LE BLANC-NEZ
Nous croyons devoir placer ici un article tiré des additions de M. Allamand : il contient la description d’une guenon appelée par les Hollandais blanc-nez, que je croyais être de la môme espèce que le moustac, mais qui " est en effet d’une espèce différente *.
« M. de Buffon, dit M. Allamand, est porté à croire que la guenon, que ' « quelques voyageurs nomment blanc-nez, est la même que celle qu’il a « appelée moustac; et il se fonde sur le témoignage d’Artus, qui dit qu’on « voit à la côte d’Or des singes que les Hollandais nomment blanc-nez,
« parce que c’est la seule partie de leur corps qui soit de cette couleur j et « il ajoute qu’ils sont puants et farouches. Il se peut que ces singes soient « les mêmes que les moustacs de M. de Buffon, quoique ceux-ci aient la « moustache et non le nez blanc; mais il y en a une autre espèce en Guinée,
« qui mérite à aussi juste litre le même nom que je lui donne. Son nez est (( effectivement couvert d’un poil court, d’un blanc très-éclatant, tandis « que le reste de sa face est d’un beau noir, ce qui rend saillante celte « partie et fait qu’elle frappe d’abord plus que toute autre.
« J’ai actuellement chez moi une guenon de celle espèce dont je suis « redevable à M. Butini, qui me l’a envoyée de Surinam, oâ elle avait été « apportée des côtes de Guinée. Ce n’est point celle dont parle Artus, car « elle n’est ni puante ni farouche; c’est au contraire le plus aimable animal - « que j’aie jamais vu. Il est extrêmement familier avec tout le monde, et « on ne se lasse point de jouer avec lui, parce que jamais singe n’a joué « de meilleure grâce. Il ne déchire ni ne gâte jamais rien; s’il mord c’est « en badinant, et de façon que la main la plus délicate n’en remporte « aucune marque. Cependant il n’aime pas qu’on l’interrompe quand il c( mange, ou qu’on se moque de lui quand il a manqué ce qu’il médite de •
« faire ; alors il se met en colère, mais sa colère dure peu et il ne garde « point de rancune. Il marche sur quatre pieds, excepté quand il veut « examiner quelque chose qu’il ne connaît pas ; alors il s’en approche en c( marchant sur ses deux pieds seulement. Je soupçone que c’est le même ’ « dont parle Barboté quand il dit qu’il y a en Guinée des singes qui ont « la poitrine blanche, la barbe pointue de la même couleur, une tache !
a. Le blanc-nez. M. Sclireter, Hist. nat. des quadrup., p. 126, pl. xix, B.
b. Histoire générale des Voyages, t. IV, p. 239, édition de Paris; et p. 330, t. V, édition de Hollande.
Smia petaurista (Gmell.). — L’ascagne (Cuv. ). — Ordre id.; famille id.; genre Gue- i
fio»s(Cuv. ). ^