Voyez les notes 1 et 2 de la page 360 du 111® volume
DU PASAN.
« accompagnée, toute mauvaise qu’elle est, représente sûrement un animal « dilFérent,
« Tous les autres auteurs qui ont parlé de la gazelle du bézoard sont peu « d’accord entre eux, quoiqu’ils lui donnent le même nom, pasan. Taver- « nier, qui en a eu six vivantes, se contente de dire que ce sont de très- « jolies chèvres, fort hautes, et qui ont un poil fin comme de la soie®. « Chardin assure que le bézoard se trouve, aux Indes, dans le corps des « boucs et des chèvres sauvages et domestiques, et, en Perse, dans le corps « des moutons \ Le P. Labat a donné une figure de l’animal qui porte le (( bézoard en Afrique'^; mais c’est la copie de celle qu’a donnée Pomet dans « son histoire des drogues, et qui est celle d’une chèvre avec des cornes « chargées de deux ou trois andouillers, c’est-à-dire, d’un animal fabu- « leux. Clusius, ou plutôt Garciaz, dit que le bézoard se trouve dans le « ventricule d’une sorte de bouc ^ dont il a fait représenter une corne ; « elle ne ressemble point à celle de notre pasan. La figure qu’Aldro- « vande a donnée de cet animal est celle de l’antilope et Klein a copié «ce qu’il en dit G L’auteur de l’Histoire naturelle qui se publie en hol- « landais a fait représenter l’algazelle s pour l’animal qui fournit le bé- « zoard.
« Que faut-il conclure de ces différentes descriptions et de plusieurs « autres qu’on pourrait y ajouter? c’est qu’on trouve des bézoards dans « diverses espèces de chèvres ou de gazelles, dont aucune n’est bien « connue; ainsi ce n’est pas sans raison que j’ai dit que l’animal que je « vais décrire a été inconnu jusqu’à présent, et qu’il était peut-être diffé- « rent du pasan de Kæmpfer. On en trouve cependant une figure passable, « quoique fautive à bien des égards, dans les Deliciæ mturce selectœ de «Knorr; mais cet auteur s’est sûrement trompé en le prenant pour la « chèvre bleue de Kolbe : il n’en a ni les cornes, ni la couleur, ni les « sabots.
« C’est encore à M. le docteur Klockner qu’on doit la connaissance de ce
« capræ domesticæ, ejusdemque barbatum caput obtinens; cornua fœminæ nullasunt, vel exi- « gua ; cormia longiora et liberaliàs extensa gerit, anrmlisqae distincta insigniorilms, quorum « numeri annos ætatis referunt; annum undecimum vel duodecimum rarô exhibere diciuitur, « adeoque ilium ætatis annum haud excedere : reliquum corpus a cervinà forma, colore et « agüitate nibil differt. Timidissimum et maxime fugitivum est, inbospita asperrimorum mon- « tium incolens, etexsolitudinemontanâincamposrarissimèdescendens. » Kœmpferi Amœnit Exot. 398.
a. Voyages de Tavernier, seconde partie, p. 389.
b. Voyage de Chardin, t. III, p. 19.
■ c. Nouvelle relation de l’Afrique occidentale, par le P. Labat, t. III , p. 79,
d. Clusii Exotica, p. 216.
e. Aldrovandus De quadrupedibus bisculcis, p. 756.
f. Jacobi Theodori Klein Quadrupedum dispositio, p. 19.
g. Natuurlyke historié of uitvoerige beschnjving der dieren , etc. Eerste deels, derde stuk, tab. XXIV, fig. 1.
