‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 360 sur 392 · Édition ia-4 O de l’Imprimerie royale · texte numérisé non relu

Édition ia-4 O de l’Imprimerie royale

2 II s’agit ici non du bubale, mais du caama [antilope caama. Cuv. ) ou cert du Cap. — « Le caama a été confondu jusqu’ici avec le bubale, auquel il ressemble par la forme générale « et par la direction des cornes , mais la courbure de ces cornes en avant et en arrière est beau-

« coup plus prononcée : leur extrémité est lisse et très-pointuç Cet animal est nommé caama

« par les Hottentots. Les Hollandais l’appellent hartebeest ou cerf. Il est fort commun au Cap, « où il vit en grandes troupes. Sa vitesse est telle qu’un cheval ne peut l’atteindre ; son cri est « une espèce d’éternuement » (Cuvier.)

3. Les deux figures, dont parle ici Buffon, ont été reproduites dans le VI® volume des Suppléments de l’édition in-4® de l’Imprimerie royale : la planche xiv représente le bubale, et la planche xv le caama.

ADDITIONS

èlO

« Le bubale est un de ces animaux dont la race est répandue dans toute « TAfrique ; au moins se trouve-t-il dans les contrées méridionales et sepat tentrionales de cette partie du monde. L’espèce est très-nombreuse près K du cap de Bonne-Espérance, et on la retrouve dans la Barbarie. MM. de * l’Académie royale des Sciences en ont décrit la femelle sous le nom de « vache de Barbarie, et M. de Butfon a prouvé, par des raisons qui me pa- <& ïuissent convaincantes, que notre bubale est le vrai bubalus des anciens ‘ « Grecs et Romains , qui sûrement n’ont pas connu les animaux qui n’hai bitent qu’aux environs du Cap.

« MM. de l’Académie des Sciences ont ajouté à la description qu’ils ont y. faite de la femelle bubale une figure qui est très-exacte, mais qui ne suffit « pas pour faire comprendre ce que je dirai sur ses différentes couleurs et ■K sur la forme de ses cornes. La figure que je donne est celle d’un mâle.

« Le dessin en est fait d’après l’animal vivant , et j’en suis redevable à X M. Gordon , qui m’a envoyé en même temps la peau d’une femelle que JC j'ai fait remplir et que j’ai placée dans le Cabinet de notre Académie. K Suivant sa coutume, il a joint à cet envoi ses observations; elles me four- K niront diverses particularités qui n’ont pu être connues par M. de Buff'on, « qui, n’ayant point vu le bubale, n’en a parlé que d’après MM. de l’Acadé- 8 mie; il est vrai qu’il ne pouvait pas suivre de meilleurs guides; mais ce a qu’ils ont dit de cet animal se borne presque à une description anatomique.

« Le bubale est nommé camaa par les Hottentots , et licama par les « Cafres; sa longueur, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la « queue, est de six pieds quatre pouces six lignes; il a quatre pieds de haut; « la circonférence de son corps derrière les jambes de devant est de quatre s pieds deux pouces, et devant les jambes de derrière de quatre pieds. On « voit par ces dimensions qu’il est plus petit que le canna ^ ; la couleur de « son corps est d’un roux assez foncé sur le dos, mais qui s’éclaircit sur « les côtés; le ventre est blanc, de même que la croupe, l’intérieur des « cuisses et des jambes, tant antérieures que postérieures; sur la partie «, extérieure des cuisses il y a une grande tache noire qui s’étend sur les « jambes ; on voit une semblable tache sur les jambes de devant, laquelle «commence près du corps et parvient extérieurement jusqu’aux sabots, « qui sont noirs aussi; une bande de cette même couleur, qui a son ori- « gine à la base des cornes et se termine au museau, partage tout le devant « de sa tête en deux parties égales : cette bande a été remarquée par « J. Caïus, qui a donné une bonne description du bubale, qu’il a nommé « buselaphus^. C’est la seule qu’on voie sur les femelles, dont tout le corps

1. C’est le bubale proprement dit qui est le vrai bubale des anciens, et non cet animal-ci, qui est le caama. ( Voyez les notes de la page précédente.)

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