‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 79 sur 392 · LE SAI · texte numérisé non relu

LE SAI

tons et des limaçons® de préférence à tous les autres aliments qu’on peut leur présenter; mais au Brésil, dans leur pays natal, ils vivent principalement de graines et de fruits sauvages qu’ils cueillent sur les arbres où ils demeurent, et d’où ils ne descendent que rarement à terre.

Caractères distinctifs de cette espèce.

Les saïs n’ont ni abajoues ni callosités sur les fesses ; ils ont la cloison des narines fort épaisse, et l’ouverture des narines à côté, et non pas audessous du nez; la face ronde et plate, les oreilles presque nues; ils ont la queue prenante, nue par-dessous vers l’extrémité, le poil d’un brun noirâtre sur les parties supérieures du corps, et d’un fauve pâle, ou même d’un blanc sale sur les parties inférieures. Ces animaux n’ont qu’un pied ou quatorze pouces de grandeur; leur queue est plus longue que le corps et la tète pris ensemble; ils marchent à quatre pieds. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.

LE SAÏMIRI<=L

Le saimiri est connu vulgairement sous le nom de sapajou aurore, de sapajou orangé et de sapajou jaune; il est assez commun à la Guiane, et

a. Tous les singes de ce pays de l’Amérique méridionale vivent de fruits et de fleurs, et de quelques insectes, comme cigales, etc. Histoire des aventuriers , parOexmelin, t. II, p.,256.

b. Le natoel des cays ( sais ) est tel, que ne bougeant guère de dessus un arbre qui porte un fruit , ayant gousse presque comme nos grosses fèves , de quoi ils se nourrissent : ils s’assemblent ordinairement par troupes , et principalement eu temps de pluie ; c’est un plaisir de les ouïr crier et mener leur sabbat sur ces arbres. Au reste , cet animal n’en porte qu’un d’une ventrée; mais le petit ayant cette industrie de nature, que sitôt qu’ils est hors du ventre, il embrasse et tient ferme le cou du père ou de la mère ; s’ils se voient pourchassés des chasseurs, sautant et l’emportant ainsi de branches en branches le sauvent de cette façon ; partant les sauvages n’en pouvant guère prendre, ni jeunes ni vieux, n’ont d’autre moyen de les avoir sinon qu’à coups de flèches , les abattent de dessus les arbres dont tombant étourdis et quelquefois bien blessés , après qu’ils les ont guéris et un peu apprivoisés les changent pour quelques marchandises; je dis nommément apprivoisés, car du commencement qu’ils sont pris ils sont si farouches qu’ils mordent si opiniàtrément qu’il faut les assommer pour le faire lâcher prise. Voyage de de Lery, p. 164.

c. Caymiri, nom de cet animal dans les terres du Maragnon, et que l’on doit prononcer saimiri.

Nota. Je crois qu’on doit rapporter à cette espèce le caitaia ou saïtaia de Marcgrave qu'il décrit en ces termes : « Caitaia Brasiliensibus, pilo longiore ex albido flavescente, caput habet c subrotundum, frontem haud elatam aut pene nullam, nasum parvum et compressum. Cau- « dam gestat arcuatam, redolet Moschum. Hæc unica ipsi inest gratia. Mite tractari debet , ti alias altissima voce clamat et facile ad iram concitari potest. Alius ejusdem specieised major,

* Simia sciurea (Linn.). — Ordre id.; famille id.; tribu id. ; genre Sapajous; sous-genre Saimiris (Ctiv.).

LE SAIMIRI.

c’est par cette raison que quelques voyageurs l’ont aussi indiqué sous la dénomination de sapajou de Cayenne. Par la gentillesse de ses mouvements, par sa petite taille, par la couleur brillante de sa robe, par la grandeur et le feu de ses yeux, par son petit visage arrondi, le saimiri a toujours eu la préférence sur tous les autres sapajous, et c’est en effet le plus joli, le plus mignon de tous; mais il est aussi le plus délicat®, le plus difficile à transporter et à conserver; par tous ces caractères, et particulièrement encore par celui de la queue, il paraît faire la nuance entre les sapajous et les sagouins , car la queue, sans être absolument inutile et lâche comme celle des sagouins, n’est pas aussi musclée que celle des sapajous; elle n’est, pour ainsi dire, qu’à demi prenante, et quoiqu’il s’en serve pour s’aider à monter et descendre il ne peut ni s’attacher fortement, ni saisir avec fermeté, ni amener à lui les choses qu’il désire; et l’on ne peut plus comparer cette queue à une main comme nous l’avons fait pour les autres sapajous.

Caractères distinctifs de cette espèce.

Le saimiri n’a ni abajoues, ni callosités sur les fesses ; il a la cloison des narines épaisse, les narines ouvertes à côté et non pas au-dessous du nez; il n’a, pour ainsi dire, point de front; son poil est d’un jaune brillant, il a deux bourrelets de chair en forme d’anneau autour des yeux ; il a le nez élevé à la racine et aplati à l’endroit des narines; la bouche petite, la face plate et nue, les oreilles garnies de poil et un peu pointues; la queue à demi prenante, plus longue que le corps; il n’a guère que dix ou onze pouces de longueur, depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue ; il se tient aisément sur ses pieds de derrière, mais il marche ordinairement à quatre pieds. JLa femelle n’est pas sujette à l’écoulement périodique.

« etpilo magis fusco instar zebellinorum, etiam Moscbum redolet. » Marcgr., Hist. nat. Bt asil., page 227. Le premier de ces deux animaux de Marcgrave me parait être notre saïmiri, et le second notre saï; le poil d’un jaune blanchâtre, le front si court qu’il parait nul, sont les deux caractères distinctifs du saïmiri ; le poil d’un brim noirâtre , et rôdeur de musc me paraissent indiquer assez le saï, qui comme le saïmiri est sujet à gémir et crier pour peu qu’on le maltraite.

a. Le sapajou de Cayenne, est une espèce de petit singe d’un poil jaunâtre; il a de gros yeux , la face blanche, le menton noir et la taille menue ; il est alerte et caressant, mais il est aussi sensible au froid que les sagouins du Brésil. Relation du voyage de Gennes, par Froger. Paris, 1698, p. 163.

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