‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 123 sur 495 · VARIÉTÉS DU GUIT-GUIT VERT ET BLEU A TÊTE NOIRE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS DU GUIT-GUIT VERT ET BLEU A TÊTE NOIRE

le sucrier de Cayenne que je viens de décrire était un mâle, cependant je ne puis dissimuler qu’il a beaucoup de rapports avec la femelle du sucrier de la Jamaïque® ; seulement celle-ci a la gorge blanchâtre, une teinte de cendré sur tout ce qui est noirâtre ; les sourcils blancs jaunâtres, la partie antérieure des ailes bordée de blanc, et le croupion de la même couleur que le dos ; les cinq paires des pennes latérales de la queue terminées de blanc, selon Edwards (la seule paire extérieure, suivant Brisson) ; enfin, les plus grandes pennes des ailes blanches, depuis leur origine jusqu’au delà de la moitié de leur longueur, comme dans le mâle,

M. Sloane dit que cet oiseau a un petit ramage fort court et fort agréable ; mais si tel était le ramage de l’oiseau observé par M. Sloane, lequel était probablement une femelle, on peut croire que le chant du mâle est encore plus agréable.

Le même observateur, qui a disséqué un de ces oiseaux, nous apprend qu’il avait le cœur et le gésier petits, celui-ci peu musculeux, doublé cependant d’une membrane sans adhérence, le foie d’un rouge vif, et les intestins roulés en un grand nombre de circonvolutions.

J’ai vu un sucrier de Saint-Domingue qui avait le bec et la queue un peu plus courts, les sourcils blancs, et sur la gorge une espèce de plaque grise, plus étendue que ne l’est la plaque blanchâtre dans la femelle ci-dessus : il lui ressemblait parfaitement dans tout le reste.

Enfin M. Linnæus regarde comme le même oiseau le grimpereau de Bahama de M. Brisson**, et ses sucriers de la Martinique et de la Jamaïque. Il a en effet le plumage à peu près semblable à celui des autres sucriers : tout le dessus brun, compris même les pennes des ailes et de la queue, celles-ci blanchâtres par-dessous; la gorge d’un jaune clair; le bord antérieur des ailes, leurs couvertures inférieures et le reste du dessous du corps d’un jaune plus foncé jusqu’au bas-ventre, lequel est du même brun que le dos. Au reste, cet oiseau est plus gros que les autres sucriers, et il a la

a. Luscinia seuphilomela e fusco etluteo varia. Sloane, Jamaïca, pl. 2S9, flg. 3, p. 3-07, E» 37; en anglais, a black and yellow bird. — Ray, Synops. av. appendix , p. 187, n° 45. — — Klein, Ordo avium , famil. iv, g. 7, trib. 1, p. 74 ; en allemand , schwariz und gelb-bunfenachtigall. — « Certhia supernè nigricans, infernè lutea; tæniâ supra oculos albo-flavicante ;

« gntture albido ; rectricibns nigricantibus, duabus utrimque extimis apice albis, » Certhia Martinicana, sive saccharivora, grimpereau de la Martinique ou sucrier. Brisson, t. III, p. 611. — The yellow bellied creeper. Edwards, pl. 362. — Cerzia detta mangia-zucchero délia Mar linicca. Gerini, Ornithol. ital., p. 61, n» 36.

b. The Bahama tit mouse, mésange de Bahama. Catesby, pl. 59. ~ Luscinia pectore flavo, parus Bahamensis ; en allemand, gelb-brustel. Klein, Ordo avium, p. 74, sp. 9. Cet auteur dit que la queue est variée de brun et de blanc; il aurait dû dire brune dessus et blanchâtre dessous : son erreur a été copiée par Gerini. — « Certhia supernè fusca, infernè lutea ; tænià « supra oculos caudidâ; marginibus alarum luteis; rectricibus supernè fuscis, subtus sordidè « albis, » Certhia Bahamensis, grimpereau de Bahama. Brisson, t. III, p. 620. — Linnæus, Syst. nat., édit. XIII, p. 187, gen. 65, sp. 18, p. — Cerzia delT isola di Bahama. Gerini, Ornithol. ital., p. 59, sp. 20.

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