‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 82 sur 392 · Voyez la note de la page 3 du volume · texte numérisé non relu

Voyez la note de la page 3 du volume

LE MICO.

écrit dans la relation de son voyage sur la rivière des Amazones : « Celui-ci, « dont le gouverneur du Para m’avait fait présent, était l’unique de son « espèce qu’on eût vu dans le pays; le poil de son corps était argenté et « de la couleur des plus beaux cheveux blonds; celui de sa queue était « d’un marron lustré approchant du noir. Il avait une autre singularité c( plus remarquable; ses oreilles, ses joues et son museau étaient teints « d’un vermillon si vif qu’on avait peine à se persuader que cette couleur « fût naturelle; je l’ai gardé pendant un an, et il était encore en vie lors- « que j’écrivais ceci, presque à la vue des côtes de France, oû je me faisais « un plaisir de l’apporter vivant : malgré les précautions continuelles que « je prenais pour le préserver du froid, la rigueur de la saison l’avraisem-

« blablement fait mourir Tout ce que j’ai pu faire a été de le conserver

« dans l’eau-de-vie, ce qui suffira peut-être pour faire voir que je n’ai rien « exagéré dans ma description ®. » Par ce récit de M. de la Condamine, il est aisé de voir que la première espèce des animaux dont il parle est celui que nous avons appelé tamarin, et que le dernier auquel nous appliquons le nom de mico est d’une espèce très-différente et vraisemblablement beaucoup plus rare, puisque aucun auteur ni aucun voyageur avant lui n’en avait fait mention , quoique ce petit animal soit très-remarquable par le rouge vif qui anime sa face et par la beauté de son poil.

Caractères distinctifs de cette espèce.

Le mico n’a ni abajoues, ni callosités sur les fesses; il a la queue lâche, non prenante et d’environ moitié plus longue que la tête et le corps pris ensemble; la cloison des narines moins épaisse que les autres sagouins, mais leurs ouvertures sont situées de même à côté et non pas au bas du nez; il a la face et les oreilles nues, et couleur de vermillon, le museau court, les yeux éloignés l’un de l’autre, les oreilles grandes, le poil d’un beau blanc argenté, celui de la queue d’un brun lustré et presque noir; il marche à quatre pieds, et il n’a qu’environ sept ou huit pouces de longueur en tout. Les femelles ne sont pas sujettes à l’écoulement périodique.

a. Voyage sur la rhiire des Amazones, par M. de la Condamine, p. 165 et suW.

ADDITIONS

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