LE BRIN BLEU
beau bleu; la même couleur, plus foncée, couvre l’estomac et le devant de la tête ; le dessus du corps et des ailes est vert clair, le ventre cendré : quant à la taille, il est un des plus grands et presque aussi gros que notre becfigue; du reste, la figure de Seba représente ce colibri comme un grimpereau, et cet auteur paraît n’avoir jamais observé les trois nuances dans la forme du bec, qui sont le caractère des trois familles des oiseaux-mouches, des colibris et des grimpereaux. Il n’est pas plus heureux dans l’emploi de son érudition, et rencontre assez mal quand il prétend appliquer à ce colibri le nom mexicain à’yayauhquitototl ; car dans l’ouvrage de Hernandez, d’où il a tiré ce nom, cap. 216, pag. 55, Vyayauhquitototl est un oiseau de la grandeur de l’étourneau, lequel par conséquent n’a rien de commun avec un colibri; mais ces erreurs sont de peu d’importance, en comparaison de celles où ces faiseurs de collections, qui n’ont pour tout mérite que le faste des Cabinets, entraînent les naturalistes qui suivent ces mauvais guides : nous n’avons pas besoin de quitter notre sujet pour en trouver l’exemple; Seba nous donne des colibris des Moluques, de Macassar, de Bali^, ignorant que cette famille d’oiseaux ne se trouve qu’au Nouveau-Monde, et M. Brisson présente en conséquence trois espèces de colibris des Indes orientales^. Ces prétendus colibris sont à coup sùr des grimpereaux à qui le brillant des couleurs, les noms de tsioei, dQhakopit, que Seba interprète jocifîYs rois des fleurs, auront suffi pour faire, mal à propos, appliquer le nom de colibri : en effet, aucun des voyageurs naturalistes n’a trouvé de colibris dans l’ancien continent, et ce qu’en dit François Gauche est trop obscur pour mériter attention «.