LE TAMARIN
Cette espèce est beaucoup plus petite que la précédente, et en diffère par plusieurs caractères, principalement par la queue qui n’est couverte que de poils courts, au lieu que celle du saki est garnie de poils très-longs. Le tamarin est remarquable aussi par ses larges oreilles et ses pieds jaunes ; c'est un joli animal ^ très-vif, aisé à apprivoiser, mais si délicat qu’il ne peut résister longtemps à l’intempérie de notre climat.
Caractères distinctifs de cette espèce.
Le tamarin n’a ni abajoues, ni callosités sur les fesses; il a la queue lâche, non prenante, et une fois plus longue que la tête et le corps pris ensemble; la cloison entre les narines fort épaisse et leurs ouvertures à côté; la face couleur de chair obscure; les oreilles carrées, larges, nues et delà même couleur; les yeux châtains, la lèvre supérieure fendue à peu près comme celle du lièvre; la tête, le corps et la queue garnies de poils d’un brun noir et un peu hérissés, quoique doux; les mains et les pieds couverts de poils courts d’un jaune orangé; il a le corps et les jambes bien proportionnés, il marche à quatre pieds, et la tête et le corps pris ensemble n’ont que sept ou huit pouces de longueur. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.
а. Tamarin, nom de cet animal à Cayenne.
б. 11 y a de fort petits singes à Cayenne que l’on appelle des tamarins , beaux à merveilles ; ils ne sont pas plus gros que des écureuils , et ont la tête et la face comme un lion , de petites dents blanches comme l’ivoire , qui sont de la grosseur et aussi bien arrangées que celles d’une montre d’horloge; ils sont noirs avec de petites taches sur le train de devant de couleur Isabelle ; les pattes sont comme celles des singes et de couleur de franchipane ; ils sont familiers et font mille singeries. Voyage à Cayenne, par Antoine Binet, p. 341 et 342.
* Simia midas (Linn.). — Midas rufimanus (Geoif.). — Ordre id.; famille id. ; tribu id. ; genre Ouistitis; sous-genre Midas (Cuv ).
Buifon comptait les ouistitis parmi itzsagouins. (Voyez la notel de lap. précédente.) M. Cuvier en a fait un genre à part. — « Les ouistitis forment un petit genre semblable aux sakis, et qui « a longtemps été confondu avec eux dans le grand genre des singes ; ils ont , en effet , comme « les singes d’Amérique en général , la tète ronde , le visage plat, les narines latérales , les « fesses velues, point d’abajoues, et, comme les sakis en particulier, la queue non prenante; M mais ils n’ont que vingt màchelières, comme les singes de l’ancien continent; tous leurs « ongles sont comprimés et pointus , excepté ceux des pouces de derrière , et leurs pouces de (c devant s’écartent si peu des autres doigts qu'on ne leur donne qu’en hésitant le nom de qua- « drumanes. » (Cuv.)
L’OUISTITI
L’OUISTITI
L’ouistiti est encore plus petit que le tamarin ; il n’a pas un demi-pied de longueur, le corps et la tête compris, et sa queue a plus d’un pied de long; elle est marquée, comme celle du mococo, par des anneaux alternativement noirs et blancs; le poil en est plus long et plus fourni que celui du mococo; l’ouistiti a la face nue et d’une couleur de chair assez foncée; il est coiffé fort singulièrement par deux toupets de longs poils blancs au-devant des oreilles, en sorte que, quoiqu’elles soient grandes, on ne les voit pas en regardant l’animal en face. M. Parsons a donné une très-bonne description de cet animal dans les Transactions philosophiques**. Ensuite M. Edwards en a donné une bonne figure dans ses Glanures; il dit en avoir vu plusieurs, et que les plus gros ne pesaient guère que six onces, et les plus petits quatre onces et demie; il observe très-judicieusement que c’est à tort que l’on a supposé que le petit singe d’Éthiopie, dont Ludolf fait mention sous le nom de fonlîes ou guereza était le même animal que celui-ci'; il est en effet très-certain que l’ouistiti ni aucun autre sagouin ne se trouve en Éthiopie, et il est très-vraisemblable que le fonkes ou guereza de Ludolf est ou le mococo ou le loris, qui se trouvent dans les terres méridionales de l’ancien continent. M. Edwards dit encore que lesanglin [ouistiti), lorsqu’il est en bonne santé, a le poil très-fourni et très-touffu ; que l’un de ceux qu’il a vus, et qui était des plus vigoureux, se nourrissait de plusieurs choses, comme de biscuits, fruits, légumes, insectes, limaçons, et qu’un Jour étant déchaîné, il se jeta sur un petit poisson doré de la Chine qui était dans un bassin, qu’il le tua et le dévora avidement; qu’ensuite on lui donna de petites anguilles qui l’effrayèrent d’abord en s’entortillant autour de son cou, mais que bientôt il s’en rendit maître et les mangea. Enfin M. Edwards ajoute un exemple qui prouve que ces petits animaux pourraient peut-être se multiplier dans les contrées méridionales de l’Europe; ils ont, dit-il, produit des petits en Portugal, où le climat leur est favorable; ces petits sont d’abord fort laids, n’ayant presque point de poil sur
a. Ouistiti, son articulé que cet animal fait entendre toutes les fois qu’il donne de la voix, et que nous lui avons donné pour nom.
