DE LA GAZELLE OU CHÈVRE SAUTANTE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE
Nous avons donné la figure de cet animal d’après un dessin qui m’a été communiqué par M. Forster, et qu’il a fait d’après nature vivante. Il me paraît qu’on doit le rapporter au genre des gazelles plutôt qu’à celui des chèvres, quoiqu’on l’ait appelé chèvre sautante. L’espèce de ces gazelles est si nombreuse dans les terres du Cap , où M. Forster les a vues, qu’elles arrivent quelquefois par milliers, surtout dans de certains temps de l’année où elles passent d’une contrée à l’autre. Il m’a assuré qu’ayant vu, pendant son séjour en Afrique, un grand nombre de gazelles de plusieurs espèces, il a reconnu que la forme et la direction des cornes n’est pas un caractère bien constant, et que dans la même espèce ou trouve des individus dont les cornes sont de ditférente grandeur et contournées différemment.
Au reste, il paraît que dans les terres du cap de Bonne-Espérance il se trouve deux espèces de ces gazelles ou chèvres sautantes, car on m’a donné un dessin que j’ai fait graver, dont l’animal porte le nom de Jdipspn'mjer, sauteur de rochers', et dont nous parlerons dans l’article suivant. En comparant sa figure avec celle de la chèvre sautante, on voit que ce sauteur de rochers a les cornes plus droites et moins longues, la queue beaucoup plus courte, le pelage plus gris, plus uniforme que la chèvre sautante; ces différences me paraissent plus que suffisantes pour en faire deux espèces distinctes.
Voici les observations que M. Forster a faites sur la première espèce de ces chèvres sautantes, qui jusqu’ici n’était pas bien connue.
« Les Hollandais du cap de Bonne-Espérance appellent, dit-il, ces ani-
* Antilope eitchore (Forster). — Le springbock ou gazelle à bourse (Cuv.). — « La.gazelle « à bourse se distingue par un repli de la peau de la croupe, garni de poils blancs, qui s’ouvre « et s’élargit à chaque saut qu’elle l’ait. » ( Cuvier. )
1. Le kltpspringer ou sauteur des rochers est une espèce distincte et propre, comme va le dire Bull'on.