Voyez la note 4 de la page
« un assez grand nombre de ces animaux pour s’en servir à l’attelage, « parce qu’on a trouvé qu’ils sont à proportion plus forts qu’un cheval de « même taille. »
J’ai dit, page 510, qu’on avait fait des attelages de zèbres pour le prince Stathouder : ce fait, qui m’avait été assuré par plus d’une personne, n’est cependant pas vrai. M. Allamand, que j’ai eu si souvent occasion de citer avec reconnaissance et avec des éloges bien mérités , m’a fait savoir que j’avais été mal informé sur ce fait; le prince Stathouder n’a eu qu’un seul zèbre; mais M. Allamand ajoute dans sa lettre, au sujet de ces animaux, un fait aussi singulier qu’intéressant. Milord Clive, dit-il, en revenant de l’Inde, a amené avec lui une femelle zèbre dont on lui avait fait présent au cap de Bonne -Espérance; après l’avoir gardée quelque temps dans son parc en Angleterre, il lui donna un âne pour essayer s’il n’y aurait point d’accouplement entre ces animaux; mais cette femelle zèbre ne voulut point s’en laisser approcher. Milord s’avisa de faire peindre cet âne comme un zèbre : la femelle, dit-il, en fut dupe, l’accouplement se fit, et il en est né un poulain parfaitement semblable à sa mère, et qui peutêtre vit encore. La chose a été rapportée à M. Allamand par le général Carnat, ami particulier de milord Clive, et lui a été confirmée par milord Clive fils“. Milord Pitt a eu aussi la bonté de m’en écrire dans les termes suivants : « Feu milord Clive avait une très-belle femelle de zèbre que j’ai « vue à Clennom, l’une de ses maisons de campagne, avec un poulain mâle « {foal) provenant d’elle, qui n’avait pas encore un an d’âge, et qui avait « été produit par le stratagème ‘ suivant. Lorsque la femelle zèbre fut en (( chaleur on essaya plusieurs fois de lui présenter un âne qu’elle refusa « constamment d’admettre; milord Clive pensa qu’en faisant peindre cet « âne, qui était de couleur ordinaire, et en imitant les couleurs du zèbre « mâle, on pourrait tromper la femelle, ce qui réussit si bien qu’elle pro- « duisit le poulain dont on vient de parler.
« J’ai été dernièrement, c’est-à-dire cet été 1778, à Clennom pour m’in- <( former de ce qu’étaient devenus la femelle zèbre et son poulain, et on « m’a dit que ta mère était morte et que le poulain avait été envoyé à une « terre assez éloignée de milord Clive, où l’on a souvent essayé de le faire « accoupler avec des ânesses, mais qu’il n’en est jamais rien résulté. »
Je ferai cependant sur ces faits une légère observation, c’est que j’ai de la peine à croire que la femelle zèbre ait reçu l’âne uniquement à cause de son bel habit, et qu’il y a toute apparence qu’on le lui a présenté dans un moment où elle était en meilleure disposition que les autres fois; il faudrait d’ailleurs un grand nombre d’expériences, tant avec le cheval qu’avec l’âne,
a. Lettre écrite par M. Allamand à M. Daubenton, datée à Leyde , le 21 mars 1777.
1. On n’a pas eu besoin de ce stratagème dans notre ménagerie. (Voyez la note 1 de la page 303 du Ill« volume.)