‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 350 sur 392 · Voyez les notes 2 et 3 de la page 382 du IIP volume · texte numérisé non relu

Voyez les notes 2 et 3 de la page 382 du IIP volume

DU CONDOMA.

« cription exacte; comme je me proposais d’y retourner pour le mieux « examiner, j’eus le chagrin d’apprendre qu’il était mort; et ainsi tout ce « que j’en pourrais dire se réduirait à ce que ma mémoire me fournirait. « Heureusement avant que d’être conduit à la ménagerie du prince, il avait ce passé par Amsterdam : là M. Schneider en fit faire le dessin... , et M. le U docteur Klockner, qui ne perd aucune occasion d’augmenter nos connais- « sances en fait d’histoire naturelle, l’examina avec les yeux d’un véritable « observateur, et en fit une description qu’il a eu la bonté de me commu- « muniquer; ainsi c’est à lui qu’on doit les principaux détails où je vais « entrer.

« On est surpris au premier coup d’œil qu’on jette sur cet animal : la « légèreté de sa marche, la finesse de ses jambes, le poil court dont la plus « grande partie de son corps est couvert, la manière haute dont il porte « sa tête, la grandeur de sa taille, tout cela annonce un très-beau cerf; « mais les grandes et singulières cornes dont il est orné, les taches blan- « ches qu’il a au-dessous des yeux, et les raies de même couleur que l’on « voit sur son corps, et qui ont quelque rapport à celles du zèbre, font « qu’on l’en distingue bientôt, de façon cependant qu’on serait tenté de lui « donner la préférence ; la tête du condoma ressemble assez à celle du « cerf; elle est couverte de poils bruns, avec un petit cercle de couleur « roussâtre autour des yeux, du bord inférieur de chacun desquels part « une ligne blanche qui s’avance obliquement et en s’élargissant du côté « du museau, et enfin se termine en pointe; de côté et d’autre de ces lignes « on voit trois taches rondes d’un blanc pâle, dont les deux supérieures « sont de la grandeur d’une pièce de vingt sous, et celle qui est au-dessous, « près du museau, est un peu plus grande; les yeux sont noirs, bien fendus, (( et ont beaucoup de vivacité; le bout du museau est noir et sans poils; « les deux lèvres sont couvertes de poils blancs, et le dessous de la mâ- « choire inférieure est garni d’une barbe grisâtre de la longueur de cinq c( à six pouces, qui se termine en pointe; la tête est surmontée de deux « cornes de couleur brune tirant sur le noir, et couvertes de rugosités ; « elles ont une arête qui s’étend sur toute leur longueur, excepté vers leur « extrémité, qui est arrondie et qui se termine en une pointe noirâtre; elles (( ont une double flexion, comme celles des antilopes, et sont précisément c( telles que celles qui ont été décrites par M. de Buffon ; leur longueur « perpendiculaire n’était que de deux pieds un pouce huit lignes dans l’ani- « mal que je décris, ce qui me porte à croire qu’il n’avait pas encore acquis « toute sa grandeur, car on trouve de ces cornes, qui sont plus longues; « j’en ai placé deux paires au Cabinet de notre Académie, dont lès plus « courtes ont deux pieds cinq pouces en ligne droite, et trois pieds et demi « en suivant les contours; la circonférence de leur base est de neuf pouces, « et il y a entre leur pointe une distance de deux pieds et demi.

ADDITIONS

« Les oreilles sont longues, larges et de la même couleur que le corps, « qui est couvert d’un poil fort court d’une couleur fauve tirant sur le gris; « le dessus du cou est garni d’une espèce de crinière, composée de longs « poils bruns, qui s’étendent depuis l’origine de la tête jusqu’au-dessus des « épaules : là ils deviennent plus courts, et changeant de couleur ils forment « tout le long du dos jusqu’à la queue une raie blanche; le reste du cou « est couvert de semblables poils bruns et assez longs, particulièrement « dans la partie inférieure jusqu’au-dessous de la poitrine; de chaque côté « de cette ligne blanche qui est sur le dos partent d’autres raies, aussi « blanches, de la largeur d’environ un pouce, qui descendent le long des « côtés; ces raies sont au nombre de neuf, et la première est derrière les « pieds de devant; il y en a quatre qui descendent jusqu’au ventre; la troi- « sième est plus courte ; les quatre dernières sont sur la croupe.

« La queue est longue de plus d’un pied, elle est un peu aplatie et four- « nie de poils d’un gris blanchâtre sur les bords, et qui forment à l’extré- « mité une touffe d’un brun noirâtre ; les jambes sont déliées, mais ner- « veuses, sans cette touffe de poil ou brosse qui se trouve sur le haut des (( canons des jambes postérieures des cerfs; la corne du pied est noire et « fendue, comme celle de tous les animaux qui appartiennent à cette « classe.

