‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 38 sur 392 · LA GUENON A CRINIÈRE · texte numérisé non relu

LA GUENON A CRINIÈRE

Nous donnons cette dénomination à une guenon qui nous était inconnue, et qui a une crinière autour du cou et un flocon de poils au bout de la queue comme le lion. Elle appartenait à M. le duc de Bouillon , et elle paraissait non-seulement adulte, mais âgée. C’était un mâle et il était assez privé; il vivait encore en 1775, à la ménagerie du Roi à Versailles. Voici la description que nous en avons faite.

Il a deux pieds de longueur depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de la queue, et dix-huit pouces de hauteur lorsqu’il est sur ses quatre jambes, qui paraissent longues à proportion de la longueur du corps. Il a la face nue et toute noire ; tout le poil du corps et des jambes est de cette même couleur, et, quoique long et luisant, il paraît court aux yeux parce qu’il est couché. Il porte une belle crinière d’un gris brun autour de la face, et une barbe d’un gris clair : cette crinière, qui s’étend jusqu’au-dessus des yeux, est mêlée de poils gris, et dans son milieu elle est composée de poils noirs ; elle forme une espèce d’enfoncement vers le sommet de la tête, et passe devant les oreilles en venant se réunir sous le cou avec la barbe. Les yeux sont d’un brun foncé ; le nez plat et les narines larges et écartées comme celles de l’ouanderou, dont il a toute la physionomie par la forme du nez, de la bouche et de la mâchoire supérieure , mais duquel il diffère tant par la crinière que par la queue et par plusieurs autres caractères. La queue est couverte d’un poil court et noir partout, avec une belle touffe de longs poils à l’extrémité, et longue de vingt-sept pouces. Le dessous de la queue, près de son origine, est sans poil, ainsi que les deux callosités sur lesquelles s’assied cette guenon. Les pieds et les mains sont un peu couverts de poils, à l’exception des doigts qui sont nus, de même que les oreilles, qui sont plates et arrondies à leurs extrémités et cachées par la crinière, en sorte qu’on ne les aperçoit qu’en regardant l’animal de face. Nous conjecturons que cette espèce de grande guenon à crinière se trouve en Abyssinie, sur le témoignage d’Alvarès , qui dit qu’aux environs de Bernacasso il rencontra de grands singes aussi gros que des brebis, qui ont une crinière comme le lion, et qui vont par nombreuses compagnies.

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