Le pithèque est le magot. (Voyez la note 4 de la page
4. Le pithèque et le cynocéphale de Buffon ne sont que le magot. — « Le pithèque de Buffon
n’était qu’un jeune magot Son petit cynocéphale est aussi de cette espèce. » (Cuvier.)
NOMENCLATURE DES SINGES
OU aux babouins , mais qui ont de longues queues, c’est-à-dire des queues aussi longues ou plus longues que le corps. Le mot guenon a eu, dans ces derniers siècles, deux acceptions différentes de celle que nous lui donnons ici J l’on a employé ce mot guenon généralement pour désigner les singes de petite taille®, et en même temps on l’a employé particulièrement pour nommer la femelle du singe; mais plus anciennement nous appelions singes ou magots les singes sans queue, et guenons ou mones ceux qui avaient une longue queue : je pourrais le prouver par quelques passages de nos voyageurs ’’ des xvu et XVII® siècles. Le mot même de guenon ne s’éloigne pas, et peut-être a été dérivé de kébosou képos, nom que les Grecs donnaient aux singes à longue queue. Ces kébes ou guenons sont plus petites et moins fortes que les babouins et les singes; elles sont aisées à distinguer des uns et des autres par cette différence, et surtout par leur longue queue. On peut aussi les séparer aisément des makis , parce qu’elles n’ont pas le museau pointu, et qu’au lieu de six dents incisives qu’ont les makis *, elles n’en ont que quatre comme les singes et les babouins. Nous en connaissons neuf espèces , que nous indiquerons chacune par un nom différent , afin d’éviter toute confusion. Ces neuf espèces '^ de guenons sont : l°les macaques ; 2° les patas; 3“ les malbrouks; 4® les mangabeys; 5® lamone; 6® le callitriche; 7® le moustac; 8® le talapoin; 9® le doue. Les anciens Grecs ne connaissaient que deux de ces guenons, la mono et le caliitriche, qui sont originaires de l’Arabie et des parties septentrionales de l’Afrique ; ils n’avaient aucune notion des autres, parce qu’elles ne se trouvent que dans les provinces méridionales de l’Afrique et des Indes orientales, pays entièrement inconnus dans le temps d’Aristote. Ce grand philosophe , et les Grecs en général , étaient si attentifs à ne pas confondre les êtres par des noms communs et dès lors équivoques, qu’ayant appelé pithecos le singe sans queue, ils ont nommé kébos la guenon ou singe à longue queue; comme ils avaient reconnu que ces animaux étaient d’espèces différentes et même
а. Les différences des singes se prennent, en fiançais, principalement de leur grandeur; car les grands sont simplement appelés singes, soit qu’ils aient une queue ou qu’ils n’en aient point, ou soit qu’ils aient le museau long comme un chien ou qu’ils l’aient court; et les singes jui sont petits sont appelés guenons. Mémoires pour servir à l’Histoire des animaux, page 120.
б. Il y a au Sénégal plusieurs espèces de singes, comme des guenons, avec une longue
queue, et des magots qui n’en ont pas. Voyage de Le Èlaire, p. 101. — Dans les montagnes de l’Amérique méridionale, il se trouve une espèce de mones que les Sauvages appellent cacuyen, de même grandeur que les communes , sans autre différence , sinon qu’elle porte barbe au menton Avec ces mones se trouvent force petites bêtes jaunes, nommées sagouins. Singu-
larités de la France antarctique , par Thevet, p. 103.