LA GUENON COURONNÉE
sommet de la tête, où ils se réunissent avec les poils qui couvrent le cou. Le poil est moins grand au centre de la couronne, et forme comme un vide au milieu; et en les couchant avec la main , ils paraissent partir circulairement de la circonférence d’un petit espace qui est nu.
La face n’a que vingt-deux lignes depuis la pointe du toupet , entre les yeux, jusqu’au bout du museau; elle est nue et sillonnée de rides plus ou moins profondes; la lèvre inférieure est noirâtre, et l’extrémité des mâchoires est garnie de petits poils noirs clair-semés ; le nez est large et aplati comme dans le malbrouck et dans le bonnet chinois. Les yeux sont grands, les paupières arquées et l’iris de l’œil couleur de cannelle mêlée de verdâtre. Les côtés de la tête sont légèrement couverts de petits poils bruns et grisâtres, semés de quelques poils jaunâtres. Les oreilles sont nues et d’un brun rougeâtre; elles sont arrondies par le bas et forment une pointe à l’autre extrémité. Le poil du corps est d’un brun musc, mêlé de teintes (l’un jaune foncé qui domine sur les bras en dehors, avec de légères teintes grises en dedans. En général, le poil du corps et des bras ressemble pour la couleur à celui qui forme la couronne de la tête; les cuisses et les jambes sont d’un jaune plus foncé et mêlé de brun; le dessous du corps et le dedans des bras et des jambes sont d’un blanc tirant sur le gris. Les mains et les pieds sont couverts d’une peau d’un brun noirâtre, avec de petits poils rares et noirs sur la partie supérieure. Les ongles sont en forme de gouttière, et n’excèdent pas le bout des doigts. Cette guenon avait rongé une petite partie de sa queue , qui devait avoir treize ou quatorze pouces de longueur lorsqu’elle était entière. Cette queue est garnie de poils bruns, et ne sert point à l’animal pour s’attacher : lorsqu’il la porte en l’air, elle flotte par ondulation. Cette guenon avait des abajoues et des callosités sur les fesses; ces callosités étaient couleur de chair, en sorte que par ces deux derniers caractères, aussi bien que par celui des longs poils, elle paraît, approcher de si près de l’espèce de la guenon que nous avons appelée honnet chinois, que l’on pourrait dire qu’elle n’en est qu’une variété. Il n’y a de différence très-remarquable que dans la position des poils du sommet de la tête ; lorsqu’on les couche avec la main, ils restent aplatis sans former une sorte de calotte, comme on le voit dans le bonnet chinois.
La guenon que M. Pennant a décrite sous le nom de bonneted monhey ne nous paraît être qu’une variété de cette guenon couronnée.
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