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Le choras ou mandrill est d’Afrique

ADDITIONS

couleur de sa peau sur le nez, qui forme une bande d’un rouge très-vif, et sur le milieu de sa face, dont les joues sont violettes.

M. Pennant en a vu, en 1779, un individu vivant qui avait cinq pieds de haut. Les oreilles de ce babouin sont petites et nues; son museau est trèsallongé et son nez paraît tronqué par le bout, ce qui lui donne de la ressemblance avec le boutoir d'un sanglier. Ce boutoir, ainsi que toute la partie supérieure qui forme le nez, est d’un rouge très-éclatant; les joues, comme dans le mandrill sont d’un violet clair et très-ridées; l’ouverture de la bouche est très-petite.

Sa houppe est composée de poils noirâtres et très-longs; la tête, les bras et les jambes sont revêtus d’un poil court, dont la couleur est mêlée de jaune et de noirâtre; des poils bruns très-longs couvrent les épaules; ceux qui garnissent la poitrine sont aussi très-longs; les mains et les pieds sont noirs et les ongles plats; la queue, dont le poil est fort touffu et assez court , n’a que quatre pouces de longueur; les fesses sont pelées, et d’un pourpre très-vif qui s’étend sur le derrière des cuisses.

Un babouin de celte espèce, âgé de trois ans, que nous avons vu vivant, avait trois pieds un pouce de hauteur; son maître l’avait acheté à Marseille deux ans auparavant, et il n’était alors pas plus gros qu’un petit sapajou. Il était très-remarquable par les couleurs de la face et les parties de la génération ; il avait le nez, les naseaux et la lèvre supérieure d’un rouge vif écarlate; il avait aussi une petite tache de ce même rouge au-dessous des paupières. Les yeux étaient environnés de noir et surmontés de poils touffus de même couleur; les oreilles étaient pointues et de couleur brune; il portait sous le menton une barbe à flocons d’un blanc jaune, à peu près semblable à celle du mandrill. Les poils à côté des joues étaient d’un blanc sale et jaunâtre, mais longs et bien fournis; ses poils hérissés se couchaient et diminuaient de longueur en gagnant le sommet de la tête, et des taches blanches au-dessus des oreilles étaient d’un poil très-court. Le milieu du front était couvert de poils noirs qui, s’élevant en pointe vers le sommet de la tête , y formaient une houppe et s’étendaient en forme de crinière, qui venait s’unir sur l’épine du dos à une raie noire, laquelle ss prolongeait jusqu’à la queue. Le poil du corps était d’un brun verdâtre mêlé de noir, celui des flancs un peu ardoisé, et sur le ventre il était d’un blanc sale un peu jaunâtre. Le poil était plus long sous le ventre que sur le dos. Le fourreau de la verge, ainsi que les callosités sur les fesses, étaient d’un rouge écarlate aussi vif que celui des naseaux, tandis que les testicules étaient d’un violet foncé, ainsi que la peau de l’intérieur des cuisses. Ce choras avait, en marchant à quatre pattes, la môme allure que le papion; le train de devant était sensiblement plus élevé que le train de derrière, les jambes de devant (Tant plus longues.

On a observé que cet animal se nourrissait de fruits, de citrons, d’avoine,

LE CHORAS.

de noix qu’il écrasait entre ses dents et qu’il avalait avec la coque; il les serrait dans ses abajoues, qui pouvaient en contenir jusqu’à huit sans paraître très-reinplies. Il mangeait la viande cuite et refusait la crue; il aimait les boissons fermentées, telles que le vin et l’eau-de-vie. On a observé aussi que ce babouin était moins agile, plus grave et moins malpropre que la plupart des autres singes. Schreber dit qu’on montrait en Allemagne, en 1764, un de ces grands babouins, qui avait grand soin de nettoyer sa hutte, d’en ôter les excréments®, et qui même se lavait souvent le visage et les mains avec sa salive. Tous les naturalistes, qui ont vu ce babouin, s’accordent à dire qu’il est très-ardent en amour, même pour les femmes.

L’individu que M. Pennant a vu en Angleterre, était d’une très-grande force, car il compare son cri au rugissement du lion. Jamais il ne se tenait sur les pieds de derrière que lorsqu’il y était forcé par son conducteur; il s’asseyait souvent sur ses fesses, en se penchant en avant et en laissant tomber ses bras sur son ventre. Au reste, cet animal, que nous avons nommé choras, est \e papio de Gessner, car la figure que ce naturaliste en a donnée est très-conforme à celle que M. Pennant a fait dessinor d’après l’animal vivant, et on ne l’a regardée comme défectueuse que parce qu’on la rapportait à notre papion , dont il diffère principalement par les sillons et les couleurs rouges de la face, ainsi que par la touffe de poils qu’il porte au-dessus de sa tête.

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