« Celte description est celle du condoma de la ménagerie du prince « d’Orange; cependant il ne faut pas croire que tous les condomas soient « précisément marqués de la même façon. M. Klockner a vu diverses « peaux où les raies blanches différaient par leur longueur et par leur posi- « tion ; mais on comprend qu’une telle différence n’est pas une variété qui « mérite quelque attention, fl y a une chose plus importante à remarquer c( ici : c’est que la plupart de ces peaux n’ont point de barbe, et l’on en « voit une dans le Cabinet de la Société de Harlem, qui est très-bien pré- « parée pour représenter au vrai la figure de l’animal, mais aussi sans «barbe. Y aurait-il donc des condomas barbus et d’autres sans barbe? «c’est ce que j’ai peine à croire; et je pense, avec M. Klockner, que la « barbe est tombée de ces peaux quand on les a préparées, et cela d’autant « plus, que, si on les regarde avec attention, on voit la place où paraissent « avoir été les poils dont la barbe était composée.

« Notre condoma était fort doux; il vivait en bonne union avec les ani- « maux qui paissaient avec lui dans le même parc; et dès qu’il voyait quel- « qu’un s’approcher de la cloison qui était autour, il accourait pour prendre « le pain qu’on lui offrait : on le nourrissait de riz, d’avoine, d’herbes, de «foin, de carottes, etc. Dans son pays natal, il broutait l’herbe et man- « geait les boutons et les feuilles des jeunes arbres, comme les cerfs et les « boucs.

« Quoi(|ue je l’aie vu très-fréquemment, je ne l’ai jamais entendu donner

DU CONDOMA.

eol

« oucun son ; mais M. Klocîmer m’apprend que sa voix était à peu près « celle de l’âne.

« Voici ses dimensions, telles qu’elles ont été prises sur l’animal vivant, « par le même M. Klockner, sur la mesure pied-de-roi :

Pieds. Pouces. Lignes.

« Longueur du corps depuis le bout du museau jusqu’à la queue s 8 »

« Longueur de la tête, depuis le bout du museau jusqu’aux oreilles 1 » »

« Longueur de la tête jusqu’aux cornes » 8 8

« Longueur des cornes mesurée en ligne droite 2 l 8

« Longueur des oreilles » g 4

« Hauteur du train de devant 4 3 q

« Hauteur du train de derrière 4 i »

« Circonférence du corps, derrière les jambes de devant 4 4 »

« Circonférence du milieu du corps 4 5 8

« Circonférence du corps devant les jambes postérieures 4 2 »

« En comparant cette description du condoma avec celle que Kolbe a « donnée de la chèvre sauvage du cap de Bonne-Espérance, et que M. de « Buffon a insérée *, on a la confirmation de ce que j’ai dit ci-devant , « c’est que le condoma ressemble, à quelques égards, à cette chèvre : ib K est de la même taille, son poil est à peu près de la même couleur grise, « et il a comme elle une barbe et des raies qui descendent depuis le dos « sur les côtés. En voilà assez pour autoriser M. de Buffon à dire qu’il « n’avait trouvé aucune notice d’animal qui approchât de plus près le « condoma que la chèvre sauvage de Kolbe; mais aussi j’ai observé qu’il y « avait des différences remarquables entre ces deux animaux. Le nombre « des raies blanches qui descendent sur leurs côtés n’est pas le même, et « elles sont différemment posées; la chèvre ne paraît point avoir ces « taches blanches qui sont au-dessous des yeux du condoma, et qui sont « trop frappantes pour qu’on puisse supposer que Kolbe ait oublié d’en « parler; mais ce qui distingue principalement ces animaux sont les c( cornes; celles de la chèvre sont dites simplement recourbées, ce qui « n’exprime point cette double flexion qui est si remarquable dans celles « du condoma; aussi dans la figure que Kolbe a ajoutée à sa description, « la chèvre y est représentée avec des cornes qui seraient tout à fait droites, <( sans une légère courbure au haut, à peine perceptible.

« L’auteur d’une Histoire naturelle qui se publie en hollandais, a donné « la figure d’un animal tué sur les côtes orientales d’Afrique, et dont « le dessin lui a été communiqué par un médecin de ses amis®. A en « juger par les cornes, cet animal est un véritable condoma; mais s’il est « bien représenté il a le corps plus lourd, et il n’a aucune des raies

a. Yoy ez Natuurlyke historié, of uitvoerige heschryving der dieven, planten en minera a 1er. volgens het samenstel van den heer Linnœus. Eerste Deel , derde stak, p. 207, plaat. xxvi.

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