‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 361 sur 392 · Volume III, page · texte numérisé non relu

Volume III, page

DU BUBALE.

f « est couvert de poils d’une même couleur rousse; sa tête est assez longue

I c( à proportion de son corps; mais elle est fort étroite; elle n’a guère que

« six pouces dans l’endroit le plus large; ses yeux, comme MM. de l’Aca- « démie l’ont observé, sont situés fort haut; ils sont grands et vifs; leur « couleur est d’un noir qui tire un peu sur le bleu; ses cornes qui s’é- « lèvent au-dessus de sa tête, en s’écartant un peu de chaque côté , sont « presque droites jusqu’à la hauteur de six pouces; là elles s’avancent I « obliquement en devant à peu près aussi jusqu’à la distance de six pouce.s,

I « et ensuite formant un nouvel angle elles se tournent en arrière ; comme

^ « la figure l’indique; elles sont noires, leurs bases se touchent et ont une

' « circonférence de dix pouces; elles ont des anneaux saillants comme des

« pas de vis qui seraient usés aux côtés et qui s’étendent, mais quelquefois « peu sensiblement, jusqu’à la hauteur de huit ou dix pouces; la partie qui « est retournée en arrière est lisse et se termine en pointe; leurs extré- « mités sont éloignées environ d’un pied l’une de l’autre. Les femelles sont « un peu plus petites que les mâles; aussi leurs cornes sont moins grosses « et moins longues.

« Les bubales ont des larmiers au-dessous des yeux comme les cerfs; « leur queue, longue de plus d’un pied, est garnie en dessus d’une rangée « de poils placés à peu près comme les dents d’un peigne.

c( On a vu, dans l’article sur le canna , que cet animal étai t nommé élan par « les habitants du Cap. M. de Buffon, qui ignorait cela, et qui ne connais- « sait point cet animal, dont aucun voyageur n’a parlé, a cru que, sous le « nom d’élan, Kolbe avait désigné le bubale; mais ce que Kolbe en dit ne « lui convient pas. Il assure que ce prétendu élan a la tête courte à pro- « portion de son corps; que sa hauteur est de cinq pieds, et que la couleur « de son corps est cendrée : ce sont là autant de caractères qui se trouvent « dans le canna, mais dont aucun n’est applicable au bubale. Je croirais j « plutôt que Kolbe en a parlé sous le nom de cerf d’Afrique'; et c’est effec-

I « tivement celui qu’on lui donne au Cap. Yoici de quelle manière il en

I « décrit les cornes ; ses cornes sont d’un brun obscur, environnées comme

i « d’une espèce de petite vis, pointues et droites jusqu’au milieu, où elles se

! «courbent tant soit peu; depuis là elles continuent à suivre une ligne

« droite, de manière qu’en dessus elles sont à peu près trois fois plus éloi- « gnées l’une de l’autre qu’à la racine. On reconnaît à cette description, «tout imparfaite qu’elle est, les cornes du bubale; mais quoique Kolbe ! « assure qu’il a vu plus de mille de ces animaux, je doute qu’il en ait

I « examiné un seul attentivement, puisqu’il dit que ce cerf africain est si

« semblable à ceux d’Europe qu’il serait superflu de le décrire, et qu’il est « persuadé que c’est le spies-hirsch qu’on trouve communément en Aile- « magne.

Page 1