DU CHEVREUIL. ' 5C
«grands bois; cependant on l’apprivoise aisément. Il ne fait qu’un petit « tous les ans “. »
Si l’on compare ce que l’on vient de lire avec ce que nous avons dit, volume III, à l’article àQ?, mazames , page 389, on verra que tous ces prétendus cerfs ou biches de M. de la Borde ne sont que des chevreuils dont les variétés sont plus nombreuses dans le nouveau continent que dans l’ancien.
DU CHEVREUIL {sUlte).
Je n’ai parlé, dans l’histoire naturelle du chevreuil, que de deux races, l’une fauve ou plutôt rousse, plus grande que la seconde, dont le pelage est d’un brun plus ou moins foncé; mais M. le comte de Mellin m’a donné connaissance d’une troisième race, dont le pelage est absolument noir.
« En parlant du pelage du chevreuil, m’écrit cet illustre observateur, vous « ne nommez pas V exactement noir, qwoiqae vous fassiez mention d’un che- « vrillard tout blanc ‘. Cela me fait croire qu'une variété constante de clie- « vreuils tout noirs \ous est peut-être inconnue ; elle subsiste cependant dans « un très-petit canton de l’Allemagne, et nulle part ailleurs. C’est dans une «forêt, nommée la Lucie, du comté de Dannenberg, appartenant au roi « d’Angleterre, comme duc de Lunebourg, que ces chevreuils se trouvent. « Je me suis adressé au grand maître des forêts de Dannenberg pour avoir « de ces chevreuils dans mon parc, et voici ce qu’il me répond : « Les che- « vreuils noirs sont absolument de la même grandeur et ont les mêmes « qualités que les fauves ou les bruns ; cependant c’est une variété qui est « constante, et je crois que c’est le chevreuil et non la chevrette qui donne « la couleur au faon (j’ai fait la même observation sur le daim), car j’en « ai vu de noirs qui avaient des faons fauves. J’ai observé qu’en 1781 une « chevrette noire avait deux faons, l’un fauve et l’autre noir; une che- « vrette fauve avait deux faons noirs ; une autre chevrette fauve avait un « faon noir, et deux chevrettes noires, en revanche, deux faons fauves. Il « y en a qui ne sont que noirâtres, mais la plupart sont noirs comme du « charbon. Entre autres il y a un chevreuil, le plus beau de son espèce, « qui a le pelage noir comme de l’encre de la Chine, et le bois de couleur « jaune. Au reste, j’ai fait bien des tentatives pour en élever, mais inutile- « ment ; ils sont tous morts, au lieu que les faons fauves qu’on m’a apportés « ont été élevés heureusement. Je conclus de là que le chevreuil noir a le
« tempérament plus délicat que les fauves » Quelle peut être la cause
«d’une variété si constante, et cependant si peu répandue?»
a. Extrait des observations manuscrites de M. de la Borde, médecin du Roi à Cayenne.