‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 345 sur 392 · Volume III, page · texte numérisé non relu

Volume III, page

DU CANNA

son climat, mais même sur le nom coiidous^ qui servait d’étiquette à ces cornes; mais aujourd’hui mes doutes sont dissipés, et c’est à M. Gordon et à M, Allamand que je dois la connaissance de cet animal, l’un des plus grands de l’Afrique méridionale. Il se nomme canna dans les terres des Hottentots, et voici les observations que ces savants naturalistes en ont publiées, cette année 1781, dans un Supplément à l’édition de Hollande do mes ouvrages.

« M. de ButFon a été embarrassé à déterminer l’animal auquel avait « appartenu une corne, qu’il a trouvée au Cabinet du Roi, sans étiquette , « et dont il a donné la figure dans la planche xlvi bis du XIP volume de « V Histoire naturelle'^-. Deux semblables cornes qu’il a vues dans le Cabinet « de M. Dupleix, et qui étaient étiquetées, l’ont tiré en partie de son em- « barras; l’étiquette portait ceci : « Cornes d’un animal à peu près comme « un cheval, de couleur grisâtre, avec une crinière comme un cheval au « devant de la tête; on l’appelle ici à Pondichéry coesdoes, qui doit se pro- « noncer coudons. »

«Cette description, toute courte qu’elle est, est cependant fort juste; « mais elle ne suffisait pas à M. de Buffon pour lui faire connaître l’animal « qui y est désigné. Il a dû avoir recours aux conjectures, et il a soup- « çonné, avec beaucoup de vraisemblance, que le coudous pouvait bien « être une sorte de buffle ou plutôt le nyl-ghau; effectivement ce dernier « animal est celui dont les cornes ont le plus de rapport à celles dont il « s’agit; et ce qui est dit dans l’étiquette lui convient assez, comme on peut « le remarquer par la description que j’en ai donnée"*. Cependant celle « corne est celle d’un autre animal auquel M. de Buffon n’a pas pu penser, « parce qu’il n’a pas été encore décrit, ou que du moins il l’a été si impar- « faitement qu’il était impossible de s’en former une juste idée. Il était « réservé à M. Gordon de nous le faire bien connaître; c’est à luî que je « suis redevable de la figure que j’en ai fait faire et des particularités « qu’on va lire.

« Kolbe est le seul qui en ait parlé sous le nom d’élan, qui ne lui con- « vient point, puisqu’il en diffère essentiellement par ses cornes, qui n’ont « rien d’analogue à celles du véritable élan. Les Hottentots lui donnent le « nom de canna, que je lui ai conservé : les Cafres le nomment impoof; « c’est un des plus grands animaux à pieds fourchus qu’on voie dans l’Afi i- « que méridionale. La longueur de celui que j’ai fait représenter, depuis le « bout du museau jusqu’à l’origine de la queue, était de huit pieds deux

a. Voyez le volume IV des Su^flémcnts , page 1S3 (édit, de Hollande.)

1. Le coudous est le condoma. — Voyez, ci-après, l’article condoma.

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