« bel animal; il a eu occasion d’en acheter une peau bien complète qu’il « a préparée avec sa dextérité ordinaire. On lui a dit qu’elle avait été « envoyée du cap de Bonne-Espérance, et je n’en doute pas, puisque les « différentes cornes que nous avons ici nous viennent de cet endroit; et de « plus, c’est vraisemblablement le même animal qui a été tué par M. le « capitaine Gordon, dont j’ai eu plus d’une fois occasion de citer le témoi- « gnage. Cet officier, étant à une assez grande distance du Cap, vit sortir « d’un petit bois une très-belle chèvre qui avait des cornes fort longues et « droites, et dont la tête était singulièrement bigarrée de couleurs tran- « chantes; il tira dessus à balle, et le coup l’ayant fait tomber, il accourait « pour l’examiner de près, mais l’Hottentot qui l’accompagnait le retint, «en lui disant que ces animaux étaient très-dangereux ; qu’il arrivait sou- « vent que, n’étant que blessés ou tombés de peur, ils se relevaient tout « d’un coup, et, se jetant sur ceux qui les approchaient, ils les perçaient de « leurs cornes, qui sont très-pointues. Pour n’en avoir rien à craindre, il « lui tira un second coup qui le convainquit qu’elle était bien morte. « Comme M. Gordon est retourné au Cap, d’où nous avons bien des choses « curieuses à attendre de lui, je ne puis pas lui montrer la figure de notre « pasan pour être assuré que c’est le même animal qu’il a vu. La descrip- « tion que j’en vais donner est tirée de ce que M. Klockner m’en a écrit: « ainsi l’on peut compter sur son exactitude.
« La taille de cet animal est un peu plus petite que celle du condoma ; « la forme de sa tête ne ressemble point à celle du cerf ni à celle du bouc; « elle approche plus de celle du nanguer de M. de Butfon * ; mais le singu- « lier mélange des couleurs dont elle est ornée la rend fort remarquable; « le fond en est d’un beau blanc ; entre les deux cornes il y a une tache « noire qui descend environ deux pouces sur le front, et qui s’étendant de « côté et d’autre jusqu’à la moitié des cornes, y paraîtrait carrée sans une « petite pointe qui s’avance du côté du nez; une autre grande tache, aussi « noire, couvre presque tout l’os du nez, et des deux côtés elle se joint « avec deux bandes de même couleur, qui, prenant leur origine à la racine « des cornes, traversent les yeux, et descendent jusqu’au-dessous de la « mâchoire inférieure, où elles deviennent brunes; de pareilles bandes « noires, qui passent par les yeux, sont rares dans les quadrupèdes : il n’y « a que le blaireau et le coati qui nous en fournissent des exemples; l’ex- « trémité du museau est d’un blanc de neige. L’on comprend que ce «bizarre assemblage de couleurs offre un coup d’œil très-frappant; s’il se « trouvait sur la gazelle du bézoard, ceux qui en ont parlé n’auraient pas « manqué d’en faire mention : Kæmpfer l’aurait-il insinué en disant, que « pour juger si ces animaux renferment des bézoards, on observe leurs
1. Voyez le t. XII, planche xxxiv de l’édition iu-4° de l’Impriineiie royale.
DU PASAN.
« sourcils et les traits de leur front : s’ils sont bien noirs, c’est une bonne « marque
« Le poil court qui couvre les côtés , les cuisses et la croupe de cet « animal n’est guère moins remarquable par sa couleur; il est d’un gris « cendré tirant sur le bleu, avec une légère teinte d’un rouge de fleurs de « pommier; sa queue est brune presque jusqu’à son extrémité, qui est « noire ; cette couleur brune s’étend sur le dos, où elle forme une bande « assez large, prolongée jusqu’aux épaules : là les poils sont plus longs « et se dirigent, en tous sens, en figure d’étoile, et continuent de couvrir « le dessus du cou ; ils deviennent plus courts en s’approchant de la tête, « sur laquelle ils disparaissent; ils sont tournés en avant, et ainsi ils fora ment une espèce de crinière ; la partie inférieure des jambes de devant « est blanche, mais il y a une tache ovale de couleur de marron foncé, « presque noire, qui commence au-dessus des sabots, et qui a cinq pouces c( de longueur, sur un pouce de largeur ; on voit une semblable tache sur « les pieds de derrière, mais plus mêlée de poils blancs; elle s’étend tout « le long de la face antérieure de la jambe, sur laquelle elle paraît, comme « une simple ligne, de couleur de plus en plus claire, jusqu’à ce qu’elle se « confonde avec des poils d’un brun presque noir, qui couvrent le devant « des cuisses, et qui y paraissent comme une bande large de trois ou quatre «doigts; cette bande est continuée sur la partie inférieure du corps, «qu’elle sépare du ventre, et elle s’étend jusqu’aux jambes de devant, « dont elle environne le haut, et descend même assez bas.
