Voyez la note de la page 387 du II® volume
ADDITIONS
« OU bancs des montagnes qui entourent la vallée où se trouve le fort de « James : à plus forte raison tueraient-ils de même les chevaux sauvages s’il « y en avait. »
« A l’égard des chevaux sauvages qui se trouvent dans toute l’étendue « du milieu de l’Asie, depuis le Volga jusqu’à la mer du Japon, ils parais- « sent être, dit M. Forster, les rejetons des chevaux communs qui sont « devenus sauvages. Les Tartares, habitants de tous ces pays, sont des « pâtres qui vivent du produit de leurs troupeaux, lesquels consistent prin- « cipalement en chevaux , quoiqu’ils possèdent aussi des bœufs, des droc( madaires et des brebis. Il y a des Kalmouks ou des Kirghizes qui ont des « troupes de mille chevaux qui sont toujours au désert pour y chercher « leur nourriture. Il est impossible de garder ces nombreux troupeaux « assez soigneusement pour que de temps en temps il ne se perde pas « quelques chevaux qui deviennent sauvages et qui, dans cet état même de « liberté, ne laissent pas de s’attrouper; on peut en donner un exemple « récent. Dans l’expédition du czar Pierre P’' contre la ville d’Azoph , on « avait envoyé les chevaux de l’armée au pâturage, mais on ne put jamais « venir à bout de les rattraper tous; ces chevaux devinrent sauvages avec « le temps, et ils occupent actuellement le step (désert) qui est entre le « Don, l’Ukraine et la Crimée : le nom tartare que l’on donne à ces che- « vaux en Russie et en Sibérie est tarpan. Il y a de ces tarpans dans les c( terres de l’Asie, qui s’étendent depuis le 50“ degré jusqu’au 30® de lati- « tilde. Les nations tartares, les Mongoux et les Mantchoux, aussi bien « que les Cosaques du Jaïk , les tuent à la chasse pour en manger la chair. c( On a observé que ces chevaux sauvages marchent toujours en compagnie « de quinze ou vingt, et rarement en troupes plus nombreuses; on ren- « contre seulement quelquefois un cheval tout seul, mais ce sont ordinaireci ment de jeunes chevaux mâles que le chef de la troupe force d’abandonner (( sa compagnie lorsqu’ils sont parvenus à l’âge où ils peuvent lui donner (( ombrage : le jeune cheval relégué tâche de trouver et de séparer quel- « ques jeunes juments des troupeaux voisins, sauvages ou domestiques, et <( de les emmener avec lui, et il devient ainsi le chef d’une nouvelle troupe (( sauvage. Toutes ces troupes de tarpans vivent communément dans les cc déserts arrosés de ruisseaux et fertiles en herbages; pendant l’hiver, ils « cherchent et prennent leur pâture sur les sommets des montagnes dont « les vents ont emporté la neige; ils ont l’odorat très-fin, et sentent un « homme de plus d’une demi-lieue; on les chasse et on les prend en les (( entourant et les enveloppant avec des cordes enlacées. Ils ont une force c< surprenante, et ne peuvent être domptés lorsqu’ils ont un certain âge, et « même les poulains ne s’apprivoisent que jusqu’à un certain point, car ils « ne perdent pas entièrement leur férocité , et retiennent toujours une « nature revêche.
LE CHEVAL
« Ces chevaux sauvages sont, comme les chevaux domestiques, de coûte leurs très-différentes : on a seulement observé que le brun , l’isabelle et « le gris-de-souris sont les poils les plus communs ; il n’y a parmi eux « aucun cheval pie, et les noirs sont aussi extrêmement rares. Tous sont de « petite taille, mais la tête est à proportion plus grande que dans les che- « vaux domestiques : leur poil est bien fourni, jamais ras, et quelquefois « même il est long et ondoyant; ils ont aussi les oreilles plus longues, plus (( pointues, et quelquefois rabattues de côté. Le front est arqué, et le museau « garni de longs poils ; la crinière est aussi très-touffue, et descend au delà « du garrot : ils ont les jambes très-hautes, et leur queue ne descend jamais « au delà de l’inflexion des jambes de derrière ; leurs yeux sont vifs et pleins «defeu. »
DE l’ANE*, du zèbre** ET DU CZIGITIIAI ***
L’âne domestique ou sauvage s’est trouvé dans presque tous les climats chauds et tempérés de l’ancien continent, et n’existait pas dans le nouveau lorsqu’on en fit la découverte. Mais maintenant l’espèce y subsiste avec fruit, et s’est même fort multipliée depuis plus de deux siècles qu’elle y a été transportée d’Europe, en sorte qu’elle est aujourd’hui répandue à peu près également dans les quatre parties du monde. Au contraire, le zèbre, qui nous est venu du cap de Bonne-Espérance, semble être une espèce confinée dans les terres méridionales de l’Afrique, et surtout dans celles de la pointe de cette grande presqu’île, quoique Lopez dise qu’on trouve le zèbre plus souvent en Barbarie qu’à Congo, et que Dapper rapporte qu’on en rencontre des troupes dans les forêts d’Angola.
Ce bel animal qui, tant par la variété de ses couleurs que par l’élégance de sa figure, est si supérieur à l’âne, parait néanmoins lui tenir d’assez près pour l’espèce, puisque la plupart des voyageurs lui ont donné le nom d'âne rayé, parce qu’ils ont été frappés de la ressemblance de sa taille et de sa forme, qui semble au premier coup d’œil avoir plus de rapport avec l’âne qu’avec le cheval. Car ce n’est pas avec les petits ânes communs qu’ils ont fait la comparaison du zèbre, mais avec les plus grands et les plus beaux de l’espèce. Cependant je serais porté à croire que le zèbre tient de plus près au cheval qu’à l’âne, car il est d’une figure si élégante que, quoiqu’il soit en général plus petit que le cheval, il n’en est pas moins voisin de cette espèce à plusieurs égards; et ce qui paraît confirmer mon opinion,
* Voyez la nomenclature de la page 411 du II® Yolume.
** Voyez la nomenclature de la page 302 du III® volume.
*** Equus hemionus (Pall.). — Le dzigguelai ou hémione (Cuv.).