b. Transactions philos. , volume XLVII, page 146.
c. Jean Ludolph, dans son Histoire d’Éthiopie ou d’Abyssinie, a donné deux figures de cet animal; on en trouve la description à la page 58 de la traduction anglaise de cet omu’age : il l’appelle fonkes ou guereza; mais sa description ne répond point airx figures; de sorte que je m’imagine que ceci a été trouvé en Hollande, et qu’on a supposé que c’était le petit singe décrit par Ludolph , quoiqu’il eût été apporté par les Hollandais du Brésil , qui leur appartenait dans le temps de la publication de cette Histoire de Ludolph. Glanures de M. Edwards, p. 16.
* Simia jacchus (Linn.). — L'ouistiti commun (Cuv.). — Ordre id.; famille id.; genre id- i sous-genre Jacchus (Cuv.).
L’OUISTITI
le corps; ils s’attachent fortement aux tettes de leur mère ; quand ils sont devenus un peu grands, ils se cramponnent fortement sur son dos ou sur ses épaules, et quand elle est lasse de les porter, elle s’en débarrasse en se frottant contre la muraille; lorsqu’elle les a écartés, le mâle en prend soin sur-le-champ, et les laisse grimper sur son dos pour soulager la femelle
Caractères distinctifs de cette espèce.
L’ouistiti n’a ni abajoues, ni callosités sur les fesses; il a la queue lâche.; non prenante, fort touffue , annelée alternativement de noir et de blanc, ou plutôt de brun et de gris, et une fois plus longue que la tête et le corps pris ensemble ; la cloison des narines fort épaisse, et leurs ouvertures à côté ; la tête ronde, couverte de poil noir au-dessus du front, sur le bas duquel il y a au-dessus du nez une marque blanche et sans poil ; sa face est aussi presque sans poil et d’une couleur de chair foncée; il a des deux côtés de la tête, au-devant des oreilles, deux toupets de longs poils blancs; ses oreilles sont arrondies, plates, minces et nues; ses yeux sont d’un châtain rougeâtre; le corps est couvert d’un poil doux d’un gris cendré, et d’un gris plus clair, et mêlé d’un peu de jaune sur la gorge, la poitrine et le ventre; il marche à quatre pieds, et n’a souvent pas un demi-pied de longueur depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de la queue. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.
LE MARIKINA.^*
Le marikina est assez vulgairement connu sous le nom de petit singelion : nous n’admettons pas cette dénomination composée, parce que le marikina n’est point un singe, mais un sagouin, et que d’ailleurs il ne ressemble pas plus au lion qu’une alouette ressemble à une autruche, et qu’il n’a de rapport avec lui que par l’espèce de crinière qu’il porte autour de la face, et par le petit flocon de poils qui termine sa queue. Il a le poil touffu, long, soyeux et lustré ; la tête ronde, la face brune, les yeux roux , les oreilles rondes, nues et cachées sous les longs poils qui environnent sa face; ces poils sont d’un roux vif, ceux du corps et de la queue sont d’un
a. Glanures de M. Edwards, p. 17.
b. Marikina , nom de cet animal au Maiagnon, et que nous avons adopté.
* Simia rosalia (Linn.). — Midas Marikina (Geoff.). — Ordre id.; famille id.\ tribu îd. genre id.; sous-genre Midas (Cuv.).
LE MARIKINA
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jaune très-pâle et presque blanc : cet animal a les mêmes manières, la même vivacité et les mêmes inclinations que les autres sagouins, et il paraît être (Tun tempérament un peu plus robuste, car nous en avons vu un qui a vécu cinq ou six ans à Paris, avec la seule attention de le garder peniant riiiver dans une chambre, où tous les jours on allumait du feu.
Caractères distinctifs de cette espèce.
Le marildna n’a ni abajoues, ni callosités sur les fesses; il a la queue lâche, non prenante, et presque une fois plus longue que la tête et le corps pris ensemble; la cloison entre les narines épaisse, et leurs ouvertures à coté; il a les oreilles rondes et nues, de longs poils d’un roux doré autour de la face; du poil presque aussi long, d’un blanc jaunâtre et luisant sur tout le reste du corps, avec un flocon assez sensible à l’extrémité de la queue; il marche à quatre pieds, et n’a qu’environ huit ou neuf pouces de longueur en tout. La femelle n’est pas sujette à l’écoulement périodique.
LE PINCHE.
