‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 378 sur 392 · DE L’AUROCHS ET DU BISON · texte numérisé non relu

DE L’AUROCHS ET DU BISON

P par ce caractère, du bison dont nous avons donné la figure ‘ , dont les cornes

K; sont très-différentes.

;î Celui-ci a été trouvé, à la latitude de 70 degrés, près de la baie de Baffin.

r* Sa laine est beaucoup plus longue et plus touffue que celle des bisons, qui

habitent des contrées plus tempérées; il est gros comme un bœuf d’Europe I de moyenne taille; le poil, ou plutôt la laine sous le cou et le ventre, des-

cend jusqu’à terre; il se nourrit de mousse blanche ou lichen , comme le ô renne.

V Les deux cornes de ce bison musqué se réunissent à leur base^, ou plutôt

n’ont qu’une origine commune au sommet de la tête, qui est longue de deux ' pieds quatre pouces et demi, en la mesurant depuis le bout du nez jusqu’à

ce point où les deux cornes sont jointes; l’intervalle entre leur extrémité ^ est de deux pieds cinq pouces et demi; la tête est si large, que la distance

du centre d’un œil à l’autre est d’un pied quatre pouces du pied français. Nous renvoyons, pour le reste de la description de cet animal, à celle qui a été donnée par le P. Charlevoix, et que nous avons citée dans la note de la page 270, volume III. M. Magwan nous a assuré que cette description de Charlevoix convenait parfaitement à cet animal.

J’ai dit, page 648, que m’étant informé s’il subsistait encore des bisons en Écosse, on m’avait répondu qu’on n’en avait point de mémoire. M. Forster m’écrit, à ce sujet, que je n’ai pas été pleinement informé. «La race «des bisons blancs, dit-il, subsiste encore en Écosse, où les seigneurs, «et particulièrement le duc de Hamilton, le duc de Queenbury, et, «parmi les pairs anglais, le comte de Tankarville, ont conservé dans « leurs parcs de Chatelhrault et de Drumlasrrig en Ecosse, et de Chil- « lingham dans le comté de Northumberland en Angleterre , celte race « de bisons sauvages. Ces animaux tiennent encore de leurs ancêtres par ■ « leur férocité et leur naturel sauvage : au moindre bruit ils prennent la

« fuite et courent avec une vitesse étonnante, et lorsqu’on veut s’en pro- « curer quelqu’un, on est obligé de les tuer à coups de fusil ; mais cette i « chasse ne se fait pas toujours sans danger, car si on ne fait que blesser

« l’animal, bien loin de prendre la fuite, il court sur les chasseurs et les « percerait de ses cornes s’ils ne trouvaient pas les moyens de l’éviter, soit « en montant sur un arbre, soit en se sauvant dans quelques maisons.

•« Quoique ces bisons aiment la solitude, ils s’approchent cependant des ' « habitations lorsque la faim et la disette en biver les forcent à venir prendre

« le foin qu’on leur fournit sous des hangars. Ces bisons sauvages ne se « mêlent jamais avec l’espèce de nos bœufs; ils sont blancs sur le corps, et « ont le museau et les oreilles noirs; leur grandeur est celle d’un bœuf

1. Édition de l’Imprimerie royale, volume III des Supplémeuts , planche v.

I 2. C'est ce rapprochement des cornes à leur base qui fait le principal caractère du bœuf

I] musqué.

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« commun de moyenne taille, mais ils ont les jambes plus longues et les « cornes plus belles; les mâles pèsent environ cinq cent trente livres, et les « femelles environ quatre cents ; leur cuir est meilleur que celui du bœuf « commun ; mais ce qu’il y a de singulier, c’est que ces bisons ont perdu, « par la durée de leur domesticité, les longs poils qu’ils portaient autrefois. « Boëlius dit ; Gignere solet ea silva boves candidissimos in formam leonis ajiibam habentes, etc. Descr. regni Scotiœ, fol. xj. Or, à présent, ils n’ont « plus cette jubé ou crinière de longs poils, et sont par là devenus différents « de tous les bisons qui nous sont connus. »

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