle sur le spécifique de l’espèce, ce n’est jamais pour la perfectionner, le mâle seul étant capable de la maintenir pure et de la rendre plus parfaite.
LE CHEVAL [suite).
Sur ce que j’ai dit, d’après quelques voyageurs®, qu’il y avait des chevaux sauvages à l’île de Sainte-Hélène, M. Forster m’a écrit qu’il y avait tout lieu de douter de ce fait. « J’ai, dit-il, parcouru cette île d’un bout à « l’autre sans y avoir rencontré de chevaux sauvages, et l’on m’a même « assuré qu’on n’en avait jamais entendu parler; et, à l’égard des chevaux « domestiques et nés dans l’île, je fus informé qu’on n’en élevait qu’un « petit nombre pour la monture des personnes d’un certain rang; et même « plutôt que de les propager dans l’île même, on fait venir la plupart des « chevaux dont on a besoin des terres du cap de Bonne-Espérance, où ils « sont en grand nombre, et où on les achète à un prix modéré. Les habi- « tants de l’île prétendent que, sîl’on en nourrissait un plus grand nombre, « cela serait préjudiciable à la pâture des bœufs et des vaches, dont la « compagnie des Indes tâche d’encourager la propagation; et comme il y « en a déjà deux mille six cents, et qu’on veut en augmenter le nombre « jusqu’à trois mille, il n’est pas probable qu’on y laissât vivre des che- « vaux sauvages, d’autant que l’île n’a que trois lieues de diamètre, et « qu’on les aurait au moins reconnus s’ils y eussent existé. H y a enccr.: « un petit nombre de chèvres sauvages qui diminue tous les jours, car les « soldats de la garnison les tuent dès qu’elles se présentent sur les rebords
a. Voyez les Mémoires pour servir à l’histoire des Indes orientales, page 199.