Volume III, page
ADDITIONS
les contrées marécageuses et voisines des fleuves. L’eau ou l’humidité du terrain paraissent leur être encore plus nécessaires que la chaleur du climat®, et c’est par cette raison que l’on n’en trouve point en Arabie, dont presque toutes les terres sont arides. On chasse les buffles sauvages, mais avec grande précaution , car ils sont très-dangereux et viennent à l’homme dès qu’ils sont blessés. Niebuhr rapporte, au sujet des buffles domestiques, « que dans quelques endroits, comme à Basra, on a l’usage, lorsqu’on trait a la femelle du buffle, de lui fourrer la main jusqu’au coude dans la vulve, « parce que l’expérience a appris que cela leur faisait donner plus de « lait ^ » ce qui ne paraît pas probable , mais il se pourrait que la femelle du buffle fît comme quelques-unes de nos vaches, des efforts pour retenir son lait, et que cette espèce d’opération douce relâchât la contraction de ses mamelles.
Dans les terres du cap de Bonne-Espérance, le buffle est de la grandeur du bœuf pour le corps, mais il a les jambes plus courtes, la tête plus large; il est fort redouté. Il se tient souvent à la lisière des bois, et comme il a la vue mauvaise, il y reste la tête baissée pour pouvoir mieux distinguer les objets entre les pieds des arbres, et lorsqu’il aperçoit à sa portée quelque chose qui l’inquiète il s’élance dessus en poussant des mugissements affreux, et il est fort difficile d’échapper à sa fureur ; il est moins à craindre dans la plaine ; il a le poil roux et noir en quelques endroits ; on en voit de nombreux troupeaux