Je u’ai pas besoin d’ajouter qu’en effetle musc rumine
’ Moschus javanicus (Cuv.). Le chevrotain de Java.
Voyez la nomenclature de la page 319 du IIP volume.
2. Le memina ou clievrotain de Ceylan et le chevrotain de Java sont deux espèces distinctes.
3. Planche xviii du IIP volume des Suppléments de l’édition in-4® de l’Imprimerie royale.
DU RENNE
dont l’un mourut en chemin, et le second ne vécut que très-peu de temps après son arrivée en France. La femelle a résisté plus longtemps; elle était de la grandeur d’une biche, mais moins haute de jambes et plus épaisse de corps; elle portait un bois comme les mâles, divisé de même par andouillers, dont les uns pointaient en devant et les autres en arrière ; mais ce bois était plus court que celui des mâles. Voici la description détaillée de cet animal, telle que M. de Sève me l’a donnée.
« La hauteur du train de devant est de deux pieds onze pouces, et celle « du train de derrière de deux pieds onze pouces neuf lignes. Son poil est « épais et uni comme celui du cerf; les plus courts sur le corps ont au moins « quinze lignes de longueur. Il est plus long sous le ventre, fort court sur « les jambes, et très-long sur le boulet jusqu’aux ergots. La couleur du poil « qui couvre le corps est d’un brun roussâtre, plus ou moins foncé dans « différents endroits du corps, et mélangé ou jaspé plus ou moins d’un blanc «jaunâtre; sur une partie du dos, les cuisses, le dessus de la tête et le « chanfrein, le poil est plus foncé, surtout au-dessus du larmier, que le « renne a comme le cerf. Le tour de l’œil est noir. Le museau est d’un brun « foncé et le tour des naseaux noir ; le bout du museau jusqu’aux naseaux « est d’un blanc vif, ainsi que le bout de la mâchoire inférieure. L’oreille « est couverte en dessus d’un poil épais, blanc, tirant sur le fauve, mêlé « de poil brun; le dedans de l’oreille est garni de grands poils blancs. Le « cou et la partie supérieure du corps sont d’un blanc jaunâtre ou fauve « très-clair, ainsi que les grands poils qui lui pendent sur la poitrine au bas « du cou. Le dessous du ventre est blanc. Sur les côtés au-dessus du ventre, « est une bande large et brune comme à la gazelle. Les jambes sont fort « menues pour le corps ; elles sont, ainsi que les cuisses, d’un brun foncé, « et d’un blanc sale en dedans , de même que l’extrémité du poil qui « couvre les sabots. Les pieds sont fendus comme ceux du cerf. Les deux « ergots de devant sont larges et minces ; les deux petits de derrière sont « longs, assez minces et plats en dedans; ces quatre ergots sont très- « noirs. »
Au reste, il ne faut pas juger par la figure que nous avons donnée du renne de l’étendue en longueur et en grosseur de son bois. Il y a de ces bois qui s’étendent en arrière depuis la tête de l’animal jusqu’à sa croupe et qui pointent en avant par de grands andouillers de plus d’un pied de longueur. Les grandes cornes ou bois fossiles que l’on a trouvés dans plusieurs endroits, et notamment en Irlande, paraissent avoir appartenu à l’espèce du renne*. J’ai été informé par M. Collinson qu’il avait vu de ces grands bois fossiles qui avaient dix pieds d’intervalle entre leurs extrémités, avec des
1. Ou plutôt à celle de l’élan , comme Biiffon le dira plus loin {Addition à l’article de l’élan ). — 11 s’agit ici de l’élan fossile d’Irlande, ou, à parler plus exactement, du cerf à bois gigantesques t Guy. ). — ■ Voyez mes notes sur les Époques de la nature.
ADDITIONS
andoiiillers qui s’étendent en avant de la face de l’animal, comme dans le bois du renne
C’est donc à cette espèce, et non pas à celle de l’élan % que l’on doit rapporter les bois ou cornes fossiles de l’animal que les Anglais ont appelé moose-deer; mais il faut néanmoins convenir qu’actuellement il n’existe pas Jde rennes assez grands et assez puissants pour porter des bois aussi gros et aussi longs que ceux qu’on a trouvés sous terre en Irlande, ainsi que dans quelques autres endroits de l’Europe, et même dans l’Amérique septentrionale^.
Au reste, je ne connaissais qu’une seule espèce de renne, auquel j’ai rapporté le caribou d’Amérique et le daim de Groenland, dontM. Edwards a donné la figure et la description, et ce n’est que depuis peu d’années que j’ai été informé qu’il y en avait deux espèces, ou plutôt deux variétés, l’une beaucoup plus grande que l’autre. Le renne, dont nous donnons ici la description, est de la petite espèce et probablement la même que le daim de Groenland de M. Edwards.
Quelques voyageurs disent que le renne est le daim du Nord, qu’il est sauvage en Groenland, et que les plus forts n’y sont que de la grosseur d’une génisse de deux ans L
Pontoppidan assure que les rennes périssent dans tous les pays du monde, à l’exception de ceux du Nord, où il faut même qu’ils habitent les montagnes; mais il ajoute des choses moins croyables en disant que leur bois est mobile, de façon que l’animal peut le plier en avant ou en arrière, et qu’il a au-dessus des paupières une petite ouverture dans la peau par laquelle il voit un peu, quand une neige trop abondante l’empêche d’ouvrir les yeux. Ce dernier fait me paraît imaginé d’après l’usage des Lapons, qui se couvrent les yeux d’un morceau de bois fendu pour éviter le trop grand éclat de la neige, qui les rend aveugles en peu d’années lorsqu’ils n’ont pas l’attention de diminuer, par cette précaution, le reflet de cette lumière trop blanche qui fait grand mal aux yeux'*.
Une chose remarquable dans ces animaux, c’est le craquement qui se fait entendre dans tous leurs mouvements; il n’est pas même nécessaire pour cela que leurs jambes soient en mouvement. Il suffit de leur causer quelque surprise ou quelque crainte en les touchant, pour que ce craquement se fasse entendre. On assure que la même chose arrive à l’élan, mais nous n’avons pas été à portée de le vérifier.
a. Extrait d’une lettre de M. Collinson à M. de Buffon. Londres, 6 février 1765.
h. On trouve dans l’Amérique septentrionale des cornes qui ont dû appartenir à un animal d’une grandeur prodigieuse; on en trouve de pareilles, en Irlande. Ces cornes sont BrancLues, etc. Voyage de P. Kalm , t. II, p. 435.
c. Histoire générale des Voyages, t. XIX, p. 37.
d. Histoire naturelle de la Norwége, par Pontoppidan, Journal étranger, juin 1756.