‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 329 sur 392 · DES GAZELLES ET DES ANTILOPES · texte numérisé non relu

DES GAZELLES ET DES ANTILOPES

Depuis l’année 1764 que j’ai publié le volume de Y Histoire naturelle , dans lequel j’ai traité des gazelles et des chèvres étrangères, quelques voyageurs naturalistes ont reconnu en Asie et en Afrique de nouvelles espèces dans le genre de ces animaux et ont donné des figures entières de quelques

Voyez la nomenclature de la page 334 du III« volume.

autres dont je n’avais pu donner que quelques parties détachées, comme les têtes, les cornes, etc. M. Pallas, docteur eu médecine de l’Université de Leyde, a publié à Amsterdam, eu 1767, un premier ouvrage sous le nom de Miscellcmea soologica, et peu de temps après il eu a donné une seconde édition corrigée et imprimée à Berlin dans la même année, sous le titre de Spicitcgia soologica. Nous avons lu ces deux ouvrages avec satisfaction: rauteur y montre partout autant de discernement que de connaissances, et nous donnerons l’extrait de ses observations.

D’autre part, MM. Forster père et fils, qui ont accompagné M. Cook dans son second voyage, ont eu la bonté de me communiquer les remarques et observations qu’ils ont faites sur les chèvres du cap de Bonne-Espérance, aussi bien que sur les lions marins, ours marins, etc., dont ils m’ont donné des figures très-bien dessinées. J’ai reçu toutes ces instructions avec reconnaissance, et l’on verra que ces savants naturalistes m’ont été d’un grand secours pour perfectionner l’histoire de ces animaux.

Enfin, M. Allamand, que je regarde comme l’un des plus savants naturalistes de l’Europe, ayant pris soin de l’édition, qui se fait en Hollande, de mes ouvrages, y a joint d’excellentes remarques et de très-bonnes descriptions de quelques animaux que je n’ai pas été à portée de voir. Je réunis ici toutes ces nouvelles connaissances qui m’ont été communiquées, et je les joins à celles que j’ai acquises par moi-même depuis l’année 1764 jusqu’en 1780.

M. Pallas impose aux gazelles et aux chèvres sauvages le nom générique A' antilopes et il dit que les zoologistes méthodistes ont eu tort de joindre

le genre des gazelles à celui des chèvres, et qu’il en est plus éloigné que du genre des brebis. La nature, selon lui, a placé le genre des gazelles entre celui des cerfs et celui des chèvres. Au reste, il convient avec moi, dans son second ouvrage, que les gazelles ne se trouvent ni en Europe ni eu Amérique, mais seulement en Asie, et surtout en Afrique, où les espèces en sont très-variées et fort nombreuses. Le chamois est, dit-il, le seul animal qu’on pourrait regarder comme une gazelle européenne, et le bouquetin semble faire la nuance entre les chèvres et certaines espèces de gazelles. L’animal du musc, ajoute-t-il, et les chevrotains ne doivent point être rangés avec les gazelles, mais peuvent aller ensemble, parce que les uns et les autres, dans les deux sexes, manquent de cornes, et ont de grandes dents ou défenses dans la mâchoire supérieure.

Ce que je rapporte ici d’après M. Pallas souffre quelques exceptions, car il y a une espèce de chevrolain dont le mâle a des cornes, et le chamois qu’il prétend être du genre des gazelles et non de celui des chèvres, s’unit

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