‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 326 sur 392 · Voyez la note de la page 220 du III® volume · texte numérisé non relu

Voyez la note de la page 220 du III® volume

DE LA GIRAFE

« qu’une corne qu’on m’adonnée, depuis quelques jours, pour une corne « de girafe, et qui m’a été envoyée sous ce nom, en fût véritablement une; (( elle est droite, longue d’un demi-pied et assez pointue; on y voit encore « quelques vestiges de la peau dont elle a été recouverte, et elle ne ditfère « du bois d’un cerf que par la forme. Si ces observations ne vous suffisent « pas, je vous enverrai avec plaisir ces deux cornes, pour que vous puissiez « les examiner avec M. de Bulfon. Je dois encore remarquer par rapport à « cet animal, que je crois qu’on a exagéré en parlant de la différence qu’il « y a entre la longueur de ses jambes de devant et celles de derrière; cette « différence est assez peu sensible dans la jeune girafe que j’ai. »

C’est d’après ces cornes, envoyées par M. Allamand, que nous en avons donné la figure.

Mais indépendamment de ces deux cornes ou bois qui se trouvent sur la tète de la femelle girafe aussi bien que sur celle du mâle, il y a au milieu de la tête, presque à distance égale entre les narines et les yeux, une excroissance remarquable qui paraît être un os couvert d’une peau molle, garnie d’un poil doux : ce tubercule osseux ‘ a plus de trois pouces de longueur et est fort incliné vers le front, c’est-à-dire qu’il fait un angle trèsaigu avec l’os du nez. Les couleurs de la robe de cet animal sont d’un fauve clair et brillant, et les taches en général sont de figure rhomboïdale.

Il est maintenant assez probable, par l’inspection de ces cornes solides et d’une substance semblable aux bois des cerfs, que la girafe pourrait être mise dans le genre des cerfs, et cela ne serait pas douteux si l’on était assuré que son bois tombe tous les ans; mais il est bien décidé qu’on doit la séparer du genre des bœufs et des autres animaux dont les cornes sont creuses. En attendant, nous considérerons ce grand et bel animal comme faisant un genre particulier et unique, ce qui s’accorde très-bien avec les autres faits de la nature, qui, dans les grandes espèces, ne double pas ses productions; car l’éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, et peut-être la girafe, sont des animaux qui forment des genres particuliers ou des espèces uniques, qui n’ont point d’espèces collatérales ; c’est un privilège ^ qui ne paraît accordé qu’à la grandeur de ces animaux, qui surpasse de beaucoup celle de tous les autres.

Dans une lettre que j’ai reçue de Hollande, et dont je n’ai pu lire la signature, on m’a envoyé la description et les dimensions d’une girafe, que je vais rapporter ici :

« La girafe est l’animal le plus beau et le plus curieux que l’Afrique

1. « La girafe a pour caractère , dans les deux sexes, des cornes coniques , toujours recou- « vertes par une peau velue, et qui ne tombent jamais. Leur noyau osseux est articulé dans la « jeunesse par une suture sur le frontal. Au milieu du chanfrein est un tubercule ou une « troisième corne plus large et beaucoup plus courte... » (Cuvier.)

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