‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 90 sur 392 · LES MAKIS · texte numérisé non relu

LES MAKIS

LE GRAND MONGOUS. *

Nous avons dit qu’il y a dans l’espèce du maki-mongous plusieurs variétés, non-seulement pour le poil, mais pour la grandeur. Celui que nous avons décrit était de la taille d’un chat; ce n’était qu’un des plus petits, car celui dont je parle ici était au moins d’un tiers plus grand , | et cette différence ne pouvait provenir ni de l’âge, puisque j’avais fait ! nourrir le premier pendant plusieurs années, ni du sexe, puisque tous | deux étaient mâles ; ce n’était donc qu’une variété peut-être individuelle, | car du reste ils se ressemblaient si fort qu’on ne peut pas douter qu’ils ne | fussent de même espèce. Les gens qui l’avaient apporté à Paris, lui don- | liaient le nom de maki-cochon. Il ne différait du premier que par le poil de i la queue qui était beaucoup moins touffu et plus laineux, et par la forme | de la queue qui allait en diminuant de grosseur jusqu'à l’extrémité; au lieu | que dans le mongous la queue paraît d’égale grosseur dans toute son | étendue. Il y a aussi quelque différence dans la couleur du poil, celui-ci | étant d’un brun beaucoup plus clair que l’autre; mais néanmoins ces ' légères variétés ne nous paraissent pas suffisantes pour faire de ces ani- i maux deux espèces distinctes et séparées.

1. Les makis (Cuv.). — On a vu , page 8, la classification des singes, donnée par Buffon. Cuvier divise l’ordre des quadrumanes en deux grandes familles : les singes proprement dits et les makis. Il sous-divise ensuite les proprement dits en singes de l’ancien et en singes du nouveau continent. Les singes de l’ancien continent font trois grands genres; les orangs , les guenons , et les cynocéphales ; les singes du nouveau en font trois aussi : les sapajous , les sakis et les ouistitis. — Les makis se divisent en makis proprement dits , indris et loris. — Les makis et les indris ne se trouvent qu’à Madagascar. (Voyez la note de la page 468 du IID volume.) Les loris sont des Indes orientales.

* Le maki brun. — Lemur fulvus (Geoff.). — Ordre id.; famille des Makis ; genre Maki proprement dits (Cuv.).

LE MOCOCO.

LE MOCOCO. * **

Les mococos ou makis mococos sont plus jolis et plus propres que les mongous; ils sont aussi plus familiers et paraissent plus sensibles : ils ont, comme les singes, beaucoup de goût pour les femmes. Ils sont très-doux et même caressants; et quelques observateurs ont remarqué qu’ils avaient une habitude naturelle assez singulière, c’est de prendre souvent devant le soleil une attitude d’admiration ou de plaisir. Ils s’asseyent, disent-ils, et ils étendent les bras en regardant cet astre; ils répètent plusieurs fois le jour celte sorte de démonstration qui les occupe pendant des heures entières, car ils se tournent vis-à-vis le soleil à mesure qu’il s’élève ou décline. « J’en ai nourri un, dit M. de Manoncourt, pendant longtemps à Cayenne, « où il avait été apporté par un vaisseau venant des Moluques : ce qui me « détermina à en faire l’emplette, ce fut sa constance à ne pas changer de « situation devant le soleil. Il était sur la dunette du vaisseau, et je le vis « pendant une heure, toujours étendant les bras vers le soleil, et l’on m’as- « sura qu’ils avaient tous cette même habitude dans les Indes orientales. »

Il me paraît que cette habitude, observée par M. de Manoncourt, vient de ce que ces animaux sont très-frileux. Le mongous que j’ai nourri pendant plusieurs années en Bourgogne se tenait toujours assis très-près du feu, et étendait les bras pour les chauffer de plus près; ainsi je pense que l'habitude de se chaulfer en déployant leurs bras, soit au feu, soit au soleil, est commune à ces deux espèces de makis.

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