Le pinche, quoique fort petit, l’est cependant moins que l’ouistiti, et même que le tamarin ; il a environ neuf pouces de long, la tête et le corps compris, et sa queue est au moins une fois plus longue. Il est remarquable par l'espèce de chevelure blanche et lisse qu’il porte au-dessus et aux côtés de la tête, d’autant que cette couleur tranche merveilleusement sur celle de la face, qui est noire et ombrée par un petit duvet gris; il a les yeux tout noirs, la queue d’un roux vif à son origine et jusqu’à près de la moitié de sa longueur, où elle change de couleur et devient d’un noir brun jusqu’à l’extrémité; le poil des parties supérieures du corps est d’un brun fauve ; celui de la poitrine, du ventre, des mains et des pieds est blanc; la peau est noire partout, même sous les parties où le poil est blanc; il a
a. Pinche, nom de cet animal à Maynas, et que nous avons adopté. Je ne parle pas (dit M. de la Condamine) de la petite espèce connue sous le nom de sapajous, mais d’autres plus petits encore, difficiles à apprivoiser, dont le poil est long, lustré, ordinairement couleur de marron et quelquefois moucheté de fauve : ils ont la queue deux fois aussi longue que le corps ; la tète petite et carrée, les oreilles pointues et saillantes comme les chiens et les chats, et non comme les autres singes, avec lesquels ils ont peu de ressemblance, ayant plutôt l’air et le port d un petit lion; on les appelle pinche à Maynas. Voyage sur la rivière des Amazones , page 163.
Siniia cedipus (Linn.). — Midas osdipus (Geofl.) — Ordre id.; famille fd.; tribu id.; genre et sous-genre id.
LE PINCHE.
la gorge nue et noire comme la face : c’est encore un j®li animal et d’une figure très-singulière; sa voix est douce et ressemble plus au chant d’un petit oiseau qu’au cri d’un animal; il est très-délicat, et ce n’est qu’avec de grandes précautions qu’on peut le transporter d’Amérique en Europe
Caractères distinctifs de cette espèce.
Le pinche n’a ni abajoues, ni callosités sur les fesses; il a la queue lâche, non prenante et une fois plus longue que la tête et le corps pris ensemble ; la cloison entre les narines épaisse, et leurs ouvertures à côté ; la face, la gorge et les oreilles noires, de longs poils blancs en forme de cheveux lisses; le museau large, la face ronde; le poil du corps assez long, brun fauve ou roux sur le corps jusques auprès de la queue où il devient orangé, blanc sur la poitrine, le ventre, les mains et les pieds, où il est plus court que sur le corps; la queue d’un roux vif à son origine et dans la première partie de sa longueur, ensuite d’un roux brun, et enfin noirs à son extrémité; il marche à quatre pieds et n’a qu’environ neuf pouces de longueur en tout. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.
LE MICO.‘*
C’est à M. de la Condamine à qui ‘ nous devons la connaissance de cet animal; ainsi nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ce qu’il en
a. Nota. Voici ce que de Lery dit au sujet de ce petit animal. « Il se trouve en cette terre du « Brésil, un marmot, que les Sauvages appellent sagouin, non plus grand qu’un escuriau et de « même poil roux; mais quant à sa figure, le mufle comme celui d’un lion et fier de même ; « c’est le plus joli petit animal que j’aie vu par-delà; et de fait, s’il était aussi aisé à repasser « que la guenon, il serait Beaucoup plus estimé; mais outre qu’il est si délicat, qu’il ne peut « endurer le branlement du navire sur la mer, encore est-il si glorieux que pour peu de fâcherie « qu’on lui fasse , il se laisse mourir de dépit. » Voyage de Jean Lery, p. 163.
&. Mko , nom que l’on donne aux plus petites espèces de sagouins dans les terres de l’Orénoque, selon Gumilla, pages 8 et 9 ; nous l’avons appliqué à cette espèce, afin de le distinguer des autres. — Nota. On voit par un passage de Joseph d’Acosta, que ce mot mico signifiait guenon, c’est-à-dire, singe à longue queue, et que de son temps on appliquait également le nom de mico aux sapajous et aux sagouins : « il y a (dit cet auteur) dans toutes les montagnes « de la terre ferme des Andes, un nombre infini de micos ou guenons, qui sont du genre des « singes, mais différents, en ce qu’ils ont une queue voire fort longue; il y en a entre eux K quelques races qui sont trois fois plus grandes voire quatre que les autres. » Mais depuis le temps d’Acosta, il parait qu’on a restreint le nom de mico aux plus petites espèces, et c’est pour cela que j’ai cru pouvoir le donner au petit sagouin dont il est ici question.
« Cercopithecus ex ciuereo albus argenteus, facie auriculisque rubris splendentibus, caudâ « castanei coloris. » Le petit singe de Para. Brisson, Règne animal, p. 201.
* Simia argentata (Linn.). — Ordre id.; famille id. ; tribu id. ; genre et sous-genre ici.