« On voit encore aux deux côtés de la croupe une autre grande tache « ovale qui descend presque jusqu’à la jambe; les poils qui la composent « sont d’un brun clair tirant sur le jaune, et leur pointe est blanche; sur « le cou il y a une bande brune qui s’étend jusqu’aux jambes antérieures, « où l’on remarque quelques restes de longs poils dont il semble que la « gorge a été garnie.
« Les oreilles ressemblent assez à celles du condoma; leur longueur est « de sept pouces, et leur largeur de quatre pouces et demi; elles sont « bordées au haut d’une rangée de poils bruns; les cornes sont presque « droites, à une légère courbure près qu’on a peine à remarquer; elles « sont noires, et leur longueur est de deux pieds un pouce, ce qui me fai- « sait croire qu’elles n’étaient pas encore parvenues à toute leur hauteur. « Celles que j’ai placées au Cabinet de notre Académie égalent deux pieds « quatre pouces, et la circonférence de leur base est de six pouces. Ces « cornes sont très-exactement représentées dans la figure ‘ qu’en a donnée
a. Voici ses propres expressions : « AddeLat alius incertæ auctoritatis , etiam supercilia ac « lineamenta froutis observanda esse , quæ si insigniter uigricent , præseiitiam lapidis confir- « mare. » Amœnil. Exot., p. 400.
1. Voyez le volume XII de l’édition in-4<> de l’Imprimerie royale, pi. xxxiii, flg. 3.
ADDITIONS
« M. de Biiffon, et on ne peut rien ajouter à la description qu’en a taiteM. Dau- « benton; elles sont environnées d’anneaux obliques jusqu’à la moitié de « leur longueur, et le reste en est lisse et terminé par une pointe fort aiguë.
« La corne des pieds offre une singularité qu’il ne faut pas omettre ; la a partie inférieure de chacun des sabots a la figure d’un triangle isocèle « fort allongé, au lieu que dans les autres animaux à pieds fourchus elle « forme un triangle presque équilatéral; cette configuration donne au pied <c du pasan une base plus étendue, et par là même plus de fermeté; « au-dessus du talon il y a deux ergots noirs fort pointus, et longs d’un « pouce et demi; le port de cet animal a quelque chose de fort gracieux, « et soit qu’on le range dans la classe des gazelles, à laquelle il paraît « qu’il appartient, puisqu’il n’a point de barbe, soit qu’on le compte parmi « les chèvres, c’est sûrement une espèce très-distinguée par sa couleur et « par ses taches, aussi bien que par ses cornes ; il a le cou moins long que « la plupart des animaux de ce genre, mais cela ne diminue en rien sa « beauté. Il est très-vraisemblable, à en juger par la forme des cornes de « ses pieds, qu’il habite sur les montagnes, et cela dans des lieux assez « éloignés du Cap, puisque jusqu’à présent il n’a été connu que des Hot- « tentots. Voici une table de ses dimensions :
Pieds.
« Longueur du corps, depuis le tout du museau jusqu’àrorigine de la queue. 4
« Hauteur du train de dr.’vant 3
« Hauteur du train de derrière 3
« Longueur de la tète, depuis le museau jusqu’aux cornes »
« Longueur des oreilles »
« Largeur du milieu des oreilles »
« Longueur des cornes, prise en suivant leur courbure, qui est très-peu
« remarquable 2
« Circonférence des cornes à leur base »
« Distance entre leurs bases »
« Distance entre leurs pointes »
« Longueur de la queut 1
« Longueur des plus longs poils de la queue »
'■( Longueur des poils qui forment la crinière »
i( Longueur des sabots »
« Leur circonférence »
« Épaisseur de la peau , tant de la poitrine que des côtés »
Pouces. Lignes.
Il >;
DU CANNA
Je n’ai d’abord connu cet animal que par ses cornes, dont j’ai donné la description', et j’étais assez incertain, non-seulement sur son espèce et sur
Antilope oreas (Pall. ). — Le canna ou impoolco ( Cuv.). — L’élan du Cap. — « Mal à « propos nommé coudons par Buffon. » ( Cuvier). — Voyez la nomenclature de la page 394 du llle volume.