DU CZIGITIIAI, DE L’ONAGRE ET DU ZÈBRE. S
« noirâtre qui s’élargit sur le train de derrière et se rétrécit vers la queue. « En hiver, leur poil devient fort long et ondoyé, mais en été il est ras et « poli. Ces animaux portent la tête haute et présentent en courant le nez au c( vent. Les Tunguses et d’autres nations voisines du grand désert regar- « dent leur chair comme une viande délicieuse.
« Outre les tarpans ou chevaux sauvages , et les czigithais ou mulets « féconds de Daourie, on trouve dans les grands déserts au delà du Jaïk, « du Yemba, du Sarason, et dans le voisinage du lac Aral, une troisième «espèce d’animal, que les Kirghises et les Kalmouks appellent koulan ou « khoulan, qui paraît être Vonager ou V onagre^ des auteurs, et qui semble « faire une nuance entre le czigithai et l’àne. Les koulans vivent en été dans « les grands déserts dont nous venons de parler, et vers les montagnes du « Tamanda , et ils se retirent à l’approche de l’hiver vers les contins de la « Perse et des Indes. Ils courent avec une vitesse incroyable; on n’a jamais « pu venir à bout d’en dompter un seul, et il y en a des troupeaux de plu- « sieurs mille ensemble. Ils sont plus grands que les tarpans, mais moins «que les czigithais. Leur poil est d’un beau gris, quelquefois avec une « nuance légèrement bleuâtre, et d’autres fois avec un mélange de fauve; « ils portent le long du dos une bande noire, et une autre bande de même « couleur traverse le garrot et descend sur les épaules : leur queue est « parfaitement semblable à celle de l’âne, mais les oreilles sont moins « grandes et moins amples.
« A l’égard des zèbres, j’ai eu occasion de les bien examiner dans mes « séjours au cap de Bonne-Espérance, et j’ai reconnu dans cette espèce une « variété qui diffère du zèbre ordinaire en ce qu’au lieu de bandes ou raies « brunes et noires, dont le fond de son poil blanc est rayé, celui-ci, au « contraire, est d’un brun roussâtre, avec très-peu de bandes larges et « d’une teinte faible et blanchâtre; on a même peine à reconnaître et dis- « tinguer ces bandes blanchâtres dans quelques individus qui ont une cou- « leur uniforme de brun roussâtre, et dont les bandes ne sont que des « nuances peu distinctes d’une teinte un peu plus pâle; ils ont, comme les « autres zèbres, le bout du museau et les pieds blanchâtres, et ils leur res- « semblent en tout, à l’exception des belles raies de la robe. On serait donc « fondé à prononcer que ce n’est qu’une variété dans cette espèce du zèbre; « cependant ils semblent différer de ce dernier par le naturel, ils sont plus « doux et plus obéissants; car on n’a pas d’exemple qu’on ait jamais pu « apprivoiser assez le zèbre rayé pour l’atteler à une voiture, tandis que ces « zèbres à poil uniforme et brun sont moins revêches et s’accoutument « aisément à la domesticité. J’en ai vu un dans les campagnes du Cap qui « était attelé avec des chevaux à une voiture, et on m’assura qu’on élevait