Voyez la nomenclature de la page
ment est aussi chaud que le climat qu’ils habitent. Lorsqu’ils s’échappent, ils brisent, bouleversent et déchirent tout. Ils se servent de leur queue pour s’accrocher et saisir, mais avec beaucoup moins d’adresse que les coaïtas.
Comme ce sapajou s’appelle à la Guiane mikou, M. de la Borde m'a envoyé sous ce nom les notices suivantes. 11 dit « qu’il y en a quatre ou « cinq espèces, et qu’ils sont très-communs à Cayenne; que de tous les ani- « maux de ce genre, ce sont ceux qu’on aime le mieux garder dans les « maisons; qu’on en voit fréquemment dans les grands bois, surtout le long « des rivières; qu’ils vont toujours par troupes nombreuses de plus de « trente, et qu’ils sont farouches dans les bois, et très-doux lorsqu’ils sont « apprivoisés. On remarque aussi qu’ils sont naturellement curieux; on « peut les garder sans les contraindre ni les attacher. Ils vont partout et «reviennent d’eux-mêmes; mais il est vrai qu’ils sont incommodes, parce « qu’ils dérangent toutes les petites choses qu’ils peuvent déplacer. 11 y en « a qui suivent leur maître partout. Les Indiens, qui sont très-froids et très- « indifférents sur toutes choses, aiment néanmoins ces petits animaux ; ils « arrêtent souvent leurs canots pour les regarder faire des cabrioles singu- « hères, et sauter de branches en branches; ils sont doux et badins dès « qu’ils sont apprivoisés. Il y en a au moins cinq espèces dans la Guiane, « qui ne paraissent différer que par des variétés assez légères ; cependant « elles ne se mêlent point ensemble. En peu de temps ils parcourent une « forêt sur la cime des arbres; ils vont constamment dormir sur certaines « espèces de palmier, ou sur les comberouses, espèce de roseau très-gros. « On en mange la chair à Cayenne. »
LE SAJOU NÈGRE. *
Aux différents sapajous de moyenne et de petite taille dont nous avons donné la description sous les noms de sajou brun, sajou gris, saï, saï à gorge blanche, et saïmiri, nous devons ajouter le sapajou ou sajou nègre, qui nous paraît être une variété constante dans l’espèce des sajous.
LE SAJOU CORNU.
Cet animal est aisé à distinguer des autres sajous ou sapajous, par les deux bouquets de poils noirs en forme de cornes qu’il porte sur les côtés
* Simiile variété du sajou hrun. (Voyez la nomenclature de la page 156.)
*' Simia fatuellus (Gmel.).
LE SAJOU CORNU.
(lu sommet de la tête et qui ont seize lignes de longueur, et sont distants l’iin de l’autre à leur extrémité de deux pouces trois lignes.
Cet animal a quatorze pouces de longueur depuis le bout du nez jusqu’à l’origine de la queue; sa tête est oblongue, et son museau épais et couvert de poils d’un blanc sale. Le nez est aplati par le bout, et la cloison des narines épaisse de huit lignes. Sa queue est longue de quatorze pouces une ligne; elle est recouverte de poils noirs et finit en pointe. Le dos est de couleur roussâtre, mêlé de brun et de grisâtre, ainsi que la face extérieure des cuisses, qui sont grisâtres en dedans. II y a sur le cou et le dos une raie brune qui se prolonge jusqu’à la queue; le poil des côtés du corps a deux pouces quatre lignes de longueur ; il est d’un fauve foncé, ainsi que celui du ventre; mais il y a du fauve plus clair ou jaunâtre sur le bras, depuis l'épaule jusqu’au coude, ainsi que sous le cou et sur une partie de la poitrine. Au-dessous de ce fauve clair du bras, l’avant-bras ou la jambe de devant est couverte de poils noirs mêlés de roussâtre; celui du front, des joues et des côtés de la tête est blanchâtre, avec quelques nuances de fauve; il y a sur l’occiput des poils noirs semblables à ceux des cornes ou des aigrettes, mais moins longs, qui s’étendent et forment une pointe sur l’extrémité du cou. Les oreilles sont grandes et dénuées de poil; celui du dessus des pieds et des mains est de couleur noire. Le pouce est plat, et tous les ongles sont courbés en forme de gouttière.
De tous les sapajous, le sajou brun est celui qui a le plus de rapport avec le sajou cornu ; mais il n’a pas, comme ce dernier, de bouquet de poils en forme de cornes sur la tête : ils se ressemblent tous deux par le noir qui est sur la face, l’avant-bras, les jambes, les pieds et la queue: seulement le sajou brun a plus de jaune sur le bras et le dessous du corps.
ADDITION
A l'article du saïmiri. *
Quelques observateurs qui ont demeuré à Cayenne nous ont assuré que les sapajous que j’ai nommés sa'imiri vivent en troupes nombreuses, et que, quoiqu’ils soient fort alertes , ils sont cependant moins vifs que les petits sagouins auxquels j’ai donné le nom de tamarin ; ils assurent de plus qu’ils prennent en captivité un ennui qui souvent les fait mourir. Néanmoins ces saïmiri ne sont pas aussi délicats que les tamarins ; on en connaît qui ont vécu quelques années en France, et qui ont résisté à une traversée de mer pendant quatre mois dans les temps les plus froids de l’hiver. Ce sont de
• Voyez la nomenclature de la page ISS.
ADDITIONS
tous les sapajous ceux qui se servent le moins de leur queue. On remarque quelque variété dans la couleur du poil sur différents individus; mais ces variétés n’indiquent peut-être pas toutes des espèces, ni même des